Alyah et démographie en Israël – ces indicateurs à ne pas négliger
Alors que l'anti-sionisme se confond de plus en plus avec l'antisémitisme, la situation dramatique au sein de l'État juif pose de nouveaux défis pour les candidats à l'immigration

Cet édito a été envoyé mercredi après-midi aux membres de la communauté du Times of Israël. Si vous souhaitez recevoir ces éditos dès leur publication, rejoignez notre communauté en cliquant ici.
« Les autorités australiennes, qui ont qualifié l’attentat ‘d’antisémite’ et de ‘terroriste’, ont déclaré que l’attaque visait à semer la panique parmi les Juifs du pays, mais n’ont donné jusqu’à présent que peu de détails sur les motivations profondes des assaillants. » Voici comment l’agence France Presse (AFP) parle – trois jours après les faits, soit le 17 décembre – de la tuerie menée à Bondi Beach qui visait un allumage de bougies lors de la fête juive de Hanoukka, faisant 15 morts et des dizaines de blessés.
Et si vous copiez-collez ce passage sur Google, vous le retrouverez partout… Inqualifiable. Impensable et pourtant.
Mais il n’y a pas que des agences presse ou des groupes de presse comme la BBC qui n’arrivent pas ou refusent tout simplement de voir la réalité en face.
« Je suis ici ce soir pour dire, haut et fort, que l’obscurité n’aura pas le dernier mot, » a déclaré le rabbin Yehoram Ulman lors d’une cérémonie d’hommages aux victimes, parmi lesquelles figure son gendre Eli Schlanger. Pour accomplir cette promesse : « la décision quotidienne de faire reculer l’obscurité – une flamme à la fois. »
Mais les hanoukkiot ont continué d’être vandalisées et des mezouzot sont arrachées des frontons de porte à Toronto.
Récemment, un tribunal a été jusqu’à estimer que l’intoxication d’une famille juive de Levallois-Perret par la nourrice qui s’occupait des trois enfants et qui affirmait l’avoir fait « parce qu’ils ont de l’argent et le pouvoir, je n’aurais jamais dû travailler pour une Juive », ne relevait pas de l’antisémitisme… Inqualifiable. Impensable et pourtant.
Les remparts s’effondrent, de plus en plus de démocrates américains tournent le dos à l’État hébreu, la droite en est presque réduite à des podcasteurs qui multiplient les théories du complot et pour couronner le tout un maire ouvertement anti-Israël, qui a fièrement appelé à « mondialiser l’Intifada », est désormais à la tête de New York, – le deuxième foyer juif au monde après Israël. Inqualifiable. Impensable et pourtant.
Les juifs sont des « sionistes », des « zio » à fuir à tout prix. Et certains Juifs eux-mêmes se précipitent sur les réseaux sociaux pour dire qu’ils ne sont pas « sionistes », qu’ils détestent le « génocidaire » Benjamin Netanyahu et/ou l’armée israélienne, au choix.
« We will dance again » ? Quand au juste ?
À croire qu’aucune leçon n’a été tirée : les Israéliens continuent d’être ciblés à l’étranger. Ils ne peuvent ni organiser de festival pour danser en Thaïlande, ni descendre d’un bateau à quai au port d’Agios Nikolaos, sur l’île de Crète.
En Allemagne, Anne Frank se voit flanquée d’un keffieh dans le cadre d’une exposition pour le moins controversée.
En Espagne, hormis les nombreuses sanctions à l’encontre d’Israël et un gouvernement farouchement opposé à l’État juif, on crée maintenant « une carte collaborative de l’économie sioniste de Barcelone. »
En Savoie, une touriste a hurlé à des Juifs venus skier de se faire discret « surtout après ce qui s’est passé en Australie ». À l’aéroport de Roissy, un enfant juif jouant à une console est sommé de danser « pour libérer la Palestine » tout en se faisant traiter de « cochon ». En Saône-et-Loire, Grégory Violland, 20 ans, a jugé bon de faire un salut nazi devant le panneau de la commune baptisée Juif, voyant dans son geste « un côté ironique »… Inqualifiable. Impensable et pourtant.
Et l’on s’étonne du bond de 45 % dans les chiffres de l’alyah en provenance de France. Je m’attendais à plus – pas vous ?
Or, si tout le monde a évoqué la hausse de l’immigration en Israël en provenance de certains pays occidentaux, Israël n’attire plus comme il le faisait auparavant et ce, malgré les nombreux efforts déployés par le ministre Ofir Sofer.
De plus, un nouveau rapport du Centre Taub révèle que le taux de croissance démographique d’Israël devrait passer sous la barre des 1 % pour la première fois de son histoire cette année, pour s’établir à 0,9 %.
L’étude indique que le taux de croissance est déjà tombé deux fois sous la barre des 1,5 % dans l’histoire d’Israël, à chaque fois au début des années 1980.
Selon le même rapport, ce taux de croissance exceptionnellement bas de cette année est principalement dû au solde migratoire d’Israël, les données montrant que le nombre de personnes quittant le pays est supérieur à celui des personnes qui y arrivent.
En 2024, 82 700 Israéliens ont quitté le pays, soit environ 50 000 de plus que le nombre d’immigrants arrivés en Israël, et cette tendance devrait se poursuivre, ont noté les démographes.
Les taux de natalité, historiquement élevés en Israël par rapport aux pays occidentaux, sont restés stables, tandis que le taux de mortalité augmente lentement, selon le rapport Taub.
Si vous ajoutez à cela la fuite des cerveaux, un coût de la vie exorbitant et une situation politique catastrophique dans laquelle un gouvernement est – uniquement – focalisé sur sa survie au lieu de répondre aux besoins légitimes et plus qu’urgents de son armée, de son système judiciaire et de ses citoyens, dont 32 % ont dit avoir besoin d’un soutien psychologique – cette tendance devrait vraiment se poursuivre.
Alors que les premiers immigrants [« olim » en hébreu] en Israël en 2026 venaient d’Australie, les familles des victimes de la tuerie à Bondi Beach ont récemment appelé leur Premier ministre Anthony Albanese (qui pense que l’attentat relève d’un problème de loi liée aux armes à feu) à former une commission royale fédérale pour enquêter sur « la montée rapide de l’antisémitisme » dans le pays connu pour être une terre d’accueil pour les Juifs depuis la fin du 19e siècle – mais pas depuis le 7-Octobre.
Dix-sept familles lui enjoignent ainsi « d’établir immédiatement une Commission royale du Commonwealth sur la montée rapide de l’antisémitisme en Australie » et d’examiner « les défaillances des forces de l’ordre, du renseignement et de la politique qui ont conduit au massacre de Bondi Beach ».
En Australie, les commissions royales sont des comités d’enquête publique de haut niveau disposant de larges pouvoirs pour traiter des affaires de corruption, de pédocriminalité ou de protection de l’Environnement.
« Vous nous devez des réponses. Vous nous devez des comptes. Et vous devez la vérité aux Australiens », ont écrit ces familles, rappelant que la montée de l’antisémitisme représentait une « crise nationale » et une « menace persistante ».
Une demande ô combien justifiée et qui en rappelle une autre : en Israël, le Premier ministre refuse catégoriquement de créer une commission digne de ce nom pour enquêter sur les défaillances impardonnables qui ont conduit au pogrom du 7-Octobre, tuant plus de 1 200 personnes et kidnappant 251 autres – le pire massacre de Juifs depuis la Shoah.
Inqualifiable. Impensable et pourtant.
—-
Mise à jour :
Jeudi (vers 8 heure du matin en Israël), Anthony Albanese a indiqué que l’Australie allait finalement établir une commission royale d’enquête fédérale sur la tuerie.
« J’ai répété à plusieurs reprises que la priorité de notre gouvernement est de promouvoir l’unité et la cohésion sociale. C’est ce dont l’Australie a besoin pour guérir », a-t-il déclaré aux journalistes en annonçant cette commission d’enquête.
ÉDITION LIMITÉE : Rejoignez la communauté du Times of Israël pour seulement 6 euros par mois et recevez un sac fourre-tout exclusif Times of Israël orné d’un oiseau emblématique d’Israël.
Choisissez entre le Doukhifat (huppe, orange), oiseau national d’Israël, et le Shaldag (martin-pêcheur, bleu), symbole emblématique de la faune israélienne.
En vous abonnant aujourd’hui, vous profiterez d’une lecture sans publicité, ainsi que d’un accès à des contenus en avant-première, incluant éditos, reportages et interviews.







