De nombreux journaux se sont emparés de l’affaire Sarah Halimi depuis la conférence de presse organisée par Me Buchinger en début de semaine.

Les titres phares de la presse française (et israélienne) se sont penchés sur le meurtre de Sarah Halimi et s’interrogent sur son caractère antisémite.

Le Monde se demande ainsi : « Sarah Halimi a-t-elle été tuée « parce qu’elle était juive ? ». Même interrogation au Point: « Le meurtre de Srah Halimi est-il antisémite ? ».

Le Figaro met lui en avant « la mobilisation de la communauté juive ».

Malgré tout, comme le note le note Le Monde « la communauté juive, [reste] meurtrie par le sentiment d’être ignorée ».

Aucun journal n’a fait écho d’une mobilisation hors de la communauté juive en France, ni de soutien politique.

Alex Buchinger « avec David-Olivier Kaminski, avocat d’un des fils de la victime, ils ont dénoncé une « chape de plomb » médiatique sur cette affaire. » rapporte l’Obs.

Les avocats évoquent une « période médiatique » peu propice à la communication de cette affaire, du fait des élections présidentielles.

Si le caractère antisémite de l’assassinat de Sarah Halimi est évident pour les avocats des proches de la victime, pour le président de la Licra, Alain Jakubowicz, cité par Le Point, explique qu’il « est parfaitement légitime que les associations et la communauté juive souhaitent que toute la lumière soit faite sur cette affaire, ajoute l’avocat (…) Mais déterminer le mobile d’un acte délictueux ou criminel est extrêmement compliqué quand il n’y a pas d’élément extrinsèques. La seule qualité de la victime ne suffit pas. Ce n’est pas parce que quelqu’un s’attaque à un juif que c’est en qualité de juif qu’on est visé. »

Les détails de l’affaire Sarah Halimi dévoilés lundi 22 mai dans le cabinet de Me Buchinger avocat de la famille de Sarah Halimi, en présence de nombreux journalistes, laissent peu de place à la spéculation sur l’islamisme de l’accusé, selon les avocats.

En présence du frère de la victime, les avocats ont reconstitué les dernières heures de la victime, les conditions de sa mise à mort, mais aussi le profil du meurtrier, délinquant multi-récidiviste pour trafic de stupéfiants, dont a été évoquée une possible radicalisation en prison, ainsi que sa fréquentation de la mosquée salafiste Omar, rue Morrand dans le quartier de Belleville (où il a passé la journée précédant le meurtre, en habits traditionnels), connue pour des faits de radicalisation en 2014.

Ils ont appelé le juge d’instruction à requalifier l’acte d’accusation, en incluant le motif aggravant d’antisémitisme.

Selon un enregistrement de 6 minutes détenu par Me Buchinger, réalisé par un témoin immédiatement après la mort de Sarah Halimi, le suspect continuait de faire « des incantations » en récitant des sourates du Coran, et a crié à de nombreuses reprises « Allah akbar ». « Il a clairement manifesté [son islamisme] devant témoins, ajoute Alex Buchinger qui revient sur les faits. Il n’y a pas l’ombre d’un doute. »

« L’homme est entré chez des voisins  de Sarah Halimi d’origine malienne qu’il a terrorisés. Ils se sont retranchés dans une pièce et ont appelé la police. Puis il a enjambé le balcon pour rejoindre celui de l’appartement de Sarah Halimi. Il surprend la dame dans son sommeil, il la torture à coups de poings (…). Le salon était plein de sang, c’est vous dire la violence des coups assénés. Je vous rappelle que quelques heures plus tard, au commissariat, alors qu’il avait été calme jusqu’ici, il s’est rebellé et qu’il a fallu huit policiers pour le contrôler. Deux ont été blessés ».

Durant cette séance de torture, il « traite cette malheureuse dame de « Sheitan » [Satan, en arabe], criant une dizaine de fois « Allak akbar, puis il tente de l’étouffer, « et voyant qu’elle respirait encore la prenant par les poignées et la défenestrant en voulant faire croire à un suicide, qu’est ce qu’on veut de plus ? » s’indigne l’avocat, qui insiste : le meurtrier alternait « incantations du Coran » et salves de coups lorsque la dame reprenait connaissance.

Sarah Halimi était reconnue dans l’immeuble comme une personne de confession juive, et de nombreux accrochages avaient eu lieu dans les mois précédant l’attaque avec la famille du suspect. « Des insultes, des crachats par terre, une des filles de Mme Halimi a été traitée de « sale juive » par une des sœurs du suspect. Le climat était délétère avec cette famille » précise-t-il.