Assassinat Hariri : la perpétuité requise pour un membre du Hezbollah
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Assassinat Hariri : la perpétuité requise pour un membre du Hezbollah

Le chef du Hezbollah a prévenu que son organisation ne remettrait aucun des accusés au tribunal

Rafic Hariri, ancien Premier ministre libanais assassiné par le Hezbollah en 2005. (Crédit : domaine public/Département de la Défense américain)
Rafic Hariri, ancien Premier ministre libanais assassiné par le Hezbollah en 2005. (Crédit : domaine public/Département de la Défense américain)

Les juges du Tribunal spécial pour le Liban (TSL) ont requis mardi la prison à perpétuité pour le membre présumé du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah condamné par contumace pour l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri en 2005.

Au bout de six ans de procès, Salim Ayyash, 56 ans, avait été condamné le 18 août par le TSL siégeant aux Pays-Bas pour son rôle dans l’attentat-suicide à Beyrouth au cours duquel le milliardaire sunnite Rafic Hariri avait été tué.

Les juges ont écouté mardi les arguments du procureur, des victimes et de la défense au sujet de la peine à laquelle Ayyash devrait être condamné, et le verdict doit être annoncé à une date ultérieure.

« La peine la plus sévère applicable pour le tribunal est la prison à vie, et dans le réquisitoire du procureur, c’était la seule sentence juste et proportionnée », a déclaré le magistrat Nigel Povoas au tribunal.

« Pourquoi la prison à vie ? Ce sont des crimes d’une gravité extrême, il est difficile d’imaginer des crimes de ce type plus graves. C’est considéré comme la plus sérieuse attaque terroriste qui se soit produite sur le sol libanais », a-t-il ajouté.

Les juges débattent également de la saisie des avoirs de Ayyash.

La condamnation de Salim Ayyash repose entièrement sur l’utilisation de téléphones mobiles pour organiser l’attentat-suicide à Beyrouth qui avait tué Rafic Hariri et 21 autres personnes.

Le secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah prononce un discours après l’explosion mortelle à Beyrouth, le vendredi 7 août 2020. (Crédit : capture d’écran al-Manar)

Mais les chances que Ayyash soit un jour remis à la justice internationale sont quasi inexistantes, d’autant que le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah a lui-même prévenu par le passé que son organisation ne remettrait aucun des accusés au tribunal.

Le tribunal avait acquitté en août trois autres membres présumés du Hezbollah – Hassan Merhi, Hussein Oneissi et Assad Sabra – en raison de l’insuffisance des preuves pesant contre ces trois hommes.

Moustafa Badreddine, le principal suspect décrit comme le « cerveau » de l’attentat par les enquêteurs, est mort en 2016 et n’a donc pas été jugé.

Les juges avaient en outre estimé qu’il n’y avait aucune preuve permettant d’établir un lien direct entre l’attentat et le Hezbollah pro-iranien ou le régime syrien, contre lequel Rafic Hariri s’était retourné en rejoignant l’opposition à la tutelle syrienne sur le pays.

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