Arrestation d’un membre du Hezbollah qui attendait l’ordre de tirer sur Israël
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Arrestation d’un membre du Hezbollah qui attendait l’ordre de tirer sur Israël

Le suspect, arrêté par les rebelles, reconnaît avoir lancé des roquettes l'année dernière ; 11 soldats d'Assad tués dans un attentat à la bombe dans un bus dans le sud de la Syrie

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Un membre du Hezbollah dans un champ proche de Naqura, à la frontière libano-israélienne, le 20 avril 2017. (Crédit : Joseph Eid/AFP)
Un membre du Hezbollah dans un champ proche de Naqura, à la frontière libano-israélienne, le 20 avril 2017. (Crédit : Joseph Eid/AFP)

Les forces d’opposition dans le sud de la Syrie ont arrêté un certain nombre de membres présumés du Hezbollah au cours de la semaine dernière, dont un homme qui a dit qu’il attendait des ordres pour tirer des roquettes sur Israël, a déclaré un commandant rebelle au Times of Israel tard dimanche soir.

Les informations sur les arrestations sont arrivées alors que les responsables de la Défense ont averti que l’Iran, par l’intermédiaire de ses mandataires, prévoyait apparemment de mener une attaque au missile contre des bases militaires dans le nord d’Israël en représailles à un certain nombre de frappes aériennes contre des cibles iraniennes en Syrie, qui ont été attribuées à Israël.

« Israël a récemment repéré avec certitude les préparatifs iraniens pour tirer sur le nord », a rapporté dimanche la Dixième chaîne israélienne. « Nous ne sommes pas à la veille de la guerre avec l’Iran… mais l’Iran est très déterminé à mener une attaque » pour venger la frappe T-4 et la mort de son personnel militaire, a-t-elle précisé.

Il n’était pas encore établi si les arrestations des membres présumés du Hezbollah dans le sud de la Syrie étaient directement liées aux avertissements des responsables de la défense israéliens concernant l’imminence d’une frappe iranienne. Alors que les suspects seraient en possession de missiles Grad relativement simples, les responsables de la défense israélienne se sont dits préoccupés par les attaques des missiles Fateh-110 de plus longue portée, plus lourds et beaucoup plus avancés.

Selon le rebelle syrien, qui se nomme Abu Muhammad al-Akhtubut al-Asmar, littéralement « Abu Muhammad la pieuvre noire », les huit suspects – sept hommes et une femme – ont été arrêtés au cours des dernières semaines.

Dans ce qui semble être un incident sans rapport, les médias arabes ont rapporté dimanche que 11 membres des forces de défense aérienne du régime syrien ont été tués lorsque leur bus a explosé au moyen d’un engin explosif artisanal dans la ville d’As-Suwayda, dans le sud de la Syrie.

Les soldats auraient servi dans le 150e Régiment de l’armée syrienne, l’une des unités qui a tiré sur des avions de combat israéliens lors d’une bataille aérienne le 10 février, après qu’un drone iranien, portant des explosifs, a pénétré dans l’espace aérien israélien.

Les informations ne précisaient pas qui était soupçonné d’être à l’origine de l’attaque.

Marwan Awad al-Jubor, membre présumé du Hezbollah syrien, qui a été arrêté par les rebelles syriens et a avoué avoir lancé des roquettes sur Israël et attendre l’ordre de le faire à nouveau le 1er mai 2018. (Capture d’écran, YouTube)

L’un des suspects arrêtés par les rebelles syriens a déclaré dans des aveux filmés, en arabe, qu’il possédait quatre roquettes Grad d’une portée de 40 kilomètres (25 miles) et qu’il attendait des instructions pour pouvoir les tirer.

En plus des projets d’attaque contre Israël, les suspects arrêtés ce week-end étaient soupçonnés d’être à l’origine de plusieurs tentatives d’assassinat contre des commandants rebelles dans le sud de la Syrie, a déclaré « la pieuvre », dans une série de SMS adressés au Times of Israel.

Ils ont été arrêtés dans la région de Quneitra, près de la frontière avec Israël.

Les nouvelles des arrestations ont été publiées pour la première fois dimanche soir dans le journal syrien Zaman Al Wasl, qui est généralement considéré comme soutenant les forces de l’opposition.

« Ils avaient du poison, des engins explosifs artisanaux et des pistolets avec silencieux pour commettre les assassinats et des roquettes Grad à tirer pour créer des troubles dans la région », a précisé al-Akhtubut.

Téhéran a promis de se venger après que la base militaire T-4 en Syrie a été frappée lors d’un raid aérien le 9 avril, tuant au moins sept membres du Corps des Gardiens de la Révolution iranienne. La frappe a été largement attribuée à Israël, bien que Jérusalem ait refusé de commenter. À la fin du mois dernier, une deuxième frappe, prétendument menée par Israël, contre une base contrôlée par l’Iran dans le nord de la Syrie aurait tué plus de deux douzaines de soldats iraniens.

Dimanche, tous les bulletins d’information israéliens du soir ont rapporté que l’armée et les services de renseignement israéliens avaient repéré les tentatives de l’Iran en Syrie pour exercer des représailles, utilisant son Corps des Gardiens de la révolution islamique et les milices chiites locales pour lancer des missiles guidés de précision, probablement sur des cibles militaires israéliennes dans le nord du pays.

Dans ses aveux, le suspect qui a déclaré attendre les ordres pour attaquer Israël a également reconnu avoir déjà tiré des roquettes sur l’État juif l’année dernière.

L’homme s’est identifié comme étant Marwan Awad al-Jubor, 43 ans, originaire de la ville de Jassim, dans le sud de la Syrie.

Il a dit aux interrogateurs qu’il a rejoint le Hezbollah en 2014 et a reçu une formation sur le lancement de fusées Grad.

Selon le témoignage d’al-Jubor, il y a environ « six ou sept mois », il a tiré deux roquettes sur Israël. Cela semble faire référence à une attaque à la roquette depuis la Syrie qui a frappé le plateau du Golan en octobre, dont le ministre de la Défense Avigdor Liberman a déclaré à l’époque qu’elle avait été ordonnée par le Hezbollah. Cela n’a pas été confirmé par l’armée israélienne.

Une roquette Grad tirée depuis la bande de Gaza (Crédit / Jorge Novominsky/Flash90/File)

Toutefois, dans ce cas, l’armée a déclaré que quatre roquettes – et non deux – avaient été tirées. La raison de cette disparité demeure floue.

Al-Jubor a déclaré à ses interrogateurs que le 4 avril – avant une prétendue attaque aérienne israélienne contre la base aérienne T-4 contrôlée par l’Iran dans le centre de la Syrie – il a reçu l’ordre de se procurer 10 roquettes Grad dans un entrepôt à As-Suwayda, la même ville où 11 soldats de la défense aérienne de l’armée syrienne ont été tués dans un apparent attentat à la bombe dans un bus dimanche.

Toutefois, a précisé M. al-Jubor, sa voiture ne pouvait contenir que quatre fusées à la fois. Quand il est revenu quelques jours plus tard pour prendre le reste, il a eu des ennuis et il est rentré chez lui.

Le 27 avril, il a été arrêté par le conseil militaire local. Ses aveux ont été filmés quelques jours plus tard. Les sept autres arrestations ont eu lieu au cours du week-end, selon le journal Zaman Al Wasl.

« La pieuvre » a déclaré que les rebelles avaient des pistes sur d’autres membres présumés du Hezbollah et étaient susceptibles de procéder à d’autres arrestations au fur et à mesure qu’ils seraient identifiés.

Les services de sécurité israéliens estiment que l’Iran cherche à exercer ses représailles de manière à éviter une guerre totale avec Israël, et qu’il ciblera donc probablement des sites militaires, et non civils, selon les médias israéliens, qui n’ont fait mention d’aucune source particulière.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu préside la réunion hebdomadaire de cabinet à Jérusalem, le 6 mai 2018 (Crédit : AFP PHOTO / POOL / JIM HOLLANDER

Aucune instruction particulière n’a été donnée aux résidents du nord d’Israël. En effet, il aurait été dit aux chefs des conseils locaux du nord de demander à la population de ne pas prendre de précautions particulières et de continuer à vivre comme d’habitude.

Israël s’efforce de prévenir ou de contrer une telle attaque, mais se prépare aussi à la possibilité que les Iraniens « réussissent à frapper une base au nord avec des missiles », a rapporté la Dixième chaîne. L’armée israélienne menace de frapper toutes les cibles iraniennes en Syrie si Téhéran lance une attaque sur le territoire israélien, selon le reportage télévisé.

En quête de pressions russes sur l’Iran, le Premier ministre Benjamin Netanyahu est prêt à présenter les informations sur les préparatifs de Téhéran pour frapper Israël au président russe Vladimir Poutine lors de leur réunion mercredi à Moscou, selon les rapports.

Plus tôt dimanche, Netanyahu a déclaré que si Israël ne souhaite pas une escalade militaire avec l’Iran, s’il doit y avoir un combat, il préférerait que ce soit maintenant, et non plus tard.

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