Allemagne: une ex-télégraphiste d’Auschwitz renvoyée devant la justice des mineurs
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Allemagne: une ex-télégraphiste d’Auschwitz renvoyée devant la justice des mineurs

L'ancienne nazie âgée aujourd'hui de 91 ans avait moins de 21 ans à l'époque des faits

Les restes du Crematorium 1 bombardé à Auschwitz-Birkenau, détruit par les nazis avant la marche de la mort (Crédit : Amanda Borschel-Dan/The Times of Israel)
Les restes du Crematorium 1 bombardé à Auschwitz-Birkenau, détruit par les nazis avant la marche de la mort (Crédit : Amanda Borschel-Dan/The Times of Israel)

Une ancienne télégraphiste d’Auschwitz, âgée de 91 ans, a été renvoyée devant la justice des mineurs allemande pour « complicité » dans l’extermination d’au moins 260 000 Juifs en 1944, a annoncé lundi le parquet cité par l’agence allemande DPA.

Le tribunal de Kiel devrait décider l’an prochain de la tenue d’un procès, qui dépend du sérieux des charges mais aussi de l’état de santé de l’accusée, obstacle fréquent aux poursuites contre d’anciens nazis, a précisé le procureur général Heinz Döllel.

L’ancienne nazie relève de la justice des mineurs parce qu’elle avait moins de 21 ans à l’époque des faits.

La condamnation cet été à quatre ans de prison d’Oskar Gröning, ancien comptable d’Auschwitz qui avait demandé « pardon » à 94 ans, était apparue comme le possible point final d’une longue histoire judiciaire, malgré la volonté allemande de juger jusqu’au dernier les criminels du IIIe Reich.

Le parquet de Kiel n’a pas communiqué l’identité de l’ex-télégraphiste, membre d’un corps spécifiquement féminin destiné à assister les SS des camps de concentration, précisant seulement qu’elle était poursuivie pour la période d’avril à juillet 1944.

Ces trois mois correspondent notamment à l’extermination massive des Juifs hongrois, à un rythme que jamais les chambres à gaz d’Auschwitz-Birkenau n’avaient atteint auparavant. Oskar Gröning avait lui aussi dû répondre de son rôle dans « l’Opération Hongrie ».

Un autre ancien gardien d’Auschwitz mis en accusation cet été devant le tribunal de Hanau (ouest), à 92 ans, relève de la justice des mineurs.

Hans Lipschis, engagé volontaire dans les Waffen SS en 1942, attend lui aussi la décision sur un éventuel procès. On lui reproche sa « complicité » dans le gazage d’au moins 1 075 déportés dès leur arrivée dans le camp emblématique de la Shoah, alors situé en Pologne occupée.

Les accusations concernant Lipschis concernent deux convois venus de Berlin et de Westerbork (Pays-Bas) et un troisième parti du camp français de Drancy le 23 juin 1943, dans lequel figurait notamment l’ancien patron de la CGT Henri Krasucki. Les proches des victimes peuvent encore se constituer parties civiles.

Ces procédures tardives illustrent la sévérité accrue de la justice allemande à l’égard des derniers nazis encore vivants, depuis la condamnation en 2011 de John Demjanjuk, ex-gardien de Sobibor, à cinq ans de prison: sa seule présence au sein du camp avait suffi pour le juger complice de meurtres, sans preuve d’actes plus précis.

Selon le patron de l’office fédéral chargé d’enquêter sur les crimes nazis, une dizaine d’enquêtes sur d’anciens gardes de camps de la mort sont toujours en cours, même si « beaucoup ont dû être abandonnées » en raison du décès ou de l’état physique des suspects.

Quelque 1,1 million de personnes, dont un million de Juifs, ont péri entre 1940 et 1945 à Auschwitz-Birkenau, libéré par les troupes soviétiques fin janvier 1945.

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