Des prestataires de soins dans tout le pays ont annoncé qu’ils se mettront en grève pendant deux heures mercredi, pour protester contre le meurtre d’une infirmière. Ils veulent attirer l’attention sur la violence dont font l’objet les professionnels de la santé.

Le président du syndicat Histadrout Avi Nissennkorn a annoncé la fermeture du système de santé entre 8 heures et 10 heures.

« Cette grève est un signe de solidarité envers tous ceux qui travaillent nuit et jour dans le système de santé et envers leurs familles, dans tout le pays », a indiqué Nissenkorn.

Les responsables du système de santé ont tiré la sonnette d’alarme sur la violence envers les docteurs et le personnel soignants par des patients ou des familles en colères. Ils affirment qu’il s’agit d’un problème chronique en Israël.

Le nombre d’attaques sur le personnel hospitalier et les employés des centres médicaux a augmenté de manière significative ces dernières années. Les familles de malades attaquent ou insultent le personnel, ce qui perturbe les services hospitaliers.

Mardi matin, Tova Karavo, une infirmière au centre médical Clalit à Holon a été aspergée avec des matériaux inflammables et un patient mécontent a allumé un feu.

Le décès de Karavo a été prononcé sur place par les services d’urgence.

Tova Karavo, une infirmière tuée dans un centre médical de Holon, le 14 mars 2017. (Crédit ; Facebook)

Tova Karavo, une infirmière tuée dans un centre médical de Holon, le 14 mars 2017. (Crédit ; Facebook)

Les médias ont indiqué que le patient suspecté de l’avoir tuée est un survivant de l’Holocauste de 78 ans, résident de Holon et mentalement instable.

Il s’est enfui à bord de son véhicule mais a été rattrapé à la sortie de la ville par la police après une course-poursuite.

La police estime qu’il avait été mécontent des services dont il avait bénéficié.

Après avoir été interpellé, il a déclaré : « je ne voulais blesser personne, juste lancer une bouteille en feu », selon le journal Israel Today.

« Tout le monde a été choqué par ce meurtre », a affirmé le porte-parole du ministère de la Santé. « mais il n’y a rien de nouveau. Les attaques envers les équipes médicales sont des incidents qui arrivent trop fréquemment et nous ne pouvons pas laisser passer cela sous silence ».

Le ministre de la Santé Yaakov Litzman a dit être « choqué » par cet incident.

« C’est un incident sans précédent. Nous sommes tous en souffrance et voulons renforcer les équipes dans les cliniques », a déclaré Eli Dapas, PDG de la Clalit.

La président de la Commission parlementaire du Travail, du Social et de la Santé, Eli Alaluf, a annoncé que la commission se réunira pour une session extraordinaire mercredi matin suite à cette attaque.

Selon les chiffres officiels, 3 000 cas de violences à l’encontre du personnel médical dans les hôpitaux, les centres médicaux et les services d’urgence ont été signalés entre 2014 et 2016. Les trois quarts de ces incidents étaient des agressions verbales.

Un quart de ces attaques étaient des agressions physiques contre le personnel médical ou les équipes de sécurité. Les trois quarts des attaques ont eu lieu dans des hôpitaux, et particulièrement au service des urgences.

Dans près d’un quart de ces incidents, des plaintes ont été déposées.

Les hôpitaux Hadassah à Jérusalem ont indiqué qu’ils organiseront un rassemblement de solidarité mercredi à midi à Ein Kerem, et à 12 heures 15 à Har Hatzofim en mémoire de Karavo et afin d’attirer l’attention sur les violences à l’encontre des équipes médicales.