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Avec le début précoce de Hanoukka, une tradition sibérienne sur terrain glissant

Les Juifs de la ville de Tomsk construisent tous les ans une ménorah géante en glace - un événement précaire cette année, avec le changement climatique et la date précoce

Le rabbin Levy Kaminetsky se prépare  à allumer une ménorah de Hanoukka faite de glace à l'extérieur de sa synagogue à Tomsk, en Russie, le 28 novembre 2021. (Autorisation/Levy Kaminetsky via JTA)
Le rabbin Levy Kaminetsky se prépare à allumer une ménorah de Hanoukka faite de glace à l'extérieur de sa synagogue à Tomsk, en Russie, le 28 novembre 2021. (Autorisation/Levy Kaminetsky via JTA)

JTA — La ménorah en glace de Tomsk est devenue une sorte de tradition de Hanoukka dans cette ville russe de Sibérie, située à environ 3 200 kilomètres à l’Est de Moscou.

A trois mètres de hauteur, avec des lampes LED incorporées dans ses branches, la ménorah illumine le jardin de la synagogue ‘Habad de la ville et elle est considérée comme un apport de la communauté juive à l’exposition du parc des glaces de Tomsk, dont les sculptures hivernales géantes attirent des milliers de touristes chaque année.

Mais Hanoukka a commencé particulièrement tôt cette année – une année en plus inhabituellement chaude – mettant en péril cette tradition lancée, il y a une décennie, par Levy Kaminetsky, émissaire ‘Habad dynamique qui est venu s’installer à Tomsk en 2004 avec son épouse Gitty, après avoir quitté Israël.

« On a observé attentivement le thermomètre tous les jours », confie Kaminetsky à la JTA.

Finalement – et après quelques compromis avec l’esthétique – la ménorah a été sculptée, érigée et utilisée pour l’allumage de la première bougie du dimanche de Hanoukka. Elle est la seule ménorah du vieux continent, les autres communautés juives de Sibérie ayant été dans l’incapacité de faire la leur – comme ils le faisaient les années précédentes.

Le couple dit avoir réalisé qu’il pourrait y avoir un problème pendant Souccot, à la fin du mois de septembre.

« Contrairement aux autres années, il n’a pas neigé ici pendant Souccot », explique Kaminetsky.

Kaminetsky pense que cette année marquera l’hiver le plus chaud depuis longtemps à Tomsk et que cette chaleur pourrait être conséquente – comme en conviennent presque tous les scientifiques – au changement climatique. La température moyenne dans l’Ouest de la Sibérie est en hausse, ont constaté les chercheurs.

La neige tombe sur une hanoukkia de glace à Tomsk, en Russie, le 8 décembre 2020. (Crédit : Levy Kaminetsky via JTA)

Si la fête de Hanoukka était arrivée à la mi-décembre, comme cela avait été le cas l’année dernière, alors la glace aurait très certainement été suffisamment solide à Tomsk. Le mercure ne dépasse jamais les -11 degrés Celsius en décembre là-bas. Mais avec le début prématuré de la fête – dont la date est déterminée par le calendrier lunaire hébreu – « ça a été vraiment limite », commente Kaminetsky.

La principale complication a été d’obtenir la glace qui doit provenir d’un lac gelé.

« On ne peut couper la glace qu’à l’issue de quelques jours où la température a atteint les -10 degrés Celsius ou en dessous, sinon la glace, sur le lac, n’est pas suffisamment sûre pour les ouvriers chargés d’extraire le bloc nécessaire pour sculpter la ménorah », dit-il.

Heureusement, la température a chuté juste à temps. Et un bloc de plusieurs tonnes a été taillé par une équipe de professionnels et emmené par camion dans le jardin de la synagogue, où un sculpteur l’a rapidement transformé en ménorah à neuf branches. Toutefois, la glace était trop peu solide pour être creusée et l’artiste n’a pas été en mesure, cette année, d’y installer des lumières.

Kaminetsky et son épouse affirment ne pas être déçus malgré tout. Ils ont installé des lampes dans la ménorah pour une cérémonie d’allumage de bougie qui a eu lieu dimanche, dans des conditions presque clémentes à cette époque de l’année : Il ne faisait, après tout, que moins 9 degrés.

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