Presque toute la partie syrienne du plateau du Golan est maintenant sous le contrôle des forces rebelles, y compris de groupes islamistes radicaux, a déclaré un officiel de l’armée israélienne vendredi.

Seule la zone de la frontière Quneitra est encore dans les mains des forces loyales au président Bashar el-Assad, a expliqué le lieutenant colonel Anan Abbas, commandant en second de la brigade du Golan, à la Dixième chaîne.

Environ 95 % de la partie syrienne du Golan est entre les mains des rebelles syriens anti-Assad, y compris les groupes islamistes radicaux comme le front Al-Nusra, affilié à Al-Qaida, un rival de l’Etat islamique d’Irak et du Levant (EIIL) actuellement en plein essor.

Une des deux brigades de l’armée syrienne qui contrôlait la zone auparavant a complètement disparu, a déclaré l’officier.

Pour le moment, les groupes islamistes dans la zone sont concentrés sur le conflit avec Assad, a-t-il expliqué, « mais nous savons que leur but est de nuire à Israël. Nous avons vu leur matériel de propagande ».

L’officier israélien a souligné que la forte poussée réalisée par les forces rebelles dans la zone explique pourquoi les troupes syriennes ont tiré un missile dimanche qui a tué un garçon de 15 ans du côté israélien de la frontière.

Selon toute vraisemblance, les forces loyales à Assad, stationnées à cinq kilomètres dans le territoire syrien, ont pris par erreur un camion civil, livrant de l’eau à des entrepreneurs israéliens qui travaillaient à la frontière, pour un camion de rebelles du côté syrien de la frontière. Ils ont ouvert le feu avec un missile antitank.

L’attaque a tué le jeune Mohammad Karkara, âgé de 15 ans, qui accompagnait son père, un entrepreneur civil, au travail ce jour-là.

En réponse à l’attaque, Israël a lancé cette nuit là une série de frappes aériennes en représailles, qui ont tué 10 soldats syriens, même si Damas a fait état de son côté de quatre morts.

La télévision a ensuite annoncé que la Syrie avait envoyé un message à Israël, via le personnel de liaison de l’ONU positionné dans le Golan, en expliquant que le missile antitank avait été tiré par erreur. Israël « est prêt à accepter l’explication », notait-on.

Le plateau du Golan est un plateau stratégique sur la frontière israélo-syrienne. Israël a pris le territoire lors de la guerre de 1967, après avoir été attaqué depuis le Golan au cours de 20 années précédentes. La loi israélienne a été étendue à la zone en 1981. Des efforts de paix infructueux au cours des années ont vu Israël prêt à échanger la majorité du plateau du Golan en vue d’un accord permanent avec Damas.

L’idée d’une paix israélo-syrienne s’est éloignée alors que la Syrie sombrait dans l’anarchie au cours des trois années de guerre civile.