Ayman Odeh: Gantz nous a demandé de réduire notre soutien ; Kakhol lavan dément
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Ayman Odeh: Gantz nous a demandé de réduire notre soutien ; Kakhol lavan dément

Ofer Shelah a déclaré qu’il ne déterminait pas qui les députés arabes devaient recommander comme Premier ministre alors qu'Ayman Odeh a évoqué des demandes stratégiques de sa part

(De gauche à droite) : les membres de la Liste arabe unie Osama Saadi, Ayman Odeh, Ahmad Tibi et Mansour Abbas arrivent à la résidence présidentielle de Jérusalem pour les consultations avec Rivlin sur la nomination du Premier ministre, le 22 septembre 2019. (Crédit :  MENAHEM KAHANA / AFP)
(De gauche à droite) : les membres de la Liste arabe unie Osama Saadi, Ayman Odeh, Ahmad Tibi et Mansour Abbas arrivent à la résidence présidentielle de Jérusalem pour les consultations avec Rivlin sur la nomination du Premier ministre, le 22 septembre 2019. (Crédit : MENAHEM KAHANA / AFP)

Le chef de la Liste arabe unie Ayman Odeh a semblé confirmer mercredi que le fait que seuls 10 députés sur 13 avaient recommandé Benny Gantz comme Premier ministre s’inscrivait dans une démarche stratégique requise par Gantz, et destinée à s’assurer que le chef de Kakhol lavan soit le deuxième à être chargé de former un gouvernement, après Benjamin Netanyahu.

Lors des consultations avec le président Reuven Rivlin dimanche, les représentants de la Liste arabe unie ont déclaré qu’ils soutenaient Gantz comme Premier ministre. Mais dans une lettre publiée lundi, la Liste arabe unie a clarifié que seuls 10 élus sur 13 soutenaient Kakhol lavan. Le parti Balad, l’un des 4 de la formation à majorité arabe, n’a pas recommandé Gantz.

Odeh s’est exprimé dans une vidéo publiée mercredi soir sur Facebook, quelques heures après que Rivlin a chargé Netanyahu de composer un gouvernement israélien, à l’issue de deux jours de négociations pour un gouvernement d’unité, qui auraient échoués.

Odeh a déclaré qu’après que son parti a décidé dimanche d’apporter son soutien à Gantz, le chef de Kakhol lavan a envoyé le député Ofer Shelah leur demander de limiter ce soutien.

Le député de Kakhol lavan Ofer Shelah assiste à un évènement de Women Wage Peace à Tel Aviv, le 6 septembre 2019. (Crédit : Flash90)

« Le fait est que Gantz et Kakhol lavan voulaient que Netanyahu soit le premier à être mandaté pour former un gouvernement », a expliqué Odeh.

« Ofer Shelah est venu me voir et a dit : ‘Dix, c’est suffisant.’ Il a dit : ‘Ne soyez pas 13.  Pourquoi 10 suffisent ? Pour que (Kakhol lavan) ait 54 (recommandations) et Netanyahu 55 (recommandations), afin que Netanyahu reçoive le mandat en premier' », a déclaré Odeh.

« Pourquoi ? Parce que Netanyahu ne parviendra pas à former un gouvernement et que le mandat reviendra ensuite à Kakhol lavan car les partis ne veulent pas de troisième élection, le public n’en veut pas et serait en colère… Et à ce moment Gantz sera en mesure de former un gouvernement. C’est la logique de Kakhol lavan dans les deux jours avant les recommandations. »

Odeh a déclaré que le parti Balad envisageait dans tous les cas de ne pas s’inclure dans la recommandation de Gantz, un ancien chef d’état-major de l’armée israélienne.

Mtanes Shihadeh, membre de Balad au sein de la Liste arabe unie. (Avec l’aimable autorisation de Balad)

Le président de Balad, Mtanes Shihadeh, a indiqué au Times of Israël dimanche que son parti refusait de recommander Gantz mais que les trois autres partis qui composent la Liste arabe unie, Hadash, Ta’al et Ra’am, le recommandaient.

Dans un communiqué publié dimanche, Balad a fait savoir qu’il rejetait « le général Benny Gantz » en raison de son « idéologie sioniste, de ses positionnements de droite qui ne sont pas si différents de ceux du Likud et de ses antécédents militaires sanglants et agressifs ».

Odeh a déclaré qu’il avait initialement l’intention d’encourager l’unité au sein de l’alliance, avant d’accepter les divergences au sujet des recommandations, parce que cela arrangeait tout le monde.

« Etait-il de notre devoir de répondre positivement à la demande de Kakhol lavan ? Je pense que non. Ce qui nous préoccupe, c’est l’intérêt du public et les causes dans lesquelles nous croyons », a-t-il dit.

« J’étais opposé à répondre favorablement à la stratégie de Kakhol lavan et à la position de Balad », a-dit Odeh. « Mais je refuse de dire que Balad en est responsable, parce que c’est ce que voulait Kakhol lavan. Maintenant, le président a mandaté Netanyahu, et Kakhol lavan est ravi. »

Le président Reuven Rivlin charge le Premier ministre Benjamin Netanyahu de former un gouvernement lors d’une conférence de presse à la résidence présidentielle à Jérusalem, le 25 septembre 2019. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

Les représentants de Balad n’ont pas assisté à la consultation entre Rivlin et la délégation de la Liste arabe unie, emmenée par Odeh.

Le député de Kakhol lavan Ofer Shelah a démenti jeudi les propos d’Ayman Odeh.

« Je n’ai pas déterminé qui la Liste arabe devait soutenir, ni sous quelle forme », a déclaré Shelah dans une interview à la radio militaire.

« Ayman Odeh a pris une décision stratégique en tant que chef de parti pour soutenir un candidat, pour la première fois en 25 ans, ce qui, je pense, est méritant, mais je n’en suis pas à l’origine », a déclaré Shelah. « Je ne décide pas combien de leurs députés votent, ni comment le parti Balad vote. »

Shelah a confirmé avoir été en contact avec Odeh et Ahmad Tibi, autre membre de la Liste arabe unie, mais a assuré que les discussions ont porté sur les questions d’ordre économique et social qui affectent la minorité arabe en Israël, et en aucun cas sur le soutien au Premier ministre.

Le soutien de la Liste arabe unie à Gantz marque un tournant drastique dans sa politique. Le parti avait indiqué qu’il était nécessaire d’évincer Netanyahu mais écartait l’idée de siéger aux côtés de Gantz au gouvernement.

Il s’agit de la première fois depuis 1992 que des partis majoritairement arabes soutiennent un candidat au poste de Premier ministre en Israël.

À l’époque, ils avaient soutenu Yitzhak Rabin, assassiné trois ans plus tard par un extrémiste juif opposé aux accords de paix israélo-palestiniens d’Oslo.

Beaucoup de spéculations ces derniers jours ont été faites sur le fait que ni Gantz ni Netanyahu n’étaient enchantés par la perspective de se voir offrir la première chance de construire une coalition, les deux préférant peut-être s’engager seulement après que l’autre n’ait pas réussi à réunir une majorité.

« Nous préférerions être chargés de former un gouvernement lorsque les [autres] partis seront plus flexibles que maintenant, alors qu’ils sont actuellement bloqués sur leurs positions », aurait déclaré une source du parti Kakhol lavan dimanche soir.

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