6 personnes interrogées par la police après l’attaque devant une synagogue à Manchester
"J'invite tous ceux qui envisagent de manifester à reconnaître et à respecter la douleur des juifs britanniques", a écrit le Premier ministre britannique

Six personnes soupçonnées de « préparation et d’incitation à commettre des actes terroristes » sont interrogées par la police britannique samedi, deux jours après l’attaque terroriste devant une synagogue à Manchester qui a fait deux morts et trois blessés graves.
Des rassemblements pro-palestiniens et anti-Israël sont prévus samedi, notamment à Londres, malgré les appels du gouvernement et de la police à ne pas manifester après cette attaque contre la communauté juive. Alors que les attaques du Hamas n’étaient pas encore finies le 7-Octobre, une manifestation avait déjà lieu à Londres appelant à la fin du génocide des Palestiniens.
« J’invite tous ceux qui envisagent de manifester à reconnaître et à respecter la douleur des juifs britanniques », a écrit samedi sur X le Premier ministre Keir Starmer, qui a récemment reconnu l’État de Palestine.
« C’est un moment de deuil. Ce n’est pas le moment d’attiser les tensions et de causer davantage de souffrance. C’est le moment de se serrer les coudes », a-t-il expliqué en vain.
Un rassemblement de soutien au groupe Palestine Action, classé terroriste par le gouvernement britannique, doit avoir lieu en milieu de journée à Trafalgar Square à Londres.
L’association Defend Our Juries, qui organise le rassemblement, a fait part de sa « solidarité » avec la communauté juive tout en annonçant le maintien de la manifestation.
Un report du rassemblement « risquerait d’amalgamer les actions de l’Etat d’Israël avec celles des juifs à travers le monde, comme cherche à le faire » le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, a estimé un porte-parole de Defend Our Juries. Or, les actes anti-Israël sont largement considérés comme des actes antisémites – surtout depuis le 7-Octobre.
L’attentat de jeudi contre une synagogue de Manchester est l’un des pires visant la communauté juive en Europe depuis l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023 en Israël, qui a déclenché la guerre à Gaza.
Depuis deux ans, le Royaume-Uni, comme d’autres pays européens, a connu une explosion des actes antisémites.
A Manchester (nord de l’Angleterre), où vit l’une des plus importantes communautés juives du Royaume-Uni, les patrouilles renforcées des forces de l’ordre se poursuivaient samedi. La police a particulièrement accru sa présence près des lieux de culte et des espaces communautaires juifs.
L’attaque à Manchester s’est produite jeudi matin au moment où la synagogue était très fréquentée à l’occasion de la fête juive de Yom Kippour, le jour le plus solennel du calendrier hébraïque.
L’assaillant, Jihad Al-Shamie, un Britannique d’origine syrienne de 35 ans, a foncé avec sa voiture sur des personnes qui se trouvaient devant le bâtiment, avant de sortir de son véhicule et d’attaquer des fidèles avec son couteau.
L’homme, abattu par la police sur les lieux, « a pu être influencé par l’idéologie islamiste radicale », a noté la police antiterroriste vendredi soir.
Il n’avait jamais fait l’objet d’un signalement pour extrémisme. Il a par contre été récemment inculpé pour viol et était en liberté conditionnelle.
Six personnes ont été arrêtées et placées en garde à vue. Elles sont soupçonnées de « préparation et incitation à commettre des actes terroristes ».
La police antiterroriste a demandé des « mandats » afin de pouvoir les maintenir en détention.
Deux fidèles, Melvin Cravitz et Adrian Daulby, ont été tués dans l’attaque de la synagogue. Ce dernier a été touché par un tir des forces de l’ordre qui intervenaient pour neutraliser l’assaillant.
Selon la police des polices (IOPC, Independent Office for Police Conduct), une autopsie a conclu qu’il avait été « mortellement blessé par balle ».
Trois hommes grièvement blessés sont toujours hospitalisés samedi. L’un d’eux a également été touché par un tir de la police.
La famille de Jihad Al-Shamie a condamné l’attaque contre la synagogue sur Facebook, la qualifiant d’ « acte odieux » ayant visé « des civils innocents ».
Des médias britanniques ont cependant rapporté que le père de l’assaillant s’était félicité sur les réseaux sociaux de l’attaque du 7 octobre 2023, « un miracle », en Israël, menée selon lui par « des hommes de Dieu sur Terre ».







