Alors que l’épidémie de coronavirus se propage, la cote de Netanyahu faiblit
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Alors que l’épidémie de coronavirus se propage, la cote de Netanyahu faiblit

Le Premier ministre a déçu plus de gens qu'il n'en a satisfait dans sa gestion de la crise sanitaire, mais son bloc serait toujours en mesure de remporter d'éventuelles élections

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu préside la réunion hebdomadaire du cabinet à Jérusalem, le 28 juin 2020. (RONEN ZVULUN / POOL / AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu préside la réunion hebdomadaire du cabinet à Jérusalem, le 28 juin 2020. (RONEN ZVULUN / POOL / AFP)

La cote de popularité du Premier ministre Benjamin Netanyahu a tellement baissé que le nombre de personnes se disant insatisfaites de sa gestion de l’épidémie de coronavirus a dépassé celui des Israéliens satisfaits,  selon un sondage de la Douzième chaîne publié lundi.

Seulement 46 % des personnes ayant participé à l’enquête se sont déclarées satisfaites de la manière dont le Premier ministre dirige le pays dans la crise du virus, tandis que 49 % se sont déclarées mécontentes de sa performance.

A titre de comparaison, un sondage réalisé au début du mois avait donné à Netanyahu 56 % de soutien et 36 % d’insatisfaction. Au début du mois de mai, avant le récent pic d’infections virales, un sondage montrait que 74 % des personnes soutenaient la gestion de l’épidémie par le Premier ministre, tandis que 23 % seulement disaient le contraire.

Il y a un glissement similaire dans l’approbation de la gestion de Netanyahu de la crise financière causée par le virus. Le chômage à son apogée a atteint plus de 25 %, avec un million d’Israéliens sans emploi ; plus de 800 000 sont toujours sans activité. D’innombrables secteurs ont manifesté leur colère en affirmant que le gouvernement n’en faisait pas assez pour les aider à surmonter ces temps difficiles, et se sont indignés de la mauvaise orientation présumée de l’aide financière et de la complexité bureaucratique de l’obtention de cette aide.

Des travailleurs indépendants et des responsables de jardins d’enfants participent à un rassemblement pour réclamer le soutien financier du gouvernement israélien à Jérusalem, le 19 avril 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

L’enquête de la Douzième chaîne a révélé que 33 % des personnes interrogées pensent que Netanyahu gère la situation financière de manière satisfaisante ; début mai, ce chiffre était de 53 %.

En revanche, 62 % se disent aujourd’hui insatisfaits de la manière dont il gère la crise, contre 43 % début mai.

Comme les infections virales ont grimpé en flèche, avec près de 1 000 nouveaux cas par jour récemment, le gouvernement a réimposé certaines restrictions sur le nombre de personnes pouvant assister aux rassemblements publics, mais s’est jusqu’à présent abstenu d’ordonner un nouveau confinement.

Dans l’ensemble, 59 % des personnes interrogées ont déclaré ne pas avoir confiance dans la manière dont le gouvernement gère l’épidémie, tandis que 37 % ont répondu que les décideurs agissaient bien.

Parmi ceux qui se sont identifiés comme étant de droite, 50 % ont déclaré faire confiance à la politique du gouvernement en la matière, tandis que
15 % ne lui font pas confiance.

Parmi ceux qui se sont identifiés comme étant de gauche, 82 % ont dit ne pas faire confiance à la gestion de l’épidémie par le gouvernement.

Malgré la baisse des chiffres d’approbation, Netanyahu et son parti, le Likud, remporteraient facilement les élections, si elles étaient organisées aujourd’hui.

Une élection donnerait au Likud 37 sièges, selon les prévisions du sondage – en baisse par rapport à un précédent sondage qui indiquait 40 sièges – mais toujours un siège de plus que les 36 sièges actuels.

Les autres grands partis seraient loin derrière, avec 15 sièges pour la Liste arabe unie, à prédominance arabe, et le même nombre pour l’alliance Yesh Atid-Telem, qui perdrait deux de ses sièges actuels.

Le parti Kakhol lavan, qui était le principal challenger du Likud lors des précédentes élections, perdrait 11 sièges, soit trois de moins que les 14 qu’il détient actuellement.

Le chef du parti Yamina Naftali Bennett lors d’une conférence de presse à Jérusalem, le 14 mai 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Le parti nationaliste Yamina, dirigé par Naftali Bennett, qui critique ouvertement la réponse du gouvernement à la crise, passerait de six à onze sièges, le parti ultra-orthodoxe Shas gagnerait un siège pour en avoir neuf, le laïc Yisrael Beytenu gagnerait un siège pour passer de sept à huit, et Yahadout HaTorah, autre parti ultra-orthodoxe, resterait à sept sièges.

Le parti de gauche Meretz ferait plus que doubler sa représentation, passant de trois à sept sièges.

Quatre partis actuellement représentés à la Knesset ne franchiraient pas le seuil d’éligibilité parlementaire, Gesher, Derech Eretz, HaBayit HaYehudi et le Parti travailliste, en pleine déliquescence après avoir été pendant des décennies le principal parti de centre-gauche.

Les résultats ont montré qu’une élection donnerait à un bloc de droite / ultra-orthodoxe à la Knesset dirigé par Netanyahu 64 sièges sur un total de 120. Les partis de centre-gauche ainsi que la Liste arabe unie auraient 48 sièges, tandis qu’Yisrael Beytenu, avec huit sièges, n’aurait pas assez pour faire pencher la balance.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (Droite) et le ministre de la Défense Benny Gantz participent à la réunion hebdomadaire du cabinet à Jérusalem le 7 juin 2020. (Photo par MENAHEM KAHANA / AFP)

Le gouvernement d’unité israélien a été formé après trois élections peu concluantes en un an et demi, au cours desquelles le bloc de droite de Netanyahu et le bloc de centre-gauche concurrent dirigé par Benny Gantz (Kakhol lavan) n’ont pas réussi à franchir le minimum de 60 sièges pour obtenir une majorité.

Le sondage de lundi a été réalisé pour la Douzième chaîne par le sondeur Manu Geva. Aucune marge d’erreur n’a été donnée et la chaîne ne précise pas la taille de l’échantillon interrogé.

Lundi soir, le ministère de la Santé a publié de nouveaux chiffres faisant état de 962 nouvelles infections au cours des 24 heures précédentes. Le ministre de la Santé, Yuli Edelstein, a déclaré que les nouvelles restrictions approuvées plus tôt dans la journée visaient à éviter un confinement national dans la semaine ou les deux semaines à venir.

Le décompte porte le nombre total de cas confirmés à 30 749. Le ministère de la Santé a également annoncé quatre nouveaux décès, ce qui porte le nombre de décès à 338.

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