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Baharav-Miara approuve l’usage de Pegasus dans l’enquête sur le quintuple homicide

Mais la procureure générale n'autorise pas l'utilisation du logiciel espion pour extraire des données à distance ; la police enquête sur des meurtres présumés commis par des gangs

Le chef de la police israélienne Kobi Shabtaï, deuxième à droite, arrivant sur les lieux où cinq membres d'une même famille ont été tués par balle dans la ville bédouine de Basmat Tabun, dans le nord d'Israël, le 27 septembre 2023. (Crédit : Shir Torem/Flash90)
Le chef de la police israélienne Kobi Shabtaï, deuxième à droite, arrivant sur les lieux où cinq membres d'une même famille ont été tués par balle dans la ville bédouine de Basmat Tabun, dans le nord d'Israël, le 27 septembre 2023. (Crédit : Shir Torem/Flash90)

La procureure générale Gali Baharav-Miara a autorisé jeudi la police à utiliser l’outil controversé d’espionnage des téléphones Pegasus dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat de cinq membres d’une famille arabe, soupçonnés d’avoir été tués par un gang.

Baharav-Miara a autorisé l’utilisation de Pegasus pour écouter les conversations, mais a interdit aux enquêteurs d’extraire des données des appareils, ce que permet également le logiciel espion.

Son accord est intervenu alors que le gouvernement s’apprêtait à former une commission chargée d’examiner l’utilisation par les forces de l’ordre de la technologie des logiciels espions, à la suite d’un scandale qui avait éclaté en 2022 concernant l’utilisation par la police de technologies sophistiquées de piratage de téléphones portables pour obtenir l’accès aux appareils des citoyens. Une enquête a révélé que presque tous les cas d’utilisation avaient été approuvés par un tribunal, mais que la police avait dépassé les limites de son autorisation dans un certain nombre de cas. Depuis, l’utilisation de logiciels espions par la police a été largement gelée, sauf dans certains cas et avec l’approbation de la procureure générale.

Un haut responsable de la police a déclaré à Haaretz que l’utilisation du logiciel espion était nécessaire dans le cas présent pour « immédiatement sauver des vies », alors que l’on craint que la fusillade de mercredi n’entraîne d’autres violences.

Cinq membres d’une même famille ont été tués lors d’une fusillade à l’intérieur d’une maison à Basmat Tabun, un village bédouin du nord, à environ 22 kilomètres à l’est de Haïfa.

La police recherchait des liens éventuels entre ces meurtres et une autre fusillade survenue plus tôt dans la journée, lorsqu’un homme a été abattu en plein jour à Haïfa, après avoir été apparemment pris pour un parent impliqué dans une querelle criminelle.

Le procureure générale Gali Baharav-Miara s’exprimant à l’Université de Tel Aviv, le 28 septembre 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Le chef de la police, Kobi Shabtaï, est arrivé sur les lieux de la fusillade à Basmat Tabun, accompagné du ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir.

Dans une déclaration vidéo diffusée sur place, Shabtaï a qualifié la fusillade « d’événement le plus odieux que nous ayons jamais connu – l’élimination ciblée d’une famille entière, apparemment en réponse à un meurtre perpétré à Haïfa ce matin ».

Les décès de mercredi ont porté le nombre de victimes d’homicides dans la communauté arabe à 188 depuis le début de l’année, contre 80 au cours de la même période en 2022.

Ces meurtres s’inscrivent dans le cadre d’une vague de crimes violents qui a submergé la communauté arabe ces dernières années. De nombreux dirigeants de la communauté imputent la vague de crimes à la police qui, selon eux, n’a pas réussi à sévir contre les puissantes organisations criminelles et a largement ignoré la violence. Ils pointent également du doigt des décennies de négligence et de discrimination de la part des services gouvernementaux comme étant la cause première du problème.

Les autorités ont blâmé l’essor du crime organisé et la prolifération des armes, tandis que d’autres ont pointé du doigt l’incapacité des communautés à coopérer avec les forces de l’ordre pour éradiquer les criminels.

Ben Gvir, qui est responsable des forces de police, a également été critiqué pour ne pas en faire assez pour enrayer la violence.

En août, le gouvernement a approuvé la création d’une commission chargée d’enquêter sur l’utilisation par la police de la technologie des logiciels espions, conformément à la demande du ministre de la Justice Yariv Levin et au mépris de l’avis de la procureure générale. D’anciens hauts responsables des services de sécurité, dont un ancien chef de l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet, ont déposé un recours auprès de la Haute Cour de justice contre la création de cette commission.

Des responsables du Shin Bet et du Conseil national de sécurité (NSC) ont précédemment averti le gouvernement qu’une telle enquête pourrait révéler des secrets opérationnels.

La police aurait accès à une version édulcorée du logiciel espion Pegasus, connu sous le nom de Saifan, qui lui permet d’accéder aux téléphones des Israéliens. Les informations n’indiquent pas clairement si l’approbation de Baharav-Miara concernait l’utilisation de Pegasus ou de Saifan.

Le logo du NSO Group sur un smartphone placé sur un clavier. (Crédit : Mundissima/Alamy)

Pegasus est fabriqué par NSO Group, une société de logiciels espions basée à Herzliya, qui figure sur la liste noire du gouvernement américain depuis l’année dernière.

Le logiciel espion phare de cette société est considéré comme l’un des outils de cyber-surveillance les plus puissants disponibles sur le marché, car il permet aux opérateurs de prendre le contrôle total du téléphone d’une cible, de télécharger toutes les données de l’appareil ou d’activer sa caméra ou son microphone à l’insu de l’utilisateur.

La société a été critiquée pour l’utilisation présumée de sa technologie d’espionnage par des régimes autoritaires afin de commettre des violations des droits de l’Homme. Elle insiste sur le fait que son produit n’est destiné qu’à aider les pays à lutter contre la criminalité et le terrorisme.

A LIRE : Les experts parlent de Pegasus, cette arme « contre laquelle il n’y a pas de défense »

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