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Abbas : des “conséquences dangereuses” aux nouvelles constructions dans les implantations

Après l’annonce israélienne de 2 500 nouveaux logements en Cisjordanie, le président de l’AP tenterait d’obtenir un arrêt de la construction sur la scène internationale

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas pendant un rassemblement commémorant le 12e anniversaire du décès de Yasser Arafat à Ramallah, en Cisjordanie, le 10 novembre 2016. (Crédit : Abbas Momani/AFP)
Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas pendant un rassemblement commémorant le 12e anniversaire du décès de Yasser Arafat à Ramallah, en Cisjordanie, le 10 novembre 2016. (Crédit : Abbas Momani/AFP)

Le président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas a déclaré qu’il y aurait des « conséquences dangereuses » suite à l’annonce israélienne de mardi sur l’approbation de la construction de 2 500 logements dans des implantations de Cisjordanie, a annoncé jeudi matin la radio publique israélienne.

Pendant une réunion de son parti, le Fatah, à Ramallah, Abbas aurait également déclaré que les diplomates palestiniens tenteraient de mettre fin à la construction, et qu’il consultait des responsables du monde arabe et d’autres pays sur le moyen de présenter le sujet dans les institutions internationales.

Suite à l’annonce de mardi, de nombreux responsables palestiniens ont condamné cette décision, dont Hanan Ashrawi, membre du comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).

Mercredi, le Conseil de sécurité des Nations unies s’est rencontré à huis clos pour discuter de l’annonce israélienne, mais n’a pris aucune mesure.

Pendant la réunion du Conseil, le représentant américain n’a pas pris la parole, ont déclaré des diplomates.

Le Conseil de sécurité vote la résolution 2334, adoptée avec 14 voix pour, zéro contre et une abstention, celle des Etats-Unis, le 23 décembre 2016. (Crédit : Manuel Elias/Nations unies)
Le Conseil de sécurité vote la résolution 2334, adoptée avec 14 voix pour, zéro contre et une abstention, celle des Etats-Unis, le 23 décembre 2016. (Crédit : Manuel Elias/Nations unies)

La construction dans les implantations « doit être condamnée », a déclaré aux journalistes l’ambassadeur suédois, Olof Skoog.

« Nous pensons que toute action prise en violation du droit international ou de la résolution 2334 du Conseil de sécurité, quelle que soit la partie qui viole la résolution, doit être condamnée », a-t-il déclaré.

L’ambassadeur, qui préside ce mois-ci le Conseil de sécurité, a déclaré que les membres du Conseil avaient été informés de la situation, mais que personne n’avait demandé une action immédiate pendant la discussion, organisée à la demande de la Bolivie.

Riyad Mansour, l’ambassadeur palestinien, a déclaré aux journalistes que le Conseil devait assurer que ses propres résolutions étaient respectées et qu’Israël ne devait pas « s’en sortir » en construisant dans les implantations.

Il a indiqué que les Palestiniens discutaient de « toutes sortes d’idées » avec les membres du Conseil et d’autres états pour garantir que la résolution soit mise en place.

L’ambassadeur suédois a déclaré que, malgré l’absence de décision immédiate, « tous [les membres] du Conseil [qui] se sont exprimés aujourd’hui sont impatients de faire en sorte de trouver des moyens de minimiser les effets d’une mesure unilatérale. »

Deux immeubles de 24 logements en construction dans l'implantation de Beit El, près de Ramallah, en Cisjordanie, le 28 juillet 2015. (Crédit : Flash90)
Deux immeubles de 24 logements en construction dans l’implantation de Beit El, près de Ramallah, en Cisjordanie, le 28 juillet 2015. (Crédit : Flash90)

La possibilité de l’adoption d’une résolution commune du Conseil de sécurité condamnant la décision israélienne semble peu probable, puisque le président américain Donald Trump a sévèrement critiqué la décision de l’administration Obama de ne pas apposer son veto le mois dernier lors du vote de la résolution 2334. Il avait déclaré sur Twitter que « nous ne pouvons pas continuer à laisser Israël être traité avec un tel mépris et un tel manque de respect », encourageant Israël à « rester fort » jusqu’à ce qu’il arrive au pouvoir.

Mercredi, le New York Times a annoncé que Trump préparerait deux décrets présidentiels qui suspendraient le financement américain des Nations unies et d’autres institutions qui accordent une adhésion pleine et entière à l’AP ou à l’OLP.

Cette décision de la Maison Blanche coïncide avec un projet de loi présenté au Sénat par deux républicains pour arrêter le financement des Nations unies tant que la résolution 2334 ne sera pas abrogée.

Alors que l’Union européenne, les Nations unies, l’Allemagne et plusieurs autres pays ont condamné l’annonce israélienne, les Etats-Unis se sont abstenus.

Eric Cortellessa a contribué à cet article.

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