Israël en guerre - Jour 145

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20 ex-détenus libérés lors de la trêve devraient réintégrer des écoles de Jérusalem

Des travailleurs sociaux décideront au cas par cas s'il convient d'autoriser l'élève à retourner à l'école ; certains fonctionnaires craignent une mauvaise influence sur leurs camarades

Des élèves palestiniens dans la cour de récréation d'une école locale, à Jérusalem-Est, le 2 novembre 2006. (Crédit : Orel Cohen/Flash90/Dossier)
Des élèves palestiniens dans la cour de récréation d'une école locale, à Jérusalem-Est, le 2 novembre 2006. (Crédit : Orel Cohen/Flash90/Dossier)

Au cours d’une trêve de sept jours à Gaza, entre le 24 novembre et le 1er décembre, Israël a libéré 240 prisonniers palestiniens incarcérés pour atteinte à la sécurité en Israël dans le cadre d’un échange avec le groupe terroriste palestinien du Hamas qui a conduit à la libération de 105 otages.

Sur ces 240 prisonniers de sécurité palestiniens – tous des femmes et des mineurs – 20 étaient des résidents de Jérusalem-Est en âge d’être scolarisés, qui devraient réintégrer le système scolaire de la ville le 10 janvier, après les vacances de Noël marquées dans l’est de la ville.

Certains responsables de la municipalité de Jérusalem craignent que les détenus nouvellement libérés ne soient perçus comme des héros dans leurs écoles et n’exercent une influence négative sur leurs camarades. D’autres soutiennent que leur réintégration dans le système éducatif est le meilleur moyen de surveiller leur comportement à l’avenir.

La semaine dernière, des hauts fonctionnaires de la municipalité ont rencontré des représentants du Département de l’Éducation de la ville pour discuter de la question. Le département a rencontré les parents des adolescents libérés pour essayer de trouver la bonne solution pour chacun d’entre eux, en fonction de la gravité des charges pour lesquelles ils ont été condamnés et du retard scolaire qu’ils ont accumulé pendant leur détention.

Fleur Hassan-Nahoum, adjointe au maire, a déclaré au Times of Israel que la municipalité et le ministère de l’Éducation collaboraient à l’élaboration d’un plan individuel pour chaque mineur libéré.

Le Palestinien Muhammad Abu Al-Humus, ancien prisonnier palestinien incarcéré pour atteinte à la sécurité en Israël libéré de la prison israélienne en échange d’otages libérés par le Hamas à Gaza, accueilli par sa famille et ses proches à son retour chez lui à Jérusalem-Est, le 28 novembre 2023. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

« La municipalité de Jérusalem évalue et recense les besoins de ces adolescents pour éviter qu’ils ne se radicalisent. Avec les travailleurs sociaux, nous examinons leurs besoins pédagogiques. Nous cherchons à savoir si l’école qu’ils ont fréquentée est celle qu’ils devraient continuer à fréquenter. »

En travaillant avec des assistants sociaux arabes, des psychologues et des experts en éducation, la municipalité évalue les besoins de chaque adolescent individuellement, en coordination avec ses parents, « afin qu’il ne retombe pas dans la criminalité et le terrorisme ».

Hassan-Nahoum a estimé que la plupart des mineurs libérés commenceront l’école le 10 janvier, à moins que les travailleurs sociaux n’en décident autrement. Il peut être décidé de les placer dans une autre école que celle précédemment fréquentée « si l’on estime que c’est mieux pour leur développement, ou si pour une raison quelconque l’école était toxique pour eux, [ou] si un [élève] est un danger pour les autres enfants de son école ».

La municipalité et le ministère de l’Éducation n’exercent pas un contrôle total sur ce qui est enseigné dans de nombreux établissements scolaires de Jérusalem-Est.

Un grand nombre d’élèves de Jérusalem-Est – 44 %, selon des données récentes des Nations unies (ONU) – fréquentent des écoles qui fonctionnent selon le système « reconnu mais non officiel », en vertu duquel elles reçoivent la majeure partie de leur financement de la ville de Jérusalem, mais ne sont que partiellement contrôlées par la municipalité.

En outre, environ 15 % des élèves fréquentent des « écoles non reconnues », administrées soit par l’Office controversé de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), soit par les autorités islamiques. Ces dernières sont financées et gérées par le ministère palestinien de l’Éducation et Israël n’y exerce aucun contrôle.

L’adjointe au maire de Jérusalem et co-fondatrice du Conseil d’affaires EAU-Israël Fleur Hassan-Nahoum, posant pour une photo au cours d’une interview donnée au palais al-Habtoor de Dubaï, aux Émirats arabes unis, le 13 octobre 2020. (Crédit : Giuseppe Cacace/AFP)

Critiquant vivement le système scolaire « reconnu mais non officiel » – qui s’applique également aux écoles ultra-orthodoxes – Hassan-Nahoum a déclaré « qu’il est ridicule » que le gouvernement d’Israël paie en réalité pour le programme scolaire de l’Autorité palestinienne (AP) dans les écoles de Jérusalem-Est.

« C’est absolument ridicule. Nous payons pour qu’ils apprennent à nous haïr. »

Les responsables israéliens et européens se plaignent depuis longtemps de l’incitation à la haine dans les programmes scolaires palestiniens.

Ces dernières années, un nombre croissant d’écoles ont abandonné le programme palestinien au profit de celui des écoles arabes israéliennes, qui est entièrement rédigé et supervisé par le ministère israélien de l’Éducation et qui prépare les élèves à l’admission dans les universités israéliennes.

Des Palestiniens se sont opposés à ce changement, parfois accompagné d’actes de vandalisme, car de nombreux habitants de Jérusalem-Est perçoivent le passage au programme israélien comme une atteinte à leur identité.

Selon Hassan-Nahoum, la transition représente une évolution positive. « Nous avons fait bouger les choses, mais pas assez vite », a-t-elle fait remarquer.

« Il y a beaucoup de parents qui veulent le programme [israélien] parce qu’ils comprennent que l’avenir de leurs enfants serait bien meilleur s’ils parlaient hébreu et anglais, mais pas le tawjihi – le programme de l’Autorité palestinienne – avec lequel ils doivent ensuite passer une sorte d’équivalence pour entrer à l’université. »

Parmi les plus farouches opposants à l’idée que les détenus pour raisons de sécurité libérés puissent réintégrer les écoles, on trouve Arieh King, membre d’extrême-droite du conseil municipal.

« Les jeunes terroristes sont plus dangereux que les adultes et les plus âgés », a déclaré King dans une interview accordée à Walla.

« Nous ne pouvons pas laisser les terroristes les plus dangereux entrer dans les écoles où ils deviendront des ‘super-héros’ et un objet d’admiration pour leurs camarades de classe. »

Selon Walla, King a également appelé à la création d’une école sur le terrain d’un commissariat de police, ou de la prison d’Ofer en Cisjordanie – d’où de nombreux prisonniers ont été libérés – arguant qu’ils pourraient y être scolarisés au lieu de retourner dans leurs établissements précédents.

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