Marcel Marceau, Leon Eligoulachvili et Joseph Eligoulachvili, Georges et Fanny Loinger, Nelly Willer et Rachel Grunstein, Liliane Lieber-Klein et Theo Klein. Voici les noms des neufs héros que le Bnai Brith et le JRJ, le comité en charge de la mémoire des héros juifs, ont décidé d’honorer lundi 13 février à Paris.

Tous ont joué un rôle particulier dans le sauvetage des juifs pourchassés durant la Seconde Guerre mondiale en France. Certains seront présents à la cérémonie.

La cérémonie se tiendra au Mémorial de la Shoah à Paris en présence de Serge Dahan, président du Bnai Brith France, de Haïm Korsia, Grand rabbin de France, de Tsilla Hershco, historien de la résistance française, et d’un certain nombre de ces héros juifs, aujourd’hui plus que centenaires.

Marcel Mangel, nom de code Marceau dans la Résistance, est connu pour sa carrière de mime. Il sera honoré pour avoir secouru des orphelins juifs en leur faisant rejoindre la Suisse par les Alpes. Il a également fourni des cartes d’identité, avec l’aide de son frère, à des juifs et non-juifs voulant échapper aux camps de travail allemands.

Leon Eligoulachvili et son oncle Joseph Eligoulachvili ont sauvé des Juifs géorgiens et d’autres avec l’aide du gouvernement géorgien en exil. À la suggestion des Eligoulachvili, les dirigeants géorgiens se sont approchés des Allemands pour exclure les Juifs géorgiens des lois anti-juives.

Les Géorgiens ont reçu la permission de délivrer des cartes d’identité qui ont été distribuées à 243 familles, dont seulement 80 étaient en réalité géorgiennes. Leon a maintenant 105 ans, et en plus d’accepter sa propre citation, il acceptera également la citation de son oncle en son nom.

Après avoir échappé à un camp de prisonniers de guerre en Allemagne en 1940, Georges Loinger a rejoint son épouse, Flora Loinger, qui était responsable d’une maison d’enfants réfugiée juive. Alors que l’on craignait que les enfants soient arrêtés, la maison a été fermée et Flora et Georges ont caché les enfants.

Georges fut ensuite nommé par l’OSE comme inspecteur des enfants itinérants, y compris ceux dirigés par les Eclaireurs Israélites de France (EIF), le mouvement des éclaireurs juifs. A la fin de 1942, lorsque les chefs de l’OSE furent informés que les transports de Drancy se retrouvaient dans les camps de la mort, les foyers d’enfants furent fermés et Georges fut chargé de l’opération d’évasion en Suisse. Il a aidé des centaines d’enfants juifs à s’échapper de France en Suisse via Annemasse, en France.

Entre mai 1943 et juin 1944, plus de 1 500 enfants et adolescents furent passés clandestinement par l’OSE en Suisse. Sa sœur, Fanny Loinger, était responsable du service social de l’OSE, aidant les réfugiés juifs à Marseille en attendant des visas aux États-Unis.

En 1943, elle a été nommée chef de la région sud-est du sauvetage clandestin, le Réseau Garel, et a organisé l’opération qui a permis la survie de quelque 400 enfants dans les départements de l’Ardèche, de l’Isère, de la Savoie et des Alpes. Georges Loinger a maintenant 106 ans, et non seulement il acceptera son prix à Paris, mais il acceptera également la citation de Fanny Loinger en son nom.

Nelly Willer a rejoint la résistance clandestine à Nice, en France. Elle a aidé à délivrer de fausses cartes d’identité et des armes de contrebande à la résistance juive, qui ont servi à assassiner des collaborateurs russes qui avaient dénoncé des milliers de Juifs, envoyés par la suite dans des camps d’extermination.

Après la guerre, Willer s’est joint à la Haganah (une organisation de défense militaire clandestine) et a transporté des réfugiés juifs et des survivants de l’Holocauste dans les ports français pour y faire Aliyah. En tant que journaliste à la suite de la guerre, Willer s’est infiltré dans les camps d’internement britanniques à Chypre et a rendu compte des conditions dans ce pays. Sa sœur Rachel Grunstein a également participé à l’élimination des collaborateurs russes à Nice. Nelly Willer a maintenant 100 ans. Elle acceptera son prix à Paris ainsi que la citation de Rachel Grunstein en son nom.

Liliane Lieber Klein, âgée de 93 ans, a participé à la création de l’aile armée de l’organisation clandestine dite la Sixième. La mission de La Sixième était de cacher les Juifs adolescents, de leur fournir des pièces d’identité falsifiées et des cartes de rationnement, et de préserver leur identité juive tout en se cachant.

Pendant l’hiver de 1943 à 1944, elle a dirigé des convois d’enfants de moins de 16 ans à la frontière suisse à Annemasse, en France, et les a transférés à Georges Loinger pour un passage en toute sécurité. Klein acceptera sa citation à Paris.

Avocat de profession, Theo Klein, âgé de 97 ans, a été l’un des leaders de la résistance juive en France de 1942 à 1944 et a participé au sauvetage de centaines de personnes, en particulier d’adolescents, dans la zone sud. Au cours des années 1980, il a été président de l’organisation représentative des Juifs français CRIF. Klein assistera à la cérémonie de citation à Paris.