Des milliers d’Israéliens ont manifesté samedi soir pour défendre les droits des animaux sur la place Rabin de Tel Aviv.

Les manifestants demandaient la fin du transport du bétail vivant pour être abattu en Israël.

« Je veux vivre », indiquait un panneau avec une photo d’une vache. « Leurs vies sont entre nos mains », pouvait-on lire sur une bannière.

D’autres critiquaient l’expérimentation scientifique sur les animaux.

Manifestation de défense des droits des animaux sur la place Rabin de Tel Aviv, le 9 septembre 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Manifestation de défense des droits des animaux sur la place Rabin de Tel Aviv, le 9 septembre 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

En 2016, 571 972 ovins et bovins sont arrivés depuis l’Europe et l’Australie dans les ports australiens, soit près de deux fois plus qu’en 2015 (292 274), selon les données du ministère de l’Agriculture.

Plus de 30 % d’entre eux viennent d’Australie, le plus grand exportateur d’animaux vivants du monde, et voyagent pendant près de trois semaines. Les autres viennent d’Europe de l’Est et du Portugal. Les navires, qui ressemblent à des parkings à étages, transportent de 1 000 à 20 000 bovins, 100 000 ovins, ou une combinaison des deux.

Une fois en Israël, les animaux partent en camion pour plusieurs heures vers des abattoirs ou des établissements d’engraissement avant d’être abattus.

Un rapport de la vétérinaire australienne Lynn Simpson, qui a été la vétérinaire officielle de 57 transports d’animaux vivants, notamment vers Israël, décrivait un espace trop exigu pour les animaux qui passaient la journée dans leurs propres excréments, « cuisant à l’intérieur » sous les températures arides de la mer Rouge, tandis que les cadavres des animaux survivants étaient jetés à la mer.

Simpson a été renvoyée, l’industrie du bétail australienne ne voulant plus travailler avec elle.

Manifestation de défense des droits des animaux sur la place Rabin de Tel Aviv, le 9 septembre 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Manifestation de défense des droits des animaux sur la place Rabin de Tel Aviv, le 9 septembre 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

En février, la Haute cour de Justice a ordonné au gouvernement de « passer à la vitesse supérieure » et d’accélérer les tentatives afin de réduire les souffrances des animaux transportés en Israël pour l’engraissement et l’abattage.

Faisant part de son jugement provisoire sur une requête soumise par des groupes de défense des droits des animaux qui réclamaient l’interdiction complète de ce que ces organisations qualifient les « transports de la mort » et de leur remplacement par de la viande fraîche importée, les juges Elyakim Rubinstein, Hanan Meltzer et Neil Hendler ont donné pour instruction au gouvernement d’avancer, d’ici le 30 avril, la mise en œuvre de politiques qui réduiraient la souffrance des animaux importés.

« Personne ne peut penser que les animaux doivent impérativement souffrir lors des transports », a écrit la cour.

« Le fossé se trouve entre les ‘importations zéro’ réclamées dans la requête – qui partent du principe qu’il n’y a pas vraiment de moyens d’empêcher la souffrance et de d’assurer une surveillance – et la mise en place de législations et de véritables démarches qui permettront de réduire les souffrances des animaux », a indiqué le jugement.

En mai, le ministère israélien de l’Agriculture avait annoncé qu’il interdisait immédiatement la méthode d’abattage rituel dite d’enchaînement dans les nouveaux abattoirs cherchant à exporter de la viande vers l’Etat juif. Dès le 1er juin 2018, cette interdiction s’appliquera aussi dans les abattoirs qui ont déjà des contrats.