Le géant de l’énergie américain chargé de puiser du gaz naturel au large des côtes israéliennes a déclaré lundi qu’il ne serait pas prêt à faire d’autres compromis sur l’accord à plusieurs milliards de dollars, et a averti que la tentative d’accord avec Jérusalem peut échouer.

Devant la grande résistance de l’opposition des législateurs et l’enquête en cours sur les accusations de monopole, Noble Energy, basé à Houston, a déclaré au Comité des Affaires Economiques de la Knesset qu’il n’était pas prêt à faire d’autres compromis concernant sa part dans les gisements des champs de gaz de Tamar et Levithan, dont les deux contiennent de milliards de mètres cubes de gaz naturel.

« L’accord cadre pour le gaz qui a été obenu n’est pas une ébauche pour des négociations à venir. Les concessions que nous avons fait au cours de six derniers mois sont le maximum des concessions que nous sommes prêts à faire », a déclaré le responable de Noble Israël Benjamin Zomer, selon Haaretz.

« Nous étions d’accord avec des concessions sur la base d’un accord tout compris. Changer des éléments de l’accord cadre pourrait entraîner un échec des négociations », a-t-il prévenu.

En décembre, David Gilo, le responsable des questions de monopole en Israël, a gelé l’accord visant à répartir le champ de gaz du Leviathan qui était partagé entre Noble, le groupe israélien Delek et le gouvernement israélien.

Un vote à la Knesset pour outrepasser l’injonction a entraîné une pluie de critiques car l’accord permet aux conglomérats de l’énergie de contrôler une trop grande partie des réserves de gaz.

Le groupe Delek est l’une des plus importantes entreprises d’Israël, il est la propriété du magnat Yitzhak Tshuva qui a construit seul son empire.

Les opposants à l’accord sur le gaz avec Noble et Delek considèrent qu’il s’agit d’un « vol » des ressources naturelles d’Israël et demandent une transparence gouvernementale sur l’accord.

Le partenariat Noble-Dlek possède aussi deux réserves plus petites découvertes récemment au large des côtes d’Israël. L’année dernière, le partenariat a été qualifié de monopole de facto par Gilo qui a annoncé sa démission il y a six semaines au sujet de cette question.

La semaine dernière, le cabinet a décidé d’outrepasser une décision de l’agence de régulation du pays appelant à limiter la domination des entreprises dans l’industrie. Pourtant, un vote parlementaire a été repoussé indéfiniment après que le Premier ministre Benjamin Netanyahu ait échoué à rassembler une majorité à la Knesset pour faire voter la législation.

Les entreprises vendent un gaz au marché israélien du champ de Tamar qui est entré en activité en 2013, et ont également accepté de vendre aux pays voisins. Le champ Leviathan, le plus large champ de gaz dans la mer Méditerranée, n’a toujours pas été exploité.

Selon les termes de l’accord, Delek doit vendre sa part entière de Tamar et Noble Energy doit vendre la plupart de ses possessions d’ici six ans. Delek doit vendre ses possessions dans deux champs de gaz plus petits d’ici 14 mois.

Les ventes forcées visent à ouvrir l’industrie à la concurrence. L’accord fixe aussi un prix plafond pour des futures ventes aux compagnies israéliennes et impose aux entreprises de gaz d’achever le développement du champ de gaz du Leviathan d’ici 2019.

Pourtant, les critiques disent que l’accord pourrait en réalité renforcer le monopole gazier, puisque les entreprises maintiendront de facto un monopole sur le champ de Tamar pour les six prochaines années avant de réaliser un partenariat similaire pour développer le champ de Leviathan.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.