Attentats de Bruxelles : ce que l’on sait sur les attaques de mardi
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Attentats de Bruxelles : ce que l’on sait sur les attaques de mardi

Les enquêteurs ont établi qu'au moins quatre hommes étaient directement impliqués, dont trois sont morts et l'un est en fuite

Une victime reçoit les premiers soins par les secouriste, le 22 mars 2016 à proximité de la station de métro Maelbeek à Bruxelles, après une explosion dans cette station qui se situe à proximité des institutions européennes (Crédit : AFP PHOTO / EMMANUEL DUNAND)
Une victime reçoit les premiers soins par les secouriste, le 22 mars 2016 à proximité de la station de métro Maelbeek à Bruxelles, après une explosion dans cette station qui se situe à proximité des institutions européennes (Crédit : AFP PHOTO / EMMANUEL DUNAND)

Il reste des zones d’ombre à éclaircir après les attentats de Bruxelles, revendiqués par l’Etat islamique. Mais les enquêteurs ont déjà établi qu’au moins quatre hommes étaient directement impliqués, dont trois sont morts et l’un est en fuite.

Comment s’est déroulée l’attaque à l’aéroport ?

C’est à l’aéroport international de Bruxelles-Zaventem qu’a eu lieu la première explosion, à précisément 7h58, suivie d’une deuxième explosion une dizaine de secondes plus tard, également dans le hall des départs, a expliqué mercredi le parquet fédéral belge.

A cette heure de grande affluence, des centaines de personnes se trouvent aux comptoirs d’enregistrement. Les bombes sont meurtrières et font de nombreux blessés, dévastant le hall.

Suite à deux explosions à l'aéroport de Bruxelles, de la fumée s'élève du bâtiment, le 22 mars 216. (Crédit : capture d'écran Twitter/Declan Varley)
Suite à deux explosions à l’aéroport de Bruxelles, de la fumée s’élève du bâtiment, le 22 mars 216. (Crédit : capture d’écran Twitter/Declan Varley)

Plus tard dans la matinée, une autre explosion retentit dans l’aéroport évacué, sans faire de blessés, alors que les services de déminage viennent d’arriver sur place : c’est un sac abandonné sur place par l’un des assaillants qui vient d’exploser. Il « contenait la charge explosive la plus importante », a expliqué le parquet, laissant penser que le bilan de l’attaque aurait pu être encore plus lourd.

Comment s’est déroulée l’attaque dans le métro ?

L’attaque dans le métro intervient environ une heure après celle de l’aéroport, peu après 09H00. Une bombe actionnée par un kamikaze explose dans une rame sur le point de quitter la station Maelbeek, située au cœur du quartier européen de Bruxelles. L’explosion a lieu alors qu’une autre rame se trouve sur les voies d’en face, selon la société exploitante.

Où en est le bilan des attentats?

Le dernier bilan officiel du parquet fait état de 31 morts et de 300 blessés. Il n’y a pas de détails sur la répartition des victimes entre les deux sites. Le ministère de la Santé a évoqué un chiffre de 11 morts à l’aéroport, tandis qu’une porte-parole de Zaventem a parlé d’au moins 15.

Le bilan pourrait s’alourdir, de nombreux blessés étant dans un état grave.

Parmi ces victimes, il y a « probablement plus de quarante nationalités différentes », selon le gouvernement. L’une des victimes identifiées est une Péruvienne vivant à Bruxelles depuis six ans, Adelma Marina Tapia Ruiz, tuée à l’aéroport. Parmi les blessés figurent notamment des Américains, des Français, des Britanniques et des Colombiens.

Qui sont les deux frères identifiés ?

Les enquêteurs ont publié dès mardi des photos, issues d’images de vidéosurveillance, de trois hommes suspectés d’avoir commis les attentats à l’aéroport. Deux d’entre eux, que l’on voit sur les photos poussant des chariots avec des sacs noirs, se sont fait exploser.

Une capture d'écran des vidéos de surveillance de l'aéroport de Bruxelles, le 22 mars 2016 - Le troisième en partant de la droite est Najim Laachraoui, arrêté à   Anderlecht, le lendemain des attaques. (Crédit : YouTube)
Une capture d’écran des vidéos de surveillance de l’aéroport de Bruxelles, le 22 mars 2016 – Le troisième en partant de la droite est Najim Laachraoui, arrêté à Anderlecht, le lendemain des attaques. (Crédit : YouTube)

Grâce à l’analyse d’empreintes, les enquêteurs ont pu rapidement établir l’identité de celui du milieu : il s’agit d’Ibrahim El Bakraoui, un Belge de 29 ans.

Son frère, Khalid, 27 ans, a lui été identifié comme « le » kamikaze – laissant entendre qu’il était seul – du métro.

Les deux frères, connus pour des affaires de banditisme, étaient soupçonnés d’avoir loué des planques en Belgique pour les commandos des attentats du 13 novembre à Paris. Leurs noms étaient apparus dans les médias lors des derniers jours de la traque de Salah Abdeslam, un suspect-clé des attentats de Paris, arrêté vendredi dans la commune bruxelloise de Molenbeek.

Mercredi soir, la Turquie a affirmé avoir arrêté sur son sol et expulsé en juillet Ibrahim, déplorant qu’il ait ensuite été remis en liberté en Belgique.

Qui est Najim Laachraoui, le troisième suspect identifié?

Outre l’aîné des El Bakraoui, un deuxième kamikaze a été identifié à l’aéroport de Bruxelles-Zaventem : il s’agit de Najim Laachraoui, un Bruxellois d’origine marocaine de 24 ans, qui était recherché dans l’enquête sur les attentats de Paris, selon des sources policières.

L’ADN de Laachraoui avait été retrouvé dans plusieurs lieux utilisés par les commandos du 13 novembre à Paris, ainsi que sur du matériel explosif alors utilisé. Il était « activement recherché » en Belgique.

Qui est l’homme toujours en fuite ?

La police belge recherche « activement » le troisième homme figurant sur les images de vidéosurveillance de l’aéroport, à droite d’Ibrahim El Bakraoui et de Najim Laachraoui.

Cet homme en fuite, « parti avant les explosions » selon le parquet, apparaît sur les photos en veste et chemise claires, portant des lunettes sous un chapeau noir et poussant, comme les deux kamikazes décédés, un chariot avec un gros sac noir, qui contenait « la charge explosive la plus importante » évoquée par le parquet.

Quelles sont les autres révélations de l’enquête ?

C’est grâce au témoignage d’un chauffeur de taxi que les enquêteurs ont dirigé une partie de leurs recherches vers Schaerbeek. Ce chauffeur s’est présenté mardi à la police expliquant avoir conduit trois personnes à l’aéroport, pouvant correspondre aux photos des assaillants.

Des perquisitions à l’adresse où il les a pris en charge ont permis de découvrir 15 kg d’explosif de type TATP, 150 litres d’acétone, des détonateurs et une valise remplie de clous et de vis, ainsi que divers ingrédients servant à la confection d’engins explosifs.

Au pied de l’immeuble, la police est aussi tombée sur un ordinateur abandonné dans une poubelle : elle y a trouvé un « testament » rédigé par Ibrahim El Bakraoui, donnant l’impression d’un fugitif aux abois juste avant de passer à l’acte.

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