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Agression antisémite à Quimper: 8 mois de prison sous surveillance électronique, à domicile

Le différend a démarré quand la victime a passé une "musique juive" lors d’une soirée ; le prévenu a nié tout antisémitisme

Le tribunal de grande instance de Quimper. (Crédit : Ackles29 / Creative Commons 3.0)
Le tribunal de grande instance de Quimper. (Crédit : Ackles29 / Creative Commons 3.0)

Un homme âgé de 32 ans a été condamné par le tribunal de Quimper (Finistère) le 28 octobre dernier à huit mois de prison ferme pour avoir agressé un homme juif dans la même ville la semaine précédente, a rapporté le journal local Le Télégramme.

Dans la nuit du 20 au 21 octobre, l’accusé, âgé de 32 ans, accueillait chez lui une amie et un autre homme pour la soirée.

Alors qu’ils buvaient de l’alcool et écoutaient de la « musique française », chacun mettant ses morceaux préférés, l’invité, la victime, a mis une « musique juive ».

L’hôte s’est alors vivement emporté en entendant la musique, et la victime lui a signifié qu’elle était Juive et lui a montré son tatouage représentant une étoile de David. Il lui a ensuite été demandé de quitter le logement et la soirée.

Le prévenu a expliqué le 28 octobre devant la justice qu’il « n’avait rien contre les religions ». « Je n’ai pas compris les paroles. Moi, je n’ai pas mis de musique arabe », a-t-il déclaré.

« Ce n’est pas parce que l’on écoute de la musique en hébreu que l’on est Juif comme on n’est pas musulman parce que l’on écoute de la musique en arabe », a déclaré l’un des assesseurs du tribunal.

Selon la victime, le prévenu l’a « jeté hors de l’appartement » et l’a violemment frappé, de plusieurs coups de poing au visage. Il a déclaré également s’être fait insulter de « sale Juif ».

Cinq jours d’ITT lui ont été prescrits après l’agression.

Si le prévenu a reconnu quelques coups, il a nié devant le tribunal la violence décrite par la victime.

« Je me suis défendu », a-t-il dit, expliquant avoir été griffé par la victime qui aurait refusé de quitter l’appartement.

Le prévenu a également déclaré lors de son procès que l’origine du différend n’aurait rien à voir avec la judéité de la victime, mais car celle-ci aurait proposé un plan à trois à l’hôte et à la femme également présente.

« On est sur des faits assez exceptionnels et rares à Quimper. Et n’en déplaise à monsieur et à son avocate, on est clairement sur de l’antisémitisme », a indiqué le procureur, Jean-Baptiste Doubliez. Il avait ainsi requis dix mois de prison ferme avec mandat de dépôt.

« Lors de ses auditions, mon client a dit que ce n’était juste pas le lieu ni le moment de parler religion ou politique », a indiqué l’avocate de l’accusé, Me Isabelle Barraud du Chéron. Elle a ainsi accusé la victime de mentir. « Dans ce dossier, il n’y a aucune preuve que monsieur a été antisémite », a-t-elle ajouté, plaidant la relaxe de son client.

L’homme a finalement été condamné à huit mois de prison ferme. Sa détention se fait à domicile, sous surveillance électronique.

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