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AIPAC : 1 million de dollars pour une campagne contre une candidate progressiste

United Democracy Project fait campagne contre la candidate Démocrate de Pittsburgh, Summer Lee, qui assimile Israël aux Blancs qui abattent des Afro-américains

Capture d’écran de la vidéo de campagne de Summer Lee. (Capture d’écran de YouTube via la JTA)
Capture d’écran de la vidéo de campagne de Summer Lee. (Capture d’écran de YouTube via la JTA)

WASHINGTON (JTA) – Un comité d’action politique affilié à l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) va consacrer plus d’un million de dollars à sa deuxième campagne contre Summer Lee, progressiste de Pittsburgh qui a, par le passé, assimilé Israël aux Blancs qui abattent des Afro-américains.

La décision de United Democracy Project, peu de temps avant les élections de la semaine prochaine, suscite la colère des Démocrates progressistes, dont le sénateur Bernie Sanders, juif du Vermont et porte-drapeau progressiste qui s’est heurté à l’AIPAC ces dernières années.

« Les milliardaires qui financent l’AIPAC dépensent un million de dollars contre @SummerForPA parce qu’elle est du côté des travailleurs et contre la cupidité des entreprises », a déclaré Sanders mardi sur Twitter.

« Les Démocrates doivent faire front et dénoncer ce Super PAC, et faire tout leur possible pour que Summer soit élue. »

Alexandria Ocasio Cortez, la célèbre progressiste new-yorkaise de la Chambre, a également dénoncé les agissements de l’AIPAC.

L’AIPAC a répliqué : « Nous nous opposons à Summer Lee en raison de ses prises de position dangereuses sur l’alliance américano-israélienne. L’AIPAC et ses 2 millions de membres sont fiers de soutenir les candidats progressistes – et les 148 Démocrates de cette législature – qui ne remettent pas en question la solidarité avec Israël. »

Le United Democracy Project dépensera près d’un million de dollars en publicités télévisées et 80 000 dollars de plus en dépliants qui présentent Lee, Représentante de l’État, comme une « radicale » désireuse de réduire les budgets de la police.

Ni le dépliant ni la publicité télévisée ne mentionnent l’affiliation d’Israël ou de l’UDP à l’AIPAC.

L’UDP avait déjà dépensé plus de 2 millions de dollars pour empêcher Lee de remporter la primaire en mai, sans succès.

La Représentante de l’État, Summer Lee, qui brigue l’investiture du Parti démocrate pour le 12e district du Congrès américain (Pennsylvanie), s’adresse à ses partisans avant d’être publiquement soutenue par le sénateur Bernie Sanders, lors de sa campagne à Pittsburgh, en Pennsylvanie, le 12 mai 2022. (Crédit : AP/ Rebecca Droke)

On ignore la raison pour laquelle l’UDP pense que Lee, qui se présente dans un district fortement Démocrate – le 12e – serait vulnérable.

Mike Doyle, le candidat Républicain, porte le même nom que le Démocrate en retraite, dont le siège est en jeu, et il se dit que Doyle le Républicain compte sur des confusions de la part des électeurs démocrates pour l’emporter.

C’est l’unique exemple d’une intervention de l’UDP dans un duel politique opposant un Démocrate à un Républicain.

Jusqu’à présent, le super PAC – ainsi désigné parce qu’il peut dépenser des fonds illimités tant qu’il ne se coordonne pas avec une campagne – a soutenu les Démocrates qu’il considère pro-Israël contre ceux qu’il considère hostiles.

Avant l’épisode Lee, cette semaine, l’UDP avait dépensé 14 millions de dollars pour aider les Démocrates qu’il approuve et 10 millions de dollars pour miner les chances de ceux auxquels il s’oppose.

La campagne de Lee a très peu évoqué Israël.

Son site Internet de campagne ne fait aucune allusion à une déclaration de politique étrangère.

En 2021, cependant, elle a publié un tweet assimilant les revendications israéliennes en matière de légitime défense envers les Palestiniens à la façon dont la police se défend lors d’affrontements qui ont conduit à la mort d’afro-américains.

« Quand j’entends des politiciens américains reprendre le refrain ‘Israël a le droit de se défendre’, face aux atrocités indéniables commises sur une population marginalisée, je ne peux m’empêcher de penser à la façon dont l’Occident a toujours justifié la force et le pouvoir, aveugles et disproportionnés, exercée contre des [peuples] affaiblis et marginalisés », avait-elle déclaré à l’époque.

Elle avait ainsi comparé Israël à George Zimmerman, l’agent de sécurité de Floride qui, en 2012, avait abattu Trayvon Martin, un adolescent afro-américain lors d’une altercation.

Elle a depuis déclaré à la communauté juive de Pittsburgh qu’elle défendrait le statut d’Israël comme État juif, mais que sa comparaison n’était pas hors de propos.

Le vice-président américain de l’époque, Mike Pence, prend la parole lors de la conférence politique 2018 de l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) au Washington Convention Center, le 5 mars 2018, à Washington, DC (Crédit : AP Photo/Jose Luis Magana)

L’AIPAC est également sous le feu des progressistes pour l’approbation d’un autre PAC auquel il est affilié.

L’AIPAC PAC a en effet soutenu plus de 100 Républicains qui ont refusé d’approuver l’élection du président Joe Biden, le 6 janvier 2021, après la sanglante prise du Capitole par une foule manipulée par les mensonges de l’ex-président Donald Trump, prétendant qu’il avait remporté les élections.

L’AIPAC souligne que le même PAC soutient également les progressistes et que son seul critère est le soutien aux relations américano-israéliennes.

J Street, le lobby juif libéral du Moyen-Orient qui a soutenu Lee, a rapproché les attaques de l’AIPAC contre Lee de son soutien indéfectible au Représentant Clay Higgins, Républicain de Louisiane, qui a publié puis supprimé une publication sur Twitter se moquant de Paul Pelosi, le mari de la présidente de la Chambre Nancy Pelosi, hospitalisé ce week-end après la violente agression d’un homme manifestement d’extrême droite, gagné aux théories complotistes pro-Trump et antisémites.

Higgins reprenait une fausse théorie du complot anti-gay dans sa publication.

« Tout dans l’attitude de l’AIPAC atteste que rien ne compte pour eux, sinon le soutien inconditionnel à Israël », a déclaré Laura Birnbaum, directrice politique nationale de J Street.

« Ni la défense de la démocratie américaine, ni les valeurs fondamentales ou les problèmes de la majorité des Juifs américains. »

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