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Attentat rue des Rosiers : 3 mandats d’arrêts internationaux

Les trois hommes, dont l'un vit à Ramallah, sont soupçonnés d'avoir participé à l'attentat rue des Rosiers qui avait fait 6 morts en 1982

La rue des rosiers, dans le Marais, à Paris. (Crédit : Aschaf/Andrea Schaffer/Flickr/CC BY SA 2.0/Wikimedia communs)
La rue des rosiers, dans le Marais, à Paris. (Crédit : Aschaf/Andrea Schaffer/Flickr/CC BY SA 2.0/Wikimedia communs)

L’enquête sur un attentat qui avait fait six morts en 1982 dans un quartier juif de Paris a rebondi 32 ans après les faits, avec la délivrance de mandats d’arrêt internationaux contre trois suspects.

Cette décision du juge d’instruction français Marc Trévidic, moins de deux mois après une attaque contre un magasin casher de Paris (quatre morts), a été saluée comme « un message fort lancé à tous les terroristes » par la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra). Elle sera cependant difficile à mettre en oeuvre, deux des trois suspects de l’attentat se trouvant au Proche-Orient.

Des mandats d’arrêt internationaux ont été délivrés en février contre trois hommes soupçonnés d’avoir participé à un attentat rue des Rosiers, dans un quartier juif de Paris, qui avait fait six morts en 1982, a annoncé à l’AFP une source judiciaire.

Ces trois suspects, qui vivent à Ramallah, en Jordanie et en Norvège, ont été identifiés dans le cadre de l’enquête aujourd’hui menée par le juge d’instruction antiterroriste parisien Marc Trévidic, selon la même source.

Le 9 août 1982 à la mi-journée, une grenade avait été jetée dans un célèbre restaurant de la rue des Rosiers, Jo Goldenberg, explosant au milieu d’une cinquantaine de clients. Deux tueurs étaient ensuite entrés dans l’établissement, en ouvrant le feu.

Composé de trois à cinq hommes armés, selon une source proche du dossier, le commando avait ensuite remonté la rue, vidant en direction des passants les chargeurs de leurs pistolets-mitrailleurs WZ-63, de fabrication polonaise.

Bilan de cette attaque qui aura duré trois minutes: six morts et 22 blessés. L’opération avait été attribuée à un groupe palestinien dissident de l’OLP, le Fatah-Conseil révolutionnaire d’Abou Nidal.

Dans cette enquête très ancienne, ce sont des témoignages anonymes qui ont permis l’identification des trois suspects, des anciens du groupe d’Abou Nidal, après un travail de longue haleine d’un enquêteur de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), a indiqué mercredi à l’AFP une source judiciaire.

Deux des trois hommes sont soupçonnés d’avoir fait partie du commando, a précisé la source. Il s’agit de Mahmoud Khader Abed Adra alias « Hicham Harb », 59 ans, qui vit aujourd’hui à Ramallah, en Cisjordanie, et de Walid Abdulrahman Abou Zayed, alias « Souhail Othman », 56 ans, qui vit en Norvège.

Le troisième est Souhair Mouhamad Hassan Khalid al-Abassi, alias « Amjar Atta », 62 ans. Cet homme installé en Jordanie est soupçonné d’avoir supervisé l’attaque. Il était le numéro 3 du « comité des opérations spéciales » du Fatah-CR, un comité dirigé par « Abou Nizar », le bras droit d' »Abou Nidal ».

‘On fera tout pour les arrêter’

Le 20 février, le juge antiterroriste Marc Trévidic, qui avait récupéré cette enquête instruite auparavant par un autre juge, Jean-Louis Bruguière, a délivré trois mandats d’arrêt à diffusion internationale contre ces hommes.

« Il s’agit d’un message extrêmement fort lancé à tous les terroristes, à tous ces assassins, qui montre que plus de trente ans après, on fera tout pour les arrêter, on fera tout pour les juger », a déclaré à l’AFP Me Alain Jakubowicz, président de la Licra, partie civile dans le dossier.

« On dit aux victimes qu’on ne les a pas oubliées et qu’on fera tout pour que justice soit rendue », a-t-il ajouté, en précisant que le juge réunirait lundi les parties civiles dans cette affaire.

« La question de l’exécution de ces mandats d’arrêt est très délicate », a cependant relevé l’avocat.

L’enquête avait longtemps piétiné sans connaître d’avancée notable, hormis la découverte d’une des armes de l’attentat dans un bosquet du bois de Boulogne, à Paris.

En 1982, la France résonnait déjà des soubresauts du conflit au Proche-orient, des luttes opposant Israéliens contre Arabes, ou Arabes contre Arabes. Deux ans plus tôt, quatre personnes avaient trouvé la mort dans un attentat devant une synagogue rue Copernic. L’auteur présumé de cet attentat, le Libano-Canadien Hassan Diab, a finalement été mis en examen et écroué en novembre après son extradition du Canada.

Le dernier attentat antisémite en France remonte au 9 janvier, quand un jihadiste français a tué quatre personnes dans un magasin casher de Paris. Cette attaque, précédée deux jours plus tôt par celle contre le journal satirique Charlie Hebdo (12 morts), a conduit le gouvernement à prendre d’importantes mesures de sécurité dont le déploiement de plus de 10.000 militaires.

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