Aryeh Deri pourra-t-il siéger au gouvernement ?
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Aryeh Deri pourra-t-il siéger au gouvernement ?

Le procureur d'État a l'intention d'inculper le ministre de l'Intérieur et chef du parti Shas pour des faits de corruption, ce qui l'empêcherait d'être ministre

Aryeh Deri, le chef du parti Shas, accueille des militants alors que les résultats des élections israéliennes sont annoncées au quartier général du parti à Jérusalem, le 9 avril 2019. (Flash90)
Aryeh Deri, le chef du parti Shas, accueille des militants alors que les résultats des élections israéliennes sont annoncées au quartier général du parti à Jérusalem, le 9 avril 2019. (Flash90)

Malgré le succès du parti ultra-orthodoxe Shas aux élections de mardi, le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri pourrait ne pas pouvoir siéger dans le prochain gouvernement, selon un article publié mercredi.

Shai Nitzan, le procureur d’État, devrait en effet engager des poursuites contre Aryeh Deri en lien avec une affaire de corruption après les fêtes de Pâques, ce qui forcerait le ministre à céder ce poste ministériel, a annoncé le site d’information Ynet.

Avichai Mandelblit, le procureur général, devrait bientôt clarifier les implications juridiques au Premier ministre Benjamin Netanyau, notait l’article. Le chef du parti Shas a fait part de son intérêt pour le poste de ministre de l’Intérieur dans le prochain gouvernement.

En novembre 2018, la police a recommandé de poursuivre Aryeh Deri pour des soupçons de fraude, d’abus de confiance, d’entrave à une procédure de justice, de blanchiment d’argent et de fraude fiscale à hauteur de plusieurs millions de shekels. Certains faits se seraient produits alors qu’il était en poste au gouvernement.

Alors que Benjamin Netanyahu est également visé par une enquête criminelle, le statut juridique d’Aryeh Deri serait différent de celui du Premier ministre, même si les deux hommes devaient être mis en examen. La loi israélienne stipule que si un Premier ministre peut rester en fonction jusqu’à une éventuelle condamnation pour un crime, un ministre doit, lui, quitter son poste immédiatement après une inculpation.

Un employé imprime des affiches de la campagne électorale du parti politique Shas montrant une photo du Premier ministre Benjamin Netanyahu et du chef du parti Shas et ministre de l’Intérieur Aryeh Deri, dans l’entreprise d’impression Maxi Media à Canaan du centre d’Israël le 7 mars 2019 (Yossi Zeliger/Flash90)

Maintenant que le gouvernement est en cours de formation, le procureur général doit prévenir le Premier ministre que le statut légal de son ministre est sur le point de changer, a annoncé l’article.

Aryeh Deri est suspecté d’avoir détourné des centaines de milliers de shekels de fonds publics au profit d’ONG dirigées par des membres de sa famille proche. Il est aussi soupçonné dans une affaire de fraude fiscale liée à la vente des appartements de son frère.

La police a déclaré que l’enquête avait permis de trouver des preuves « qu’il a commis des délits de fraude et d’abus de confiance en relation avec son rôle en tant qu’homme d’affaires alors qu’il était ministre. Il serait aussi coupable de délits fiscaux portant sur des millions de shekels, de blanchiment d’argent, d’entrave à la justice et de fausses déclarations au président de la Knesset sur ses biens et ses revenus ».

Le ministre sortant a purgé une peine de 22 mois de prison entre 2000 et 2002, après avoir été reconnu coupable d’avoir accepté des pots-de-vin en tant que ministre de l’Intérieur dans les années 1990.

Il a repris la tête du parti Shas peu après les élections de 2015, remplaçant ainsi Eli Yishai. Il est revenu à son poste de ministre de l’Intérieur en 2016, après qu’un tribunal a statué que son ancienne condamnation ne l’empêchait pas d’occuper cette fonction.

Malgré des tensions avec Benjamin Netanyahu lors de la campagne électorale, Shas a fait savoir qu’il allait le recommander pour le poste de Premier ministre. Aryeh Deri a indiqué qu’il souhaitait rester à son poste au ministère de l’Intérieur.

Le parti Shas a créé la surprise lors de ces élections, remportant huit sièges, ce qui en fait le troisième parti le plus important à la Knesset.

Jeudi après-midi, les chefs des partis Shas, YaHadout HaTorah, Koulanou et l’Union des partis de droite ont tous dit qu’ils recommanderaient Benjamin Netanyahu pour former un gouvernement. Pourtant, avec le Likud, ils auraient seulement 60 sièges, il leur manquerait donc un siège pour obtenir une majorité.

Mercredi, l’ancien ministre de la Défense Avidgor Liberman, dont le parti Yisrael Beytenu a remporté cinq sièges selon les résultats quasi-définitifs, a exclu de rejoindre une coalition menée par Benny Gantz, mais il a dit qu’il n’était pas sûr de faire équipe avec Benjamin Netanyahu.

Ce dernier est suspecté dans trois affaires criminelles, surnommées par la police affaires 1 000, 2 000 et 4 000, dans lesquelles les enquêteurs ont recommandé des inculpations pour corruption. Le procureur général a annoncé en février qu’il avait l’intention d’inculper Benjamin Netanyahu dans les trois affaires, avant une audience, qui devrait avoir lieu d’ici juillet. L’intéressé, lui, nie toute malversation.

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