Netanyahu rejette les commentaires de Trump
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Netanyahu rejette les commentaires de Trump

37 députés exhortent Netanyahu à annuler sa rencontre avec Trump après les commentaires racistes du candidat à l'investiture républicaine

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu se dirige vers son siège avant de prononcer un discours à la Knesset le 12 octobre 2015, à Jérusalem (Crédit photo: Gali Tibbon / AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu se dirige vers son siège avant de prononcer un discours à la Knesset le 12 octobre 2015, à Jérusalem (Crédit photo: Gali Tibbon / AFP)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui a rejeté les propos anti-musulmans, recevra le candidat républicain à la Maison Blanche Donald Trump le 28 décembre malgré la colère soulevée, y compris en Israël, par ses propos sur les musulmans.

Trente-sept députés ont signé une pétition appelant mercredi le Premier ministre Benjamin Netanyahu à annuler sa rencontre prévue plus tard ce mois-ci avec le candidat à l’investiture républicaine Donald Trump, deux jours après la déclaration controversée du candidat sur l’interdiction d’entrée des Musulmans aux États-Unis.

Deux des signataires sont membres de la fragile majorité de droite de Netanyahu, ont rapporté les médias.

La rencontre « a été programmée il y a deux semaines », avant la polémique donc, a dit un responsable gouvernemental sous le couvert de l’anonymat. Netanyahu rencontrera tous les candidats, quel que soit leur parti, qui viendront en Israël et en exprimeront le souhait, a-t-il ajouté.

« Le Premier ministre Netanyahu rejette les récentes remarques de Donald Trump sur les Musulmans, » peut-on lire dans un communiqué du bureau du Premier ministre israélien.

« L’Etat d’Israël respecte toutes les religions et garantit strictement les droits de tous ses citoyens. Dans le même temps, Israël se bat contre l’islam combattant qui cible les Musulmans, les Chrétiens et les Juifs de la même manière et qui menace le monde entier ».

« Quant à la rencontre avec M. Trump qui a été organisée il y a environ deux semaines, le Premier ministre s’est décidé plus tôt cette année sur une politique uniforme à accepter de rencontrer tous les candidats à la présidence des deux partis qui visitent Israël et demandent une rencontre ».

« Cette politique ne constitue pas une approbation des candidats ou de ses opinions. Au contraire, C’est une expression de l’importance que le Premier ministre Netanyahu accorde à la forte alliance entre Israël et les Etats-Unis, » conclut le communiqué.

La pétition a été lancée par la députée Meretz Michal Rozin, a précisé le site en hébreu NRG.

Rozin cherchait à faire « condamner publiquement les propos racistes de Trump et de faire annuler la réunion prévue (avec Netanyahu) avant qu’il ne regrette ses commentaires ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (Crédit : AFP PHOTO/BRENDAN SMIALOWSKI)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (Crédit : AFP PHOTO/BRENDAN SMIALOWSKI)

« Alors que les dirigeants du monde entier condamnent les remarques racistes et scandaleuses du candidat républicain à la présidentielle, Netanyahu l’embrasse chaleureusement », a-t-elle déploré.

« Leur réunion à la fin du mois apporte du soutien aux commentaires racistes (de Trump), et cela déshonore le caractère démocratique de l’Etat d’Israël et blesse ses citoyens musulmans », a écrit Rosin.

La plupart des signataires sont des membres des partis d’opposition, mais Yaacov Margi (Shas) et Roy Volkman (Koulanou) ont également signé la pétition.

Les responsables du bureau du Premier ministre a déclaré que le premier ministre rencontrera tout candidat à la présidentielle de tout parti aux élections américaines, mais a ajouté que Netanyahu « n’est pas d’accord avec tous les commentaires de chaque candidat ».

Selon NRG, les responsables proches du Premier ministre ont reconnu que dans les circonstances actuelles, il y a « une certaine complexité » autour de cette rencontre mais a précisé que la rencontre se déroulera comme prévu.

Un autre candidat à l’investiture républicaine, Ben Carson, a aussi exprimé son intention de se rendre en Israël.

Trump a provoqué un tollé international en proposant de fermer les frontières des Etats-Unis aux musulmans.
Il n’est pas revenu sur ses commentaires et mardi a réïtéré ses remarques largement condamnées.

Avant les élections israéliennes de 2013, Trump est apparu dans un clip appelant les Israéliens à voter pour Netanyahu.

La visite du milliardaire, qui serait son premier voyage à l’étranger en tant que candidat, s’annonce controversée dans un pays où vivent plus d’un million de musulmans (sur une population totale de 8 millions) selon les statistiques officielles, et où les sensibilités aux questions d’appartenance ethnique ou religieuse sont vives.

Trump, le ‘néo-nazi’

« Ceux qui se réjouissent des propos de Trump ne connaissent pas assez bien l’histoire juive pour comprendre ce qui advient quand nous nous engageons sur la voie de la haine envers les étrangers, du mépris des lois et de la discrimination religieuse », a écrit le député centriste et ancien ministre Yaïr Lapid (opposition) sur Facebook. 

Le député arabe Ahmad Tibi a dit avoir demandé au président du Parlement « d’interdire à ce néo-nazi de Trump et à tous les autres Trump de la terre de mettre les pieds à la Knesset ». Il n’a cependant jamais été question que Trump se rende au Parlement israélien.

Netanyahu avait lui-même suscité une levée de boucliers par des propos sur les Arabes israéliens (les descendants des Palestiniens de 1948 ayant la nationalité israélienne) le jour des législatives le 17 mars 2015.

Netanyahu avait brandi le spectre d’électeurs arabes acheminés « en masse » jusqu’aux bureaux de vote. Cette déclaration avait choqué jusqu’au président démocrate américain Barack Obama qui les avait réprouvés sur un ton vif. M. Netanyahu a dit depuis regretter ces paroles.

La visite de Trump illustre les rapports politiques entre les deux grands alliés stratégiques israélien et américain et l’attention particulière portée en Israël à la présidentielle américaine.

Netanyahu avait été critiqué pour son soutien perçu comme à peine voilé au candidat républicain Mitt Romney contre M. Obama à la présidentielle de 2012.

Israël, étape de la campagne

Israël est une étape étrangère privilégiée pour les candidats à la Maison Blanche, à la fois pour rehausser leur stature diplomatique et affirmer à l’attention de l’électorat américain leur soutien à l’allié israélien.

Ce soutien est une affaire particulièrement entendue chez les républicains. Trump avait annoncé son prochain voyage en Israël lors d’un forum organisé par la Coalition juive républicaine, une organisation financée par le magnat Sheldon Adelson, soutien de Netanyahu.

Les propos de Trump, jouant sur des clichés sur les juifs, avaient fait froncer le sourcil à certains en Israël. Les autres prétendants républicains à la tribune avaient témoigné de leur fidélité à la cause israélienne, et promis d’annuler l’accord nucléaire avec l’Iran.

Trump a tweeté mardi qu’il pourrait quitter le Parti républicain et se présenter comme un candidat indépendant.

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