Après le silence de Netanyahu à l’ONU, les groupes juifs réagissent calmement
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Après le silence de Netanyahu à l’ONU, les groupes juifs réagissent calmement

Les réactions en demi teinte au discours se concentrent sur les ouvertures vers la paix plutôt que sur la menace iranienne

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu à l'Assemblée générale des Nations unies le jeudi 1er octobre 2015 (Crédit : Capture d'écran YouTube)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu à l'Assemblée générale des Nations unies le jeudi 1er octobre 2015 (Crédit : Capture d'écran YouTube)

NEW YORK – Le discours du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à l’Organisation des Nations unies jeudi après-midi a été marqué par une pause dramatique, une réprimande au silence de l’organisme international face aux menaces iraniennes qui ont cours contre Israël.

Mais si le silence de Netanyahu était le point culminant théâtral de la journée, le second moment de calme relatif était également inhabituel, avec de nombreux groupes basés aux Etats-Unis qui ont proposé des réactions en sourdine au discours.

Les compliments qu’il a reçu cette année se sont concentrés sur le contraste entre les appels de Netanyahu à des négociations avec le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, et le discours combatif d’Abbas prononcé un jour plus tôt, plutôt que sur les points de son discours abordant les dangers d’un Iran nucléaire.

Après son allocution de l’an dernier à l’organisme international, pendant laquelle Netanyahu a pesté contre la menace d’un Iran nucléaire pendant que les diplomates tentait de forger un accord, de nombreux grands groupes juifs américains ont rapidement publié des déclarations inondant d’éloges le Premier ministre pour sa rhétorique.

Quelques groupes juifs se sont montrés en effet enthousiastes pour le cru 2015 de Netanyahu.

Le Congrès juif mondial (WJC), par exemple, « a salué l’appel du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lancé à l’Organisation des Nations unies pour que les Palestiniens reviennent à la table des négociations et a salué les propos de Netanyahu sur la coopération entre Israël et les Etats arabes contre l’islamisme radical.

« Le Premier ministre Netanyahu a pris aujourd’hui une position importante à l’ONU pour la paix au Moyen-Orient, en appelant les Palestiniens à revenir immédiatement et sans conditions préalables à la table de négociation tout en réaffirmant l’engagement ferme d’Israël envers une solution à deux Etats au conflit israélo-palestinien », a déclaré le président du WJC, Ronald S. Lauder, dans un communiqué publié jeudi après le discours du Premier ministre.

Capture d’écran Ronald Lauder (Crédit : France 2)
Capture d’écran Ronald Lauder (Crédit : France 2)

« C’est Israël, un petit îlot de démocratie et de stabilité au Moyen-Orient, qui se tient debout pour le monde libre en travaillant avec les pays arabes modérés pour affronter les forces islamiques radicales telles que l’EI sur les lignes de front de la terreur », a poursuivi Lauder, paraphrasant les arguments de la fin du discours de Netanyahu.

Les autres réponses étaient plus lentes à venir et moins grandioses dans leur enthousiasme – s’il y en a eu.

En 2014, le chef de l’Anti-Defamation League (ADL) de l’époque, Abraham Foxman, et son président national, Barry Curtiss-Lesher, avaient publié un long communiqué plein d’enthousiasme au sujet du discours de Netanyahu, dans lequel ils ont salué l’allocution qu’ils avaient considérée comme « un catalogue sans fard et qui donne à réfléchir sur les défis de l’islam militant et la poursuite de la primauté mondiale, de l’hypocrisie du Conseil des droits de l’Homme des Nations unies et les dangers de laisser l’Iran arriver au seuil de la capacité de fabriquer des armes nucléaires ».

Jeudi, l’ADL n’a pas publié de communiqué de presse sur le discours mais répondant aux demandes d’une réponse, il a émis une déclaration relativement brève du directeur national Jonathan A. Greenblatt.

« Le Premier ministre Netanyahu était clair et direct dans son affirmation de l’engagement israélien pour des négociations, la réconciliation et d’une solution à deux Etats, ainsi que son engagement à maintenir le status quo sur les lieux saints communs à Jérusalem », a-t-il écrit. « Il était important de rappeler ces messages à la communauté internationale – en particulier après les demi-vérités, les négations et les excuses du discours du président Abbas mercredi ».

Le communiqué ne mentionne pas la longue partie de l’allocution de Netanyahu sur les dangers d’un Iran nucléaire, malgré le fait que l’ADL avait pris le parti de Netanyahu dans son opposition à l’accord nucléaire signé entre l’Iran et les P5 + 1 conclu en juillet dernier.

Greenblatt était, cependant, présent en personne à l’Assemblée générale pendant le discours de Netanyahu jeudi continuant de marcher dans les pas de son prédécesseur, Foxman, qui était un participant fréquent de l’événement annuel et qui était également présent cette année.

En pleine bataille contre les négociations avec l’Iran l’année dernière, l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) avait également publié un communiqué retentissant d’approbation en 2014 peu de temps après la fin du discours de Netanyahu à l’ONU. Cette année, cependant, l’organisation n’a publié aucune déclaration. Au lieu d’une réponse organisationnelle, l’AIPAC a tweeté en live un certain nombre de citations clés du discours.

L’American Jewish Committee (AJC) a maintenu les normes de sa réponse de l’année précédente, en publiant une longue déclaration dans laquelle l’organisation a « accueilli … le message clair et convaincant de Netanyahu aux dirigeants du monde à propos de la menace de l’Iran sur la sécurité mondiale, l’engagement d’Israël à parvenir à la paix avec les Palestiniens, et à mettre fin à l’obsession de l’ONU à dénigrer Israël ».

« Si les dirigeants du monde réunis lors de l’Assemblée générale de l’ONU faisaient une pause et absorbaient ce que dit le Premier ministre Netanyahu, sur le potentiel de contrer collectivement et de manière constructive les menaces communes, ce serait énorme », a écrit le directeur exécutif de l’AJC, David Harris, dans sa déclaration, qui a pour l’essentiel résumé et cité les principaux arguments du Premier ministre.

Dans le même temps, les réactions d’un grand nombre de détracteurs fréquents de Netanyahu étaient également en sourdine. Ni JStreet ou Americans for Peace now [Les Américains pour la Paix Maintenant] n’ont pas publié de réponse immédiate au discours.

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