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25 millions de NIS alloués à la création de l’Autorité de l’identité nationale juive

Les ministres du gouvernement ont voté sur WhatsApp ; le chef de l'opposition Lapid a critiqué le cabinet pour avoir alloué ces fonds à Maoz plutôt qu'aux évacués ou aux soldats

Le président de Noam, Avi Maoz, s'exprimant lors d'une cérémonie, à la Knesset, à Jérusalem, le 20 mars 2023. (Crédit : Erik Marmor/Flash90)
Le président de Noam, Avi Maoz, s'exprimant lors d'une cérémonie, à la Knesset, à Jérusalem, le 20 mars 2023. (Crédit : Erik Marmor/Flash90)

Les ministres du gouvernement ont voté dimanche l’allocation de 25 millions de shekels pour la création d’une Autorité de l’identité nationale juive dirigée par le député Avi Maoz, vice-ministre au sein du cabinet du Premier ministre.

Le vote s’est déroulé sur WhatsApp, selon le média Ynet, deux jours seulement avant que le budget de l’État pour 2024 ne soit soumis au vote de la Knesset.

Le quotidien israélien Haaretz a rapporté qu’au moins cinq millions de shekels de fonds réservés devraient être utilisés pour des projets déjà traités par d’autres organismes gouvernementaux.

Selon l’article, deux millions de shekels seront utilisés pour promouvoir un lien plus fort avec Jérusalem, bien qu’il existe déjà un ministère des Affaires de Jérusalem. Trois millions de shekels supplémentaires seront consacrés à la « question de l’identité nationale juive dans le Néguev et la Galilée », alors que le ministère du Néguev et de la Galilée s’occupe précisément de ce sujet.

Maoz, le député d’extrême-droite qui dirigera l’autorité, est une figure de division dans la politique israélienne, et le seul représentant à la Knesset du parti anti-LGBTQ Noam.

Ancien chef de file du mouvement visant à faire venir les Juifs soviétiques en Israël, Maoz préconise aujourd’hui de durcir les conditions d’admissibilité afin de se rapprocher de la définition orthodoxe de la judéité. Son parti, Noam, a fait campagne jusqu’à la Knesset en prenant une série de positions anti-LGBT, anti-pluralisme juif et misogynes.

Il a déclaré vouloir contrôler les programmes scolaires externes afin de renforcer la « transparence » vis-à-vis des parents.

Le député Avi Maoz et le chef du Likud, Benjamin Netanyahu, après avoir signé un accord de coalition, le 27 novembre 2022. (Crédit : Likud)

Après les élections nationales de 2022, Maoz a signé un accord de coalition lui donnant une multitude de pouvoirs susceptibles de peser sur la position du gouvernement concernant l’identité et les valeurs juives d’Israël par le biais d’une nouvelle unité au sein du Bureau du Premier ministre pour l’identité nationale juive, qui recevrait 440 millions de shekels au cours de ses deux premières années.

Il a ensuite quitté le gouvernement, « scandalisé de constater qu’il n’y avait jamais eu d’intention sérieuse de donner suite à l’accord de coalition » qui avait fait de lui un vice-ministre ayant les capacités de mettre en œuvre des programmes « d’identité juive » dans le cadre d’un nouveau bureau de l’Identité juive nationale.

Il a par la suite rejoint la coalition et a été reconduit dans son rôle de vice-ministre au sein du bureau du Premier ministre après l’adoption du budget de l’État 2023, qui allouait 120 millions de shekels en 2023, et 165 millions de shekels supplémentaires en 2024.

À la suite de l’assaut du Hamas dans le sud d’Israël le 7 octobre, au cours duquel 1 200 personnes ont été massacrées et 253 prises en otage à Gaza, déclenchant la guerre Israël-Hamas en cours, Maoz a annoncé qu’environ 120 millions de shekels de l’Autorité de l’identité nationale juive seraient transférés par l’intermédiaire du Bureau du Premier ministre pour soutenir l’effort de guerre.

Des manifestants tiennent une pancarte sur laquelle on peut lire : « L’enveloppe de Gaza contre le pillage », en référence au projet de loi budgétaire du gouvernement en temps de guerre, devant le bâtiment de la Knesset à Jérusalem, le 19 février 2024. (Crédit : Charlie Summers/Times of Israel)

Suite au vote de dimanche, le leader de l’opposition Yaïr Lapid a critiqué le gouvernement pour avoir alloué les fonds à la nouvelle autorité de Maoz plutôt qu’aux évacués, aux soldats ou aux « entreprises qui se sont effondrées pendant la guerre ». « Un gouvernement qui s’est égaré », a-t-il écrit sur X.

La députée Orit Farkash-Hacohen, du parti HaMahane HaMamlahti – un ancien parti d’opposition qui a rejoint la coalition d’urgence formée après le 7 octobre – a également qualifié la décision de « honteuse », arguant que « rien n’a changé » depuis que HaMahane HaMamlahti a déclaré que le budget de son ministère devait être utilisé à des fins de guerre.

En décembre, le ministère des Finances aurait recommandé la fermeture de 10 ministères redondants afin de combler un déficit budgétaire de 70 milliards de shekels en temps de guerre.

Les critiques allèguent que le budget amendé proposé par le gouvernement pour 2024 alloue des fonds aux intérêts de la coalition tout en réduisant les dépenses pour la société dans son ensemble.

Carrie Keller-Lynn a contribué à cet article.

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