A Amman, Heiko Maas s’accorde à dire qu’empêcher l’annexion est une « priorité »
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A Amman, Heiko Maas s’accorde à dire qu’empêcher l’annexion est une « priorité »

Le diplomate allemand a rappelé, au cours d'une rencontre avec son homologue jordanien, que les futures négociations doivent se baser sur le droit international

Le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas (gauche) est reçu par son homologue jordanien Ayman Safadi dans la capitale jordanienne d'Amman, le 10 juin 2020.  (Photo par Ahmad SHOURA / AFP)
Le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas (gauche) est reçu par son homologue jordanien Ayman Safadi dans la capitale jordanienne d'Amman, le 10 juin 2020. (Photo par Ahmad SHOURA / AFP)

Lors d’une visite en Jordanie mercredi, le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas a déclaré que Berlin considère comme sa priorité d’empêcher l’annexion prévue par Israël de zones de la Cisjordanie.

Dans un communiqué commun avec le Premier ministre de l’Autorité palestinienne (AP) Mohammed Shtayyeh et le ministre des Affaires étrangères de la Jordanie Ayman Safadi, Maas a déclaré qu' »une annexion serait contraire au droit international et que c’est maintenant une question de priorité de l’en empêcher ».

Les ministres ont réitéré leur soutien à la solution à deux Etats au conflit israélo-palestinien et « ont réitéré que toute négociation future pour parvenir à un accord de statut final doit être basée sur le droit international et des résolutions pertinentes des Nations unies ».

Le communiqué est sorti après que Maas s’est rendu en Israël mercredi. Il a rencontré le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le ministre de la Défense Benny Gantz et le ministre des Affaires étrangères Gabi Ashkenazi pour les prévenir de l’annexion.

L’annexion israélienne s’inscrit dans le plan de paix que l’administration Trump a dévoilé en janvier, qui ouvre également la voie à l’éventuelle création d’un Etat palestinien.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a promis d’appliquer rapidement, et unilatéralement, la souveraineté israélienne sur 30 % de la Cisjordanie, conformément au plan. Même si Netanyahu souhaite aller de l’avant avec l’annexion d’ici le 1er juillet, cette démarche a entraîné une pluie de condamnations régionales et internationales.

Le Premier ministre palestinien Mohammad Shtayyeh s’exprime lors d’une conférence de presse à l’Association de la presse étrangère dans la ville cisjordanien de Ramallah, le mardi 9 juin 2020. (Abbas Momani/Pool Photo via AP)

Lors d’une visite d’une journée dans la région, Maas a rencontré son homologue jordanien à Amman alors que le Premier ministre de l’Autorité palestinienne Shtayyeh a participé via visio-conférence. Israël a empêché Maas d’aller en Cisjordanie, citant des restrictions liées au coronavirus, même si l’Etat hébreu autorise les travailleurs palestiniens à faire l’aller-retour en Israël pour travailler.

Lors d’une conférence de presse à Amman, Maas a déclaré « qu’en tant que voisin direct, la Jordanie est plus directement affectée que n’importe quel autre pays par ces évolutions » dans les prochaines semaines concernant Israël et les territoires palestiniens.

Il a aussi averti que « des décisions unilatérales de n’importe quel camp ne nous rapprocheront pas » d’une solution négociée à deux états, cela aurait un impact sur la stabilité régionale et aurait « un potentiel très grave d’escalade ».

Safadi a prévenu qu’il était « impératif… de faire cesser l’annexion parce qu’au final c’est un chemin vers un apartheid institutionnalisé de la Palestine et ce n’est donc pas une recette pour la paix ».

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S’exprimant en arabe, il a ajouté que l’annexion ne resterait « pas sans réponse de la Jordanie ».

Le mois dernier, le roi de Jordanie Abdallah II a déclaré au magasine Der Spiegel que l’annexion israélienne risquait de déclencher un « conflit » avec le pays. Des hauts responsables jordaniens ont prévenu qu’une telle mesure pourrait contraindre le royaume hachémite à revoir son traité de paix avec Israël.

Le ministre des Affaires étrangères d’Israël Gabi Ashkenazi (droite) tient une conférence de presse avec son homologue allemand Heiko Maas au siège du ministère à Jérusalem le 10 juin 2020. (MENAHEM KAHANA / AFP)

Plus tôt mercredi, en Israël, Maas s’était entretenu avec Ashkenazi et a ensuite rencontré Netanyahu et Gantz séparément. Les deux hommes ont formé un nouveau gouvernement d’unité le mois dernier

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