Akunis : Si Gantz ne vote pas le budget, nous ferons un gouvernement intérimaire
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Akunis : Si Gantz ne vote pas le budget, nous ferons un gouvernement intérimaire

Selon le ministre Likud Ofir Akunis, le leader de Kakhol lavan sera responsable si le pays doit organiser une quatrième élection en raison de l'impasse budgétaire

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) avec le ministre des Sciences Ofir Akunis (à gauche) au début de la réunion hebdomadaire du cabinet le 22 décembre 2019, au bureau du Premier ministre à Jérusalem. (Marc Israel Sellem/Pool/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) avec le ministre des Sciences Ofir Akunis (à gauche) au début de la réunion hebdomadaire du cabinet le 22 décembre 2019, au bureau du Premier ministre à Jérusalem. (Marc Israel Sellem/Pool/Flash90)

Le ministre de la Coopération régionale, Ofir Akunis, a averti lundi que si le parti Kakhol lavan ne soutenait pas un budget annuel comme le préconise son parti, le Likud, ce dernier cherchera à remplacer la coalition d’unité par un gouvernement de remplacement de 61 députés.

Ses remarques surviennent un jour après que le dirigeant de la coalition, Miki Zohar, a déclaré que le gouvernement composé du parti du Likud du Premier ministre Benjamin Netanyahu et de Kakhol lavan du ministre de la Défense Benny Gantz se dirigeait vers « un divorce ».

Le Likud est actuellement à couteaux tirés avec Kakhol lavan sur la question de savoir s’il faut adopter un budget annuel, comme le préconise Netanyahu, ou un budget sur deux ans, comme le préconise Gantz, qui est également Premier ministre d’alternance.

Dans un climat de profonde méfiance entre les deux partis, Gantz s’est engagé à ne pas faire marche arrière par rapport à sa demande de budget biennal, comme le stipule l’accord de coalition. La date limite actuelle est le 25 août. Si le budget n’est pas adopté d’ici là, des élections seront automatiquement organisées en novembre, ce qui constituerait le quatrième tour de scrutin en moins de deux ans.

Akunis a déclaré à la radio de l’armée que si le budget n’était pas adopté par le gouvernement cette semaine, son parti, le Likud, s’efforcera d’éviter de nouvelles élections en formant un nouveau gouvernement à partir de l’actuelle Knesset avant l’arrivée de la date limite du budget.

« Le Likud et moi-même ne voulons pas que la Knesset soit dissoute, mais plutôt qu’un gouvernement alternatif soit formé au sein de la 23e Knesset, » a-t-il déclaré, sans préciser comment une majorité de 61 députés de la Knesset de 120 sièges serait réunie.

Le Likud « ne va pas hésiter » dans l’impasse avec Kakhol lavan au sujet du budget, a affirmé M. Akunis.

« Tout le monde saura qui a mené Israël à une quatrième élection » si des élections sont finalement convoquées, a-t-il dit. « La faute en reviendra à Gantz. »

Plus tôt dans la journée, Netanyahu a déclaré, lors d’une réunion de sa faction du Likud à la Knesset, que le budget devait être adopté, sinon le pays devra procéder à des « coupes importantes » à un moment où il s’efforce de redonner vie à une économie paralysée par l’épidémie de coronavirus.

« Ce n’est pas le moment de faire des coupes budgétaires », a déclaré M. Netanyahu. « C’est le moment de distribuer de l’argent aux citoyens. »

En cherchant à revenir sur son accord de coalition avec Gantz et à n’adopter qu’un budget pour le reste de l’année en cours, Netanyahu a invoqué l’incertitude créée par la crise du coronavirus.

Malgré toutes les assurances d’Akunis, il semble probable que Netanyahu mise sur l’option d’un budget d’un an pour se laisser la possibilité de dissoudre le gouvernement l’année prochaine en ne validant pas le budget 2021 – la seule option, selon son accord complexe et alambiqué avec Gantz, qui est aussi Premier ministre d’alternance, lui permettant de mener le pays vers une nouvelle élection sans que Gantz ne devienne automatiquement Premier ministre dans l’intérim entre eux.

Le gouvernement d’unité, formé après trois élections successives sans résultat concluant et finalement intronisé le 17 mai, a depuis été secoué par des manœuvres de blocage entre le Likud et Kakhol lavan.

Dimanche, Zohar a déclaré à la chaîne publique Kan, « qu’il y a un fossé croissant entre nous et Kakhol lavan sur de nombreux sujets à un niveau idéologique ».

« C’est comme un couple qui veut divorcer et qu’à tout moment » les procédures pour mettre un terme au mariage peuvent commencer, a-t-il dit. « C’est le sentiment en ce moment : peu importe ce que nous faisons, cela va s’arrêter entre nous et Kakhol lavan. »

Le ministre de l’Intérieur, Aryeh Deri, du parti Shas, qui a aidé à négocier l’accord de coalition Netanyahu-Gantz, a déclaré lundi soir que « le peuple ne nous pardonnerait pas » si les luttes intestines de la coalition conduisent à une nouvelle élection.

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