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Après des semaines à l’hôpital, la fillette blessée par l’attaque iranienne s’exprime

Amina Hassouna, 7 ans, originaire d'un village bédouin prend la parole face caméra quelques heures avant sa 4e opération, alors que sa famille dénonce des ordres de démolition répétés

Amina Hassouna, 7 ans, la fillette bédouine blessée lors de l'attaque de drones et de missiles en provenance d'Iran le 14 avril, à l'hôpital Soroka, à Beer Sheva, en mai 2024. (Crédit : Autorisation)
Amina Hassouna, 7 ans, la fillette bédouine blessée lors de l'attaque de drones et de missiles en provenance d'Iran le 14 avril, à l'hôpital Soroka, à Beer Sheva, en mai 2024. (Crédit : Autorisation)

Une fillette bédouine âgée de 7 ans, gravement blessée lors de l’attaque massive de missiles iraniens à la mi-avril, s’est exprimée la semaine dernière devant une caméra de télévision, sa première apparition publique depuis son hospitalisation.

Une équipe de la chaîne publique Kann a rendu visite à Amina Hassouna à l’hôpital Soroka, à Beer Sheva et lui a posé quelques questions simples en arabe, telles que : « Quel âge as-tu ? » « Où es-tu maintenant ? » et « Quel est le nom de ton instituteur ? »

En réponse, Amina a faiblement prononcé quelques mots, et a également été filmée en train d’interagir avec un clown soignant et de souffler des bulles de savon.

Dans un entretien téléphonique avec le Times of Israel, son père Muhammad Hassouna a déclaré qu’Amina était sortie du coma deux semaines après l’attaque et qu’elle avait commencé à parler quelques jours plus tard. Jeudi, un jour après son apparition à la télévision, elle a subi sa quatrième intervention chirurgicale, une procédure qui a duré dix heures.

Elle ne s’est pas encore réveillée, a déclaré son père, mais elle respire par elle-même et les médecins disent que ce n’est qu’une question de jours avant qu’elle ne reprenne conscience. Ils ne peuvent pas encore prédire quand elle sortira de l’hôpital, a-t-il ajouté.

Amina, originaire du village bédouin non reconnu d’al-Fura, situé à proximité d’Arad, a été grièvement blessée par des éclats d’un missile balistique intercepté qui est tombé directement sur la maison de sa famille lors de l’assaut iranien dans la nuit du 13 au 14 avril.

L’Iran a lancé plus de 500 projectiles – drones, roquettes et missiles -, dont la quasi-totalité a été interceptée par Israël et ses alliés, dans le cadre de sa toute première attaque directe contre l’État hébreu.

Amina a été la seule victime sérieuse de cette attaque.

Muhammad Hassouna montrant un trou dans le toit d’un bâtiment causé par un projectile qui a blessé sa fille de 7 ans, Amina, dans leur village bédouin, non reconnu par les autorités israéliennes, dans le sud du désert du Néguev, le 14 avril 2024. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

À l’instar de nombreux villages bédouins non reconnus de la région, al-Fura ne dispose pas d’abris anti-atomiques qui auraient pu protéger la fillette. Dix jours après l’attaque, le village a reçu ses deux premiers abris grâce à un don privé, l’un placé devant la maison des Hassouna, l’autre dans une zone publique accessible à tous les habitants.

La dernière intervention chirurgicale d’Amina a eu lieu à la suite d’un autre événement tragique pour la famille. Muhammad a volontairement brûlé son étable à chameaux, qui faisait l’objet d’un ordre de démolition, pour éviter de payer une lourde amende de 30 000 shekels.

La maison familiale faisait également l’objet d’un ordre de démolition, qui a été annulé au début du mois de mai à la suite des réactions des médias.

Les villages bédouins non reconnus font régulièrement l’objet d’ordres de démolition car ils sont construits sans permis. Cependant, beaucoup d’entre eux existent sur les mêmes parcelles de terre depuis des générations, quelques fois après avoir été expulsés d’autres régions par les autorités israéliennes.

Il est pratiquement impossible d’obtenir des permis de construire pour les communautés bédouines et leurs dirigeants accusent régulièrement l’État de pratiques discriminatoires et de négligence.

L’étable à chameaux de la famille bédouine Hassouna en feu après que le chef de famille Muhammad l’a incendiée à la suite d’un ordre de démolition, 29 mai 2024. (Crédit : Autorisation)

La décision dramatique du père de famille de mettre le feu à l’étable a été prise alors qu’il se trouvait à l’hôpital avec sa fille la veille de son opération, selon un récit publié par le Conseil régional des villages non reconnus du Néguev (RCUV).

Selon le RCUV, Muhammad a reçu un appel téléphonique de l’un de ses fils qui lui a dit qu’un ordre de démolition avait été placé sur un poteau en bois dans la cour de la maison familiale. À cette nouvelle, ses nerfs ont lâché.

Il s’est précipité chez lui, a relâché les animaux et a mis le feu à son étable. Il n’a pas pris le temps de lire l’avis accroché au poteau, qui indiquait qu’en réalité, l’ordre de démolition avait été suspendu jusqu’au 30 août.

Dans son entretien avec le Times of Israel, Muhammad a déclaré qu’après avoir mis le feu à la structure, il s’est évanoui et a été conduit en ambulance à Soroka, l’hôpital où se trouvait sa fille Amina, quelques heures avant son opération.

Il s’est dit très peiné par la perte qu’il s’est infligée d’un bien familial précieux et par la menace d’amendes supplémentaires. « Les chameaux se promènent maintenant librement autour de la maison. Si l’un d’eux s’aventure sur la route et provoque un accident, ou s’introduit dans un village voisin, je vais avoir des ennuis. Chaque jour, je dois contraindre l’un de mes enfants à rester à la maison pour qu’il s’occupe des chameaux. Je n’ai nulle part où les mettre. »

« Le fait qu’Amina se trouve à l’hôpital ne les intéresse pas », a-t-il regretté. « Les autorités israéliennes font ce qu’elles veulent. Elles entrent chez nous sans prévenir, ne m’appellent pas, ne me parlent pas. Elles sont venues ici trois fois, sans jamais m’appeler à l’avance. »

Il a également déclaré au RCUV que la chambre dans laquelle Amina a été touchée par les éclats de roquettes n’est plus occupée, car ses autres enfants refusent d’y dormir. Il a envisagé de la démolir et de la reconstruire, mais il hésite par crainte d’un nouvel ordre de démolition.

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