Aux commémorations du 7 octobre à Paris, l’espoir d’un retour rapide des otages
Ils étaient 10 000 à marcher, selon le collectif Tous 7 Octobre, pour commémorer les deux ans du pogrom perpétré par le Hamas dans le sud d’Israël

C’est sous un beau soleil que le cortège s’est élancé place de la République sur les coups de 14 heures. À sa tête, officiels et famille d’otages et de victimes du 7 octobre scandent « libérez les otages », “Hamas assassin », en référence au groupe terroriste palestinien qui détient toujours 47 des 251 otages sauvagement enlevés le 7 octobre 2023. Le Hamas n’a toujours pas rendu la dépouille du soldat Hadar Goldin, enlevée lors d’un cessez-le-feu durant l’opération Bordure protectrice en 2014.
Deux ans après le pogrom perpétré par le Hamas et ses partisans, où plus de 1 200 personnes ont perdu la vie, ils sont 10 000 à s’être rassemblé pour marcher à l’appel du collectif « Tous 7 octobre » pour réclamer la libération des otages alors que des négociateurs ont été envoyés au Caire pour discuter du plan de paix présenté par le président américain Donald Trump.
« C’est un vrai succès, » sourit un organisateur. Autour du char où sont rassemblées les familles, la sono crache des succès de la pop israélienne. « Avec ce deal, c’est un immense espoir. Les gens ont envie de célébrer », déclare Jean-David Ichay, président de l’association « Tous 7 Octobre », organisatrice de la manifestation dans le pays qui abrite la plus importante communauté juive en Europe.
« Au départ, on avait prévu ce rassemblement pour commémorer les deux ans du 7-Octobre, rappeler qu’il reste des otages et honorer la mémoire des victimes », a déclaré à l’AFP Jean-David Ichay. Après les avancées sur le plan Trump pour la paix, « on vient pousser pour que ce deal se fasse et qu’il y ait vraiment une pression maximum sur le Hamas », a-t-il ajouté, en témoignant d’ « un espoir comme on n’a pas eu depuis le 7 octobre » 2023.
« Maintenant on a le sentiment que quelque chose va se passer », a affirmé à des journalistes Ilay David, frère de l’otage Evyatar David qui était apparu complètement décharné dans une vidéo publiée en août par le Hamas où il semblait creuser sa propre tombe.
Ruth Amiel, dont le neveu Elkana Bohbot est toujours otage à Gaza, est elle aussi pleine d’espoir. « Beaucoup d’acteurs sont dans la négociation, on est dans la bonne direction, » dit-elle. Mais « tant qu’on ne l’a pas pris dans nos bras, tant qu’on ne l’a pas enlacé, on est toujours dans l’attente et dans l’inquiétude », a-t-elle ajouté.
À la tête du cortège Doron Journo. Il s’est donné pour mission de sillonner le monde pour faire connaitre l’histoire de sa fille, Karin assassinée à Nova. Sur le char, au micro son témoignage est bouleversant. « Ma fille s’est brisée la jambe, elle a quand même décidé de se rendre à cette fête pour être avec ses amis ». À ses côtés, sa femme brandit une banderole rose où le visage souriant de Karin s’affiche en grand. Ses yeux rougis sont inondés de larmes. L’émotion est trop forte. Elle ne prendra pas la parole.
Les drapeaux d’Israël se mélangent aux tricolores français ou au lion iranien. Images plutôt inhabituelles Place de la République, fief des militants propalestiniens. Daphné est militante de l’Union des étudiants juifs de France est ravie du choix du lieu : “en tant que citoyen nous sommes partout chez nous en France”.
Dans la soirée, plus de 2 000 personnes se sont retrouvées salle Pleyel à Paris pour une cérémonie d’hommage aux victimes et de soutien aux otages, organisée par le Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France), qui a alterné tables rondes, intermèdes musicaux, lectures et enregistrements commémoratifs, et qui s’est ouverte par une minute de silence.
« Ce soir dans le recueillement, la gravité mais aussi depuis quelques jours l’espoir, nous commémorons les deux ans du 7 octobre qui appartient désormais à l’Histoire », a affirmé dans un discours Yonathan Arfi, le président du Crif.
Avant le début de la cérémonie, il a confié à des journalistes son espoir « que les pressions exercées notamment par le Qatar et la Turquie, qui semblent avoir fait évoluer leur position, vont permettre d’acculer suffisamment le Hamas pour qu’il libère les otages et rentre dans un autre processus ».
Parmi les intervenants : la chanteuse Keren Ann, la chroniqueuse Sophia Aram, l’acteur Gérard Darmon, le philosophe Raphaël Enthoven, l’essayiste Caroline Fourest, l’animateur Arthur ou encore le dessinateur Joann Sfar…
« Même si cet espoir reste fragile, nous choisissons d’y croire », a affirmé Arthur, très applaudi.
Dans une communauté où beaucoup ne cachent pas leur déception vis-à-vis d’Emmanuel Macron surtout depuis la reconnaissance de l’État de Palestine, largement considérée comme une récompense au terrorisme, l’évocation du chef de l’Etat a provoqué quelques sifflets.
Dans le cadre de ces commémorations, une tente commémorative sera installée lundi et mardi place des Vosges par le Crif.
A Strasbourg également, quelques centaines de personnes se sont rassemblées à l’appel d’organisations juives.
Devant une banderole « Deux ans en enfer, libérez les otages ! », des témoignages de proches d’otages ou de personnes tuées le 7 octobre 2023 ont été lus.
« On est là pour les otages, pour leur retour sains et saufs, pour la paix entre les peuples, et aussi pour nous, parce que les actes antisémites ont augmenté, c’est devenu dangereux d’être juif », a dit Danny, jeune homme coiffé d’une kippa, qui n’a pas souhaité donner son nom de famille.
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