Le parti de l’opposition travailliste de la Grande-Bretagne a ouvert une enquête sur les allégations d’antisémitisme et d’intimidation au sein de son club travailliste de l’université d’Oxford, après que le co-président du club ait démissionné et ait rapporté des attitudes anti-juives.

Le groupe national des étudiants travailliste a averti de l’enquête, et un porte-parole travailliste a déclaré que le parti la soutenait, a rapporté The Guardian mercredi.

« Suite aux récentes déclarations sur le comportement et l’intimidation antisémites au Club Travailliste de l’université d’Oxford (OULC), les étudiants travaillistes ont lancé une enquête immédiate et le parti travailliste salue et soutient cette action », a déclaré le porte-parole.

« Si les plaintes sont faites à propos d’un membre du parti travailliste, le parti prendra des mesures énergiques pour faire face à tout comportement antisémite. »

Le co-président de l’OULC, Alex Chalmers, a démissionné lundi soir pour protester contre l’adoption par le club d’une futuree Semaine contre l’apartheid israélien.

Dans une déclaration acerbe, il a affirmé qu’«une grande partie de l’OULC et de la Gauche étudiante à Oxford ont plus généralement une sorte de problème avec les Juifs. »

Dans une publication Facebook, Chalmers a accusé des membres de la direction du club travailliste d’ « utiliser le terme « Zio [un terme employé pour désigner les Juifs, habituellement confinés aux sites Web gérés par le Ku Klux Klan] à toutes les sauces.

« Il a écrit que « d’importants membres du club exprimaient leur «solidarité» avec le Hamas et défendaient explicitement leurs stratégies de meurtres de civils sans distinction ».

Il a également cité un ancien co-président du club anonyme qui affirmait que « la plupart des accusations d’antisémitisme ne sont que des sionistes qui crient au loup ».

Un député travailliste, John Mann, a déclaré que le parti devrait couper ses liens avec le club, et a exhorté le chef du parti Jeremy Corbyn à «examiner personnellement les allégations », a rapporté The Guardian.

Le journal cite Louise Ellman, députée et vice-présidente des Amis travaillistes d’Israël, disant : « Je suis profondément troublée d’apprendre que le club travailliste de l’Université d’Oxford ait décidé de soutenir la Semaine contre l’apartheid israélien, ainsi que par les révélations de Alex Chalmers, quant au ton inquiétant du discours dans lequel ce débat semble avoir été mené ».

L’ambassade d’Israël à Londres a également exprimé sa consternation devant les allégations. « L’ambassade d’Israël est consternée par les rapports d’antisémitisme, d’intimidation d’étudiants juifs, et par le soutien au terrorisme contre Israël au club travailliste d’Oxford », a-t-elle déclaré.

« Nous ne nous attendions pas à une telle activité honteuse d’une personne moralement honnête – laisser des élèves seuls dans l’une des universités les plus prestigieuses au monde. »

L’Union des étudiants juifs de Grande-Bretagne avait auparavant appelé le Parti travailliste à enquêter sur la question « d’urgence » et à prendre « des mesures appropriées ». L’organisation a souligné qu’Oxford « semble être une exception à la règle » des relations autrement positives entre l’Union des Etudiants Juifs et le club étudiant travailliste.

Parlant au Times of Israel, Chalmers a affirmé qu’une partie du problème de la gauche était que «les gens qui critiquent Israël s’expriment mal», les conduisant à « ressasser involontairement des rhétoriques sinistres très anciennes sur le contrôle juif ». Selon son expérience, ces personnes « semblent rarement voir cela comme un problème » quand on les critique.

Chalmers a également souligné un problème des « anciens antisémites, » à la fois de gauche et de droite, qui « trouvent dans les débats autour d’Israël et le sionisme un moyen pratique pour exprimer leurs préjugés. »