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A l’aube du Brexit, l’UE s’offre un musée sur son Histoire

Les expositions permanentes couvrent deux guerres mondiales, la Shoah, la Guerre Froide, et bien sûr la construction de l'Union européenne, de ses débuts à sa forme actuelle

Drapeaux européens devant le  Parlement européen à Bruxelles. Illustration. (Crédit : Francisco Antunes/CC BY/Flickr)
Drapeaux européens devant le Parlement européen à Bruxelles. Illustration. (Crédit : Francisco Antunes/CC BY/Flickr)

L’UE a inauguré jeudi à Bruxelles sa « Maison de l’Histoire européenne », un musée consacré à son passé mais qui considère déjà son avenir en intégrant au parcours du visiteur le vote sur le Brexit.

Le musée, qui a coûté 55 millions d’euros, offre une vision chronologique et transnationale de « l’intégration européenne », à l’initiative du Parlement.

Les expositions permanentes couvrent deux guerres mondiales, la Shoah, la Guerre Froide, et bien sûr la construction de l’Union européenne, de ses débuts à sa forme actuelle.

Le musée n’est pas un instrument de propagande pour les 28 Etats membres – bientôt 27- a insisté lors de l’inauguration le président du Parlement européen, Antonio Tajani.

Antonio Tajani, président du Parlement européen, à Bruxelles, le 29 avril 2017. (Crédit : Thierry Charlier/AFP)
Antonio Tajani, président du Parlement européen, à Bruxelles, le 29 avril 2017. (Crédit : Thierry Charlier/AFP)

« Ici, il n’y a pas de ligne à suivre. Il y a de nombreux messages différents, notre histoire et notre héritage sont là, nos problèmes et nos désastres aussi », a-t-il souligné lors d’une conférence de presse. « Mais en étudiant le passé, nous pouvons avoir un meilleur avenir ».

Célébrer les valeurs

Pour le président du conseil de direction du musée, Hans-Gert Pöttering, qui a précédemment tenu le perchoir du Parlement européen, l’exposition célèbre les « valeurs » européennes au moment même où le populisme et l’instabilité grandissants les remettent en question.

« En politique et particulièrement dans l’Union européenne, tout est en danger. Et si nous ne défendons par l’Union européenne, son avenir pourrait s’avérer très difficile », a-t-il avancé.

En fin d’exposition, des badges des camps du « Leave » et du « Remain » de la campagne britannique du référendum sur l’appartenance à l’UE sont affichés, encadrant un bulletin du scrutin du 23 juin.

La décision d’inclure des éléments du vote britannique de 2016 , et son résultat afférent du retrait inédit d’un état membre, a été prise par le personnel du musée sans influence extérieure, a souligné Pöttering. « Cela vous montre que l’équipe est totalement indépendante. »

David Cameron (Crédit : Flash90)
David Cameron (Crédit : Flash90)

Pöttering a qualifié au passage l’ancien Premier ministre David Cameron, à l’initiative du référendum, d’ « individu très tragique » pour « ce qu’il a fait à l’Europe et en particulier à son propre pays ».

Les objets en lien avec le Brexit se trouvent au septième et dernier niveau du musée de 4 000 m², non loin des éléments d’exposition en lien avec le Prix Nobel de la Paix reçu en 2012 par l’UE.

Le musée est gratuit pour les visiteurs. Pour s’orienter, ces derniers devront s’aider des tablettes prêtées à l’entrée, disponibles dans les 24 langues officielles de l’UE, à défaut d’étiquettes d’explications.

Le musée est installé dans un bâtiment portant le nom du fondateur de Kodak, George Eastman, qui y avait installé une clinique dentaire en 1935 dans l’enceinte du parc Léopold, au coeur du quartier européen de Bruxelles.

La collection abrite au total 1 500 objets de 300 musées européens.

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