Appelant à l’action, Herzog qualifie le crime organisé de « terrorisme civil »
Rechercher

Appelant à l’action, Herzog qualifie le crime organisé de « terrorisme civil »

Evoquant la série de meurtres au sein de la communauté arabe israélienne, le président a déclaré que la situation constitue une "urgence nationale" qui menace chaque citoyen

Le président Isaac Herzog lors de l'ouverture de la dixième conférence annuelle de l'Association du barreau israélien à Tel Aviv, le 2 septembre 2021. (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO.)
Le président Isaac Herzog lors de l'ouverture de la dixième conférence annuelle de l'Association du barreau israélien à Tel Aviv, le 2 septembre 2021. (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO.)

Le président Isaac Herzog a déclaré jeudi que la violence meurtrière de la pègre criminelle est une urgence nationale et une forme de « terrorisme » qui menace l’ensemble du pays et nécessite une action immédiate.

S’exprimant à l’ouverture de la 10e conférence annuelle de l’Association du barreau israélien à l’hôtel Dan Intercontinental de Tel Aviv, Herzog a notamment relevé la vague de meurtres dans la communauté arabe israélienne.

« Je suis depuis longtemps, et surtout depuis quelques semaines et quelques jours, avec étonnement, appréhension et horreur, la terrible vague de meurtres qui s’abat sur notre pays en général et sur la société arabe en particulier », a déclaré le président, précisant que plus de 100 meurtres ont été commis dans le pays depuis septembre dernier.

« Je sens que notre tendance à utiliser des termes qui minimisent la situation, tels que ‘familles du crime’, ‘conflits inter-clans’ et même ‘crimes d’honneur familiaux’ – pour décrire des meurtres qui n’ont rien à voir avec l’honneur, ni avec la famille – nous rend difficile de mener cette guerre », a-t-il dit. « Et je souhaite donc insister : cette situation n’est ni ésotérique ni périphérique. Il s’agit d’un terrorisme civil, à toutes fins utiles.

« Ce terrorisme est une menace pour nous tous. Il n’existe pas de vide de gouvernance, ni de vide de souveraineté. Partout où nous ne sommes pas présents, en tant qu’État, en tant qu’autorités dirigeantes, le crime prend le dessus », a-t-il déclaré. « Il s’agit d’une urgence nationale. Nous ne pouvons pas continuer à vivre comme ça. »

La présidente de la Cour suprême, Esther Hayut, le commissaire de la police israélienne, Yaakov Shabtai, le ministre de la Justice, Gideon Saar, le procureur général, Avichai Mandelblit, et le chef du barreau israélien, Avi Himi, étaient présents à la conférence.

Mardi, la police a annoncé le lancement d’une nouvelle unité d’infiltration chargée de s’attaquer aux crimes violents dans la communauté arabe israélienne. L’unité Sinaï réunira 45 agents qui se glisseront dans les lieux sensibles de la communauté arabe dans tout le pays, pour combattre le crime organisé.

Les villes arabes ont connu une recrudescence de la violence ces dernières années, le crime organisé étant considéré comme le principal moteur.

Les Arabes israéliens, de leur côté, mettent en cause la police, qui, selon eux, ne s’attaque pas aux puissantes organisations criminelles et détourne largement le regard face à ces violences – querelles familiales, guerres de gangs ou violences faites aux femmes.

Selon un rapport de la Knesset de 2020, quelque 400 000 armes illégales circulent en Israël, essentiellement dans les communautés arabes.

Le commissaire de police Kobi Shabtai a convoqué dimanche une réunion d’urgence sur la violence après que quatre Arabes israéliens ont été tués en l’espace de 48 heures.

Le mois dernier, le Premier ministre Naftali Bennett a déclaré que la violence et la criminalité dans les communautés arabes israéliennes constituaient une « calamité nationale », alors qu’il rencontrait de hauts responsables du gouvernement et de la police pour formuler un plan national de lutte contre ce problème.

Shabtai avait demandé l’aide de l’agence de sécurité du Shin Bet dans cette lutte contre le crime dans les communautés arabes israéliennes mais cette requête a été rejetée par le procureur-général et par le Shin Bet lui-même, qui ont estimé qu’une telle mission ne relevait pas de ses compétences.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...