Dix attaques de loups contre des êtres humains ont été signalées ces quatre derniers mois en Israël, et dans la plupart des cas, les animaux s’en sont pris à des enfants ou des bébés, a annoncé mardi le quotidien Haaretz.

De plus en plus souvent, des loups s’approchent de campements et tentent d’attraper ce qu’ils peuvent, y compris de jeunes enfants.

Il y aurait entre 100 et 150 loups arabes, une sous espèce du loup gris, en Israël. La plupart d’entre eux vivent dans les déserts du sud du pays, mais il y a également des meutes sur le plateau du Golan et en Galilée.

Haim Berger, présenté par Haaretz comme un expert des loups, pense que les animaux ne jouent pas et ne se sentent pas non plus menacés, mais qu’ils chassent de petites proies humaines.

Berger a eu un coup de chaud en campant avec sa famille il y a trois mois. Son enfant a vu un loup entrer dans le campement, qui ne semblait pas avoir peur des hommes. L’animal est finalement parti sans incident, mais la rencontre a poussé Berger a étudié le sujet plus avant.

Comparant les statistiques des attaques en Israël et aux Etats-Unis, où il y a des dizaines de milliers de loups mais quasiment aucune attaque, Berger a conclu que les meutes locales se sont adaptées à la société humaine, et voient à présent les êtres humains comme une source de nourriture potentielle, et pas uniquement comme une source d’inquiétude, explique l’article.

« Imaginez un loup qui ne peut pas trouver de nourriture pendant quelques jours, a dit Berger. Soudain, des gens arrivent et font un barbecue et l’odeur se répand dans toute la vallée. Donc si [le loup] associe l’homme à la nourriture, lentement, ses peurs s’éloignent. Il y a un processus d’adaptation. Il est clair qu’il y a 50 ou 100 ans, aucun loup n’aurait osé se rapprocher des Bédouins qui passaient dans le désert », a-t-il dit à Haaretz.

Des témoins des attaques ont dit à Berger que les loups choisissaient les cibles les plus faciles, généralement les petits enfants. Ils peuvent être effrayés par un groupe de personnes, mais tenteront souvent de revenir pour la même proie.

La semaine dernière, deux enfants ont été mordus pendant une classe verte à Ein Gedi, et un autre a été attaqué près du ruisseau Ein Gedi voisin, dans le désert de Judée. Dans tous les cas, les enfants ont été légèrement blessés.

Des Israéliens dans la vallée de Nahal Arugot, près d'Ein Gedi; pendant Pessah, le 5 avril 2015. (Crédit : Gedi Israël/Flash90)

Des Israéliens dans la vallée de Nahal Arugot, près d’Ein Gedi; pendant Pessah, le 5 avril 2015. (Crédit : Gedi Israël/Flash90)

Gilad Gabbay, directeur de la région sud de l’Autorité de la nature et des parcs d’Israël, a indiqué que l’organisation était informée du problème et prenait des mesures.

« C’est un problème sérieux et nous le prenons au sérieux, a-t-il dit. Nous avons informé la population et placé des panneaux indiquant de ne pas nourrir les animaux sur tous les sites de campement. »

Gabbay a souligné que des gardiens armés d’armes non létales patrouillaient dans les régions, et que les loups agressifs étaient attaqués.

Il a indiqué que le plus gros problème était que les randonneurs tentaient de nourrir les loups.

« C’est un changement de comportement qui se produit à cause des gens. Il faut comprendre qu’ils sont au cœur de la nature, et que chaque aliment donné a de l’importance. Nous ne reposerons pas avant que cela ne cesse, mais nous avons besoin de la coopération du public. »

Jusqu’à présent, il n’y a eu aucun blessé grave dans aucune des attaques, mais il a apparemment parfois été nécessaire qu’un adulte agisse rapidement pour empêcher que l’enfant ne soit emmené dans la nature. Ceux qui ont été mordus doivent recevoir plusieurs injections préventives contre certaines maladies portées par les loups.

Gabbay a recommandé que les randonneurs qui rencontrent un loup essaient de l’effrayer par tous les moyens possibles, notamment en criant, en faisant de grands gestes, et même en lui jetant des pierres, et signaler le loup et sa localisation à l’Autorité de la nature et des parcs.