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Arrestations, exécutions : l’Iran muscle la répression en temps de guerre – ONG

Des militants exhortent Washington à placer les droits humains au centre des discussions avec Téhéran

Illustration : Exécution par pendaison, en Iran. (Crédit : Arash Khamooshi/ISNA/AFP)
Illustration : Exécution par pendaison, en Iran. (Crédit : Arash Khamooshi/ISNA/AFP)

Avec des centaines d’arrestations et des exécutions, l’Iran a intensifié la répression pendant le cessez-le-feu avec Israël et les États-Unis, selon des militants, qui exhortent Washington à placer les droits humains au centre des discussions avec Téhéran.

« La libération immédiate de tous les prisonniers politiques arrêtés avant ou après le déclenchement de la guerre doit être une condition centrale à tout accord avec la République islamique », affirme Mahmood Amiry-Moghaddam, directeur de l’ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège.

Des négociations devaient reprendre au Pakistan mais elles ont été repoussées sine die par le président américain Donald Trump après le refus de Téhéran d’y participer.

Le cessez-le-feu, entré en vigueur le 8 avril pour deux semaines et prolongé jusqu’à nouvel ordre par Donald Trump, ne s’est pas traduite par un répit dans la répression en Iran : selon l’ONG IHR, au moins 3 646 personnes ont été arrêtées depuis le début de la guerre, dont au moins 767 pendant le cessez-le-feu.

Elles sont accusées entre autres d’espionnage, de transmission d’images ou de coordonnées de sites sensibles à des médias basés à l’étranger ou encore de possession d’équipement internet Starlink, interdit en Iran, selon cette source.

L’accès à internet est en outre largement restreint, l’ONG de surveillance de la cybersécurité NetBlocks comptabilisant 53 jours de « black-out », du jamais vu à l’échelle d’un pays tout entier.

Pas « d’indulgence »

Mardi, les autorités ont exécuté un huitième homme en lien avec les manifestations de janvier 2026, dont la répression a résulté dans la mort de milliers de personnes, selon plusieurs organisations de défense des droits humains.

Amir Ali Mirjafari était accusé d’avoir incendié la grande mosquée de Gholhak, un quartier de Téhéran, et d’avoir travaillé avec les services de renseignements israéliens, selon le site Mizan, organe du pouvoir judiciaire.

Depuis mi-mars, huit membres du groupe d’opposition des Moudjahidine du peuple (MEK) interdit en Iran ont aussi été pendus.

L’organisation IHR alerte sur une possible hausse des exécutions, « des centaines de manifestants étant actuellement sous le coup de poursuites passibles de la peine de mort et au moins 30 ayant déjà été condamnés à mort ».

Une photo d’archive non datée, publiée le 1ᵉʳ juillet 2021 sur le site officiel du guide suprême iranien, montrant le nouveau chef du pouvoir judiciaire iranien, Gholamhossein Mohseni-Ejei. (Crédit : KHAMENEI.IR/AFP)

Le chef du pouvoir judiciaire iranien, Gholamhossein Mohseni Ejeï, qui a ordonné des procès expéditifs pour les personnes arrêtées lors du mouvement de contestation, a averti que les personnes jugées coupables de « coopération avec un agresseur hostile » seraient traitées « sans indulgence ».

« Aucun scrupule »

Le président américain Donald Trump a en outre évoqué mardi le sort de huit femmes qui seraient menacées d’exécution.

« Trump a une fois de plus été induit en erreur par de fausses informations », a réagi le site Mizan. « Parmi les femmes présentées comme étant sur le point d’être exécutées, certaines ont été libérées, tandis que d’autres font l’objet de poursuites susceptibles d’entraîner tout au plus une peine de prison ».

Des photographies de huit femmes non identifiées ont été publiées.

IHR et l’ONG Ensemble contre la peine de mort (ECPM) ont indiqué la semaine dernière que l’Iran avait exécuté en 2025 au moins 48 femmes, un record depuis plus de 20 ans.

Parmi les dizaines de militants arrêtés depuis le début de la guerre, figure l’avocate spécialisée dans les droits humains Nasrin Sotoudeh, ancienne lauréate du prix Sakharov, détenue depuis le 2 avril dans un lieu inconnu.

Sa fille, Mehraveh Khandan, a écrit samedi sur Instagram qu’elle avait pu lui parler au téléphone pour la première fois.

« La République islamique a montré en janvier qu’elle n’avait aucun scrupule à tuer des manifestants à grande échelle », a dénoncé Roya Boroumand, cofondatrice du Centre Abdorrahman Boroumand, basé aux États-Unis.

« Dans ce contexte, le silence, dans les négociations en cours, sur le sort des Iraniens ne peut que rassurer le régime sur le fait que le coût politique d’une nouvelle répression massive sera faible », a-t-elle regretté.

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