5 des chansons les plus juives de Leonard Cohen
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5 des chansons les plus juives de Leonard Cohen

"Je ne cherche pas une nouvelle religion, je suis assez heureux avec l’ancienne, avec le judaïsme", avait dit le chanteur

Leonard Cohen en concert à Ramat Gan en 2009. (Crédit: Marko/Flash90)
Leonard Cohen en concert à Ramat Gan en 2009. (Crédit: Marko/Flash90)

JTA – Leonard Cohen, dont le décès a été annoncé jeudi soir, était l’un des auteurs compositeurs populaires les plus explicitement juifs depuis le roi David, dont il a admirablement imité les Psaumes tout au long de cinquante ans de carrière.

Cohen était le petit-fils de deux rabbins canadiens distingués, dont l’un a aidé à fonder beaucoup des institutions sionistes et juives de Montréal. L’autre, qui a écrit un thésaurus du Talmud, était connu sous le surnom de « Sar HaDikdukim », le prince des grammairiens.

Même en tant que bouddhiste pratiquant, Cohen n’a jamais cessé de se percevoir comme un juif, déclarant pendant un entretien que « je ne cherche pas une nouvelle religion. Je suis assez heureux avec l’ancienne, avec le judaïsme. »

Mais il était œcuménique dans ses sujets et ses références.

Le premier tube de Cohen, « Suzanne », parle du juif qui est probablement le plus célèbre, Jésus, disant que « lui-même était brisé, bien avant que le ciel ne s’ouvre. Abandonné, presque humain, il a coulé sous votre sagesse comme une pierre. »

Cohen, lui-même maître de la langue, a saturé ses paroles de métaphores bibliques et de liturgie juive, qu’il connaissait intimement. Ses chansons ont adapté des prières juives connues et re-raconté les histoires centrales du judaïsme.

Voici cinq de ses chansons les plus juives :

Hallelujah

La chanson la plus célèbre de Cohen, reprise des dizaines de fois, est une allusion explicite aux Psaumes et aux histoires des prophètes juifs, du roi David à Samson. La chanson s’ouvre ainsi :

Now I’ve heard there was a secret chord
That David played, and it pleased the Lord
But you don’t really care for music, do you?

J’ai appris qu’il existait un accord secret
Que David jouait, et Dieu aimait
Mais tu n’aimes pas vraiment la musique, non ?

Le deuxième couplet mélange deux histoires bibliques. Il commence par l’histoire de David voyant Batsheva, sa future épouse, prenant son bain sur un toit, et se termine avec une image d’elle l’attachant et lui coupant les cheveux, une allusion à Samson et Dalila.

Who By Fire

Une autre des chansons connues de Cohen, « Who By Fire », est l’adaptation de « Unetaneh Tokef », une prière centrale des grandes fêtes. Le verset de la prière raconte le Jour du Jugement, décrit les différentes manières dont les gens vivent, meurent, réussissent et souffrent pendant l’année à venir. Cohen a adapté la prière presque mot à mot.

And who by fire, who by water
who in the sunshine, who in the night time
who by high ordeal, who by common trial
who in your merry, merry month of May
who by very slow decay
and who shall I say is calling?

Et qui par le feu, qui par l’eau
qui dans la lumière, qui dans la nuit
qui par grande épreuve, qui par jugement
qui en ton joli, joli mois de mai
qui par très lente déchéance
et qui, dois-je le dire, appelle ?

You Want It Darker

L’une des dernières chansons de Cohen, « You Want It Darker », est sortie il y a environ deux mois, et dedans, Cohen parle de se préparer à la mort. Les paroles très juives comprennent un chœur un Cohen dit « Hineni, je suis prêt mon Dieu. » Hineni, qui signifie en hébreu « je suis là », est le mot qu’Abraham utilise pour répondre à Dieu quand il lui demande de sacrifier Isaac, ainsi que le nom d’une prière de préparation et d’humilité, adressée à Dieu et chantée par le chantre à Rosh Hashanah. Un des couplets récurrents fait écho au Kaddish, la prière du deuil.

Magnified, sanctified be thy holy name
Vilified, crucified in the human frame
A million candles burning for a help that never came
You want it darker, we kill the flame.

Magnifiée, sanctifiée par le saint nom
Villipendé, crucifié par le corps humain
Un million de bougies brûlent pour une aide qui ne vient jamais
Tu le veux plus sombre, nous tuons la flamme.

The Story of Isaac

L’une des chansons les plus sombres de Cohen raconte le sacrifice d’Isaac. Racontée du point de vue d’Isaac, la chanson interroge la moralité de l’histoire.

You who stand above them now
Your hatchets blunt and bloody
You were not there before
When I lay upon a mountain
And my father’s hand was trembling
With the beauty of the word.
And if you call me brother now
Forgive me if I inquire
Just according to whose plan
When it all comes down to dust
I will kill you if I must
I will help you if I can.

Toi qui te tiens devant eux maintenant
Tes hachettes émoussées et sanglantes
Tu n’étais pas là avant
Quand je gisais sur une montagne
Et que la main de mon père tremblait
De la beauté du verbe
Et si maintenant tu m’appelles frère
Pardonne-moi si je m’enquiers
En vertu de quelle volonté
Quand tout cela tombera en poussière
S’il le faut je vous tuerai
Si je le peux je vous aiderai

If It Be Your Will

Le titre de la chanson est une traduction de « Ken Yehi Ratzon », une phrase de la liturgie hébraïque adressée à Dieu. Cette chanson est elle aussi adressée à Dieu, et comprend des paroles qui évoque la Kabbalat Shabat, la prière du vendredi soir qui accueille le Shabbat dans la joie.

If it be your will
If there is a choice
Let the rivers fill
Let the hills rejoice.

Si c’est ta volonté,
Si nous avons le choix,
Laisse les fleuves déborder,
Les collines se réjouir.

Tu nous manqueras, Leonard.

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