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Arabie : levée de certaines restrictions imposées aux femmes

Les Saoudiennes n'ont plus besoin d'obtenir le consentement d'un tuteur pour leurs démarches auprès des différents services publics

Des femmes saoudiennes à l'entrée d'un centre commercial, le 7 novembre 2013. Illustration. (Crédit : Fayez Nureldine/AFP)
Des femmes saoudiennes à l'entrée d'un centre commercial, le 7 novembre 2013. Illustration. (Crédit : Fayez Nureldine/AFP)

Les Saoudiennes n’ont plus besoin de l’accord d’un tuteur pour les démarches administratives en vertu d’un décret royal, a rapporté vendredi la presse locale.

Des militantes des droits de l’Homme se sont félicitées du décret mais attendent de voir comment il va être appliqué et regrettent qu’il n’aille pas assez loin.

L’Arabie saoudite, grand pays du Golfe qui applique strictement la loi islamique, impose de nombreuses restrictions aux femmes.

C’est notamment le seul pays du monde à interdire aux femmes de conduire et celles-ci ont besoin de l’accord d’un tuteur comme le père, le mari ou le frère pour faire des études ou des voyages à l’étranger, pour lesquels elles ont par exemple besoin d’un passeport.

Mais selon le quotidien anglophone Arab News, un décret du roi Salmane stipule que les femmes n’ont plus besoin d’obtenir le consentement d’un tuteur pour leurs démarches auprès des différents services publics « à moins qu’il y ait une justification légale pour cette demande » en vertu de la loi islamique.

Ces services dépendant de l’état ont été informés de cette directive, selon le journal.

D’autres médias, dont le journal en ligne arabophone Sabq, proche des autorités, ont fait également état de ce décret.

Nassima al-Sadah, militante des droits des femmes, à Qatif, en Arabie saoudite, le 26 novembre 2015. (Crédit : STR/AFP)
Nassima al-Sadah, militante des droits des femmes, à Qatif, en Arabie saoudite, le 26 novembre 2015. (Crédit : STR/AFP)

Nassima al-Sadah, militante basée à Qatif, ne croit pas que le gouvernement va mettre totalement fin au système de tutelle, comme dans le cas d’un voyage à l’étranger où la femme doit être accompagnée d’un tuteur.

« Peut-être qu’il va le réduire », a-t-elle dit.

Sahar Hassan Nassif, militante des droits de la femme à Jeddah, sur la mer Rouge, s’est félicitée de la décision royale, tout en estimant qu’il était encore difficile de savoir ce qui allait changer en vertu du décret.

« Nous voulons davantage. Nous avons toujours besoin de nous débarrasser complètement du tuteur », a-t-elle ajouté à l’AFP.

En 2016, des milliers de Saoudiens avaient signé une pétition appelant à la fin du système de tutelle, réclamant que les femmes soient traitées comme « des citoyens à part entière ».

A l’issue d’une visite en janvier dernier dans la royaume, un expert de l’ONU spécialisé dans les droits de l’Homme, Philip Alston, avait estimé que le système de tutelle entravait la capacité des femmes de travailler et de voyager et devait « être réformé ».

Même si le gouvernement ne réclame plus la permission d’un tuteur pour laisser les femmes travailler, Human Rights Watch a indiqué récemment dans rapport que de nombreux employeurs dans le privé demandaient toujours leur consentement.

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