Abbas aidera à lutter contre la loi sur l’État-nation, dit Mohammad Barakeh
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Abbas aidera à lutter contre la loi sur l’État-nation, dit Mohammad Barakeh

L'ancien député Mohammad Barakeh a indiqué qu'il se tournerait vers l'ONU et l'UE pour combattre cette législation décrite comme discriminatoire

Mohammad Barakeh en 2011, quand il était membre du parti Hadash (Crédit : Kobi Gideon / Flash90)
Mohammad Barakeh en 2011, quand il était membre du parti Hadash (Crédit : Kobi Gideon / Flash90)

Un arabe israélien a déclaré samedi avoir demandé l’aide du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas dans la bataille contre la loi sur l’Etat-nation qui a été récemment adoptée, fustigée comme étant discriminatoire envers la minorité arabe dans le pays.

« Nous amorçons une initiative internationale et nous nous tournerons vers le haut-commissaire aux droits de l’Homme de Genève, l’Union européenne de Bruxelles et l’ONU à New York, a expliqué Mohammad Barakeh, chef de longue haleine du parti de gauche Hadash qui préside actuellement la haute commission de suivi des citoyens arabes israéliens.

« J’ai rencontré ce matin [Abbas] qui nous apportera son aide pour promouvoir ce problème dans toutes les sphères », a-t-il ajouté, selon le diffuseur public Kan.

Le législateur de la Liste arabe unie Juma Azbarg, pour sa part, aurait déclaré que les députés arabes israéliens devraient présenter leur démission à la Knesset en masse en signe de protestation. Ses propos sont survenus lors de l’annonce de sa démission par l’un d’eux.

Les partisans de la loi sur l’Etat-nation, qui a été adoptée au début du mois, affirment qu’elle place les valeurs juives et démocratiques sur un pied d’égalité. Ses détracteurs rétorquent toutefois que le texte discrimine dans les faits les arabes israéliens et les autres communautés minoritaires.

La législation est devenue une loi fondamentale. Semblables à une constitution, les Lois Fondamentales étayent le système juridique d’Israël et sont plus difficiles à abroger qu’une simple loi.

La loi déclare également que Jérusalem est la capitale d’Israël, établit que le calendrier hébraïque est le calendrier officiel de l’Etat, et reconnaît Yom HaAtsmaout, Yom HaZikaron et les fêtes juives.

L’une des clauses de la loi rétrograde la langue arabe de langue officielle et lui octroie un statut « spécial », mais stipule également que « cette clause ne porte pas atteinte au statut de la langue arabe avant l’entrée en vigueur de la loi ».

Le député arabe israélien de l’Union sioniste Zoheir Bahloul annonce sa démission de la Knesset le 28 juillet 2018 pour protester contre le projet de loi sur l’Etat-nation (Capture d’écran : Hadashot news)

Samedi, le député arabe israélien Zouheir Bahloul de l’Union sioniste a annoncé qu’il démissionnait de la Knesset en signe de protestation.

Les Arabes israéliens sont les descendants des Palestiniens restés sur leurs terres à la création d’Israël en 1948. Ils représentent 17,5 % de la population israélienne, très majoritairement juive, et se disent victimes de discriminations.

La communauté druze israélienne (130 000 personnes vivant principalement dans le nord d’Israël) a par ailleurs demandé à la Cour suprême de statuer sur ce texte législatif, qui fait d’eux des « citoyens de seconde zone » selon des dirigeants druzes.

Les druzes, qui parlent l’arabe et professent une foi issue d’un islam très hétérodoxe, effectuent leur service militaire obligatoire et servent dans l’armée israélienne, contrairement aux Arabes israéliens.

Vendredi, M. Netanyahu s’est entretenu avec le leader spirituel druze cheikh Mouafak Tarif et le général en retraite Amal Assad, druze lui aussi.

Les discussions avec cette communauté vont se poursuivre, a assuré le bureau du Premier ministre.

Deux ministres israéliens ont récemment appelé à amender la loi pour tenir compte des membres de la minorité druze.

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