Amende requise contre Ramadan pour avoir révélé le nom d’une de ses accusatrices
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Amende requise contre Ramadan pour avoir révélé le nom d’une de ses accusatrices

Il est reproché à Tariq Ramadan d'avoir enfreint la loi qui interdit de "diffuser des renseignements sur l'identité d'une victime d'une atteinte sexuelle" sans son accord écrit

Sur cette photo prise le 26 mars 2016, l'islamologue suisse Tariq Ramadan participe à une conférence sur le thème "Vivre ensemble" à Bordeaux. (Crédit : AFP / MEHDI FEDOUACH)
Sur cette photo prise le 26 mars 2016, l'islamologue suisse Tariq Ramadan participe à une conférence sur le thème "Vivre ensemble" à Bordeaux. (Crédit : AFP / MEHDI FEDOUACH)

Une amende de 4 000 euros ferme a été requise mercredi à l’encontre de Tariq Ramadan pour avoir diffusé, dans un livre et à la télévision, l’identité de l’une des femmes qui l’accusent de viol. 

Le véritable nom de celle qui se présente dans les médias comme « Christelle », et qui accuse M. Ramadan de l’avoir violée dans une chambre d’hôtel à Lyon en 2009, est cité 84 fois dans le livre de l’islamologue suisse Devoir de vérité, sorti en septembre dernier. 

M. Ramadan, mis en examen pour quatre viols qu’il conteste, y raconte sa version de l’affaire qui lui a valu de passer dix mois en détention provisoire. Il a aussi prononcé le véritable nom de « Christelle » à deux reprises lors d’un entretien à BFMTV.

Il lui est reproché d’avoir enfreint la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, qui interdit de « diffuser des renseignements concernant l’identité d’une victime d’une agression ou d’une atteinte sexuelle » sans son accord écrit.

Une loi faite pour protéger de la « vindicte et du harcèlement », rappelle le procureur dans ses réquisitions. « La langue de M. Ramadan n’a pas fourché, il s’agit d’une décision délibérée de révéler l’identité de la victime », que M. Ramadan qualifie de « menteuse, manipulatrice, et responsable de l’ensemble des déboires (qu’il) connaît ». Il a demandé 8 000 euros d’amende, dont la moitié avec sursis, pour M. Ramadan, et 12 000 euros d’amende pour son éditeur, Les Presses du Châtelet.

Devant le tribunal, Tariq Ramadan, costume noir et masque en tissu coloré sur le visage, a expliqué comment il avait d’abord décidé de « garder le silence » après les premières plaintes de ses accusatrices, en octobre 2017, malgré le « lynchage médiatique » qu’il disait subir.

Puis quelques mois plus tard, a-t-il continué, le nom de « Christelle » est cité dans la presse et sur internet. « Son nom est partout, sa photo… Elle s’est elle-même exposée. »

« Le nom est apparu des millions de fois, avant que je ne l’écrive 84 fois », s’est-il énervé. 

À la barre, « Christelle », qui avait en vain tenté de faire interdire la sortie du livre, a affirmé que la divulgation de son nom était « la pierre angulaire du harcèlement » qu’elle subissait, selon elle, de la part des soutiens de M. Ramadan. 

« Je ne sors plus (…), ma boîte aux lettres est fracturée, je n’ai plus d’interphone, ils l’ont cassé à force de sonner dessus à toute heure », a-t-elle dit d’une voix entrecoupée de sanglots, parlant aussi des messages – « Pends toi, suicide toi » – qu’elle recevait « toute la journée ». 

La décision sera rendue le 6 novembre.

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