Abbas fustige le rapport officiel américain qui ne mentionne plus « d’occupation »
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Abbas fustige le rapport officiel américain qui ne mentionne plus « d’occupation »

Nabil Abu Rudeineh assure que la terminologie ne changera pas la "réalité" que la Cisjordanie, la bande de Gaza et le Golan sont des "terres sous occupation israélienne"

Nabil Abu Rudeineh, porte-parole du président de l'AP Mahmoud Abbas (Crédit : Flash90)
Nabil Abu Rudeineh, porte-parole du président de l'AP Mahmoud Abbas (Crédit : Flash90)

Mercredi, le porte-parole de l’Autorité palestinienne a vivement critiqué le rapport du département d’État américain qui ne fait pas référence à la Cisjordanie, la bande de Gaza et au plateau du Golan comme étant « occupés. »

Pour la première fois, l’administration Trump a fait référence au plateau du Golan comme étant « contrôlé par Israël » et ne mentionne plus de Cisjordanie « occupée » dans son rapport annuel sur les droits humains dans le monde publié mercredi.

« La décision américaine d’abandonner l’adjectif ‘occupé’ dans [sa référence aux] territoires palestiniens et au Golan représente la continuation de l’approche de l’administration, qui se montre hostile au peuple palestinien et en violation des résolutions de légitimation internationale, » a ainsi déclaré Nabil Abu Rudeineh dans des commentaires publiés par le site d’information officiel de l’Autorité palestinienne, Wafa.

Le rapport de l’année précédente avait déjà marqué une rupture, le titre d’une rubrique ne qualifiant plus la Cisjordanie, la bande de Gaza et le plateau du Golan d' »occupés ». Celui-ci de cette année va légèrement plus loin et ne mentionne plus le terme « occupés »  pour qualifier les trois régions sauf pour relayer des propos d’organisations tierces, telles que l’ONG pacifiste israélienne Breaking the Silence et les Nations unies.

Abu Rudeineh, qui officie également en tant que vice-Premier ministre de l’Autorité palestinienne a ajouté que la terminologie américaine « ne changera pas la réalité que les territoires palestiniens occupés depuis 1967 et le Golan arabe sont des territoires sous occupation israélienne conformément aux Nations unies et au droit international. »

L’une des façades des locaux du département d’État à Washington. (Crédit : Domaine public)

La majorité de la communauté internationale considère la Cisjordanie, la bande de Gaza et le plateau du Golan comme des territoires occupés. Israël avait saisi les territoires lors de la guerre des Six-Jours de 1967. L’État juif a abandonné toute présence permanente civile et militaire dans la bande de Gaza en 2005.

Alors que le pays a étendu le statut de résidents aux habitants druzes du plateau du Golan et aux Palestiniens de Jérusalem-Est, il ne l’a pas fait pour ceux de la Cisjordanie et de la bande de Gaza.

Malgré le changement terminologique vis-a-vis du plateau du Golan, un reponsable de l’administration a réfuté mercredi que cela équivalait à une reconnaissance de la souveraineté israélienne dans cette zone.

« Notre politique concernant le Golan n’a pas changé, » a indiqué un porte-parole de l’ambassade américaine à Jérusalem au Times of Israel.

Abu Rudeineh a également sous-entendu que la décision américaine relevait d’une volonté de Washington « de permettre à ce qui est appelé ‘l’accord du siècle’ pour liquider le peuple palestinien d’être adopté, » faisant référence à la future proposition de paix israélo-palestinienne du président Donald Trump.

Des responsablesde la Maison-Blanche ont indiqué que l’administration comptait divulguer son plan prochainement.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a fait savoir qu’il examinerait le plan de paix avec un « esprit ouvert », alors que Mahmoud Abbas a juré de ne pas le prendre en considération.

Depuis que Donald Trump a reconnu Jérusalem comme étant la capitale d’Israël en décembre 2017 et initié le transfert de son ambassade dans la ville sainte, les relations américano-palestiniennes se sont considérablement détériorées.

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