Bat Yam : Un suspect juif inculpé pour l’agression d’un homme arabe
Rechercher

Bat Yam : Un suspect juif inculpé pour l’agression d’un homme arabe

Un résident de Petah Tikva, 22 ans, aurait attendu dans le parking de la mosquée Herzilya jusqu'à ce que la voiture de police s'éloigne avant de poignarder Ghassan Yahya

La police est vue à Lod lors d'émeutes ethniques dans la ville mixte judéo-arabe du centre d'Israël, le 12 mai 2021. (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)
La police est vue à Lod lors d'émeutes ethniques dans la ville mixte judéo-arabe du centre d'Israël, le 12 mai 2021. (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)

Un suspect juif dans l’agression brutale par la foule d’un homme arabe à Herzliya en mai a été appréhendé et inculpé après avoir réussi à échapper à la police pendant plus de deux mois.

L’acte d’accusation déposé contre Shaked Siboni, 22 ans, au tribunal de district de Tel-Aviv jeudi, comprenait une accusation de terrorisme, ainsi que des accusations de voies de fait aggravées et de sabotage intentionnel d’un véhicule.

Selon l’acte d’accusation, la nuit de l’attaque du 12 mai, Siboni et ses amis se trouvaient à Bat Yam, où se déroulait une violente manifestation d’extrémistes juifs. La violence ethnique judéo-arabe déferlait alors sur le pays, en particulier dans les villes mixtes, avec pour toile de fond la guerre entre Israël et le Hamas.

Siboni et ses amis auraient décidé de se rendre en voiture de Bat Yam à la mosquée Sidna Ali, située à Herzliya. Ils sont partis avec du matériel pour un assaut, comme des matraques, des marteaux, des couteaux et de l’essence. Le groupe d’extrémistes juifs comptait environ 15 personnes.

À leur arrivée sur le parking de la mosquée, ils ont identifié Ghassan Haj Yahya, un Arabe israélien résidant à Taibe, qui était en train de prendre le repas de rupture du jeûne du Ramadan dans sa voiture. Les suspects ont attendu qu’une voiture de police garée s’éloigne avant de se diriger vers le véhicule de Yahya en criant « Arabe ! », selon l’acte d’accusation.

Yahya s’est souvenu de l’incident pour le site d’information Ynet, disant qu’il « a vu du sang dans leurs yeux. Ils cherchaient quelqu’un à tuer, peu importe si j’avais fait quelque chose ou non ».

Un homme bat un homme allongé sur le sol à Bat Yam, au milieu des violences interethniques à travers Israël, le 12 mai 2021. (Crédit : capture d’écran de Kan TV)

« Ils m’ont aspergé de spray au poivre, ont essayé de me tirer de la voiture, et quand ils n’ont pas pu, ils m’ont poignardé avec un couteau », a-t-il dit.

« J’étais sûr d’être un homme mort. Les agresseurs ont brisé la vitre de la voiture… Ils voulaient me tuer et n’arrêtaient pas de dire que j’étais arabe. J’étais effrayé et en état de choc ».

Yahya a dû être hospitalisé en raison des blessures subies lors de l’attaque.

L’identité de Siboni était connue de la police car d’autres suspects de l’agression l’avaient dénoncé lors d’un interrogatoire. Mais il a réussi à échapper aux tentatives de la police pour le localiser, qui ont inclus des dizaines d’appels à sa famille et des visites à son domicile et à son lieu de travail.

Les procureurs de l’État ont demandé qu’il soit placé en détention provisoire jusqu’à la fin des procédures judiciaires engagées contre lui. Sept autres suspects juifs ont été arrêtés en même temps que Siboni et trois d’entre eux ont été mis en examen.

Des policiers affrontent des émeutiers arabes israéliens à Ramle, dans le centre d’Israël, le 10 mai 2021. (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)

L’avocat de Siboni, Assaf Gonen, a déclaré dans un communiqué : « Je peux d’ores et déjà affirmer que l’image que l’accusation tente de présenter [de mon client] dans l’acte d’accusation est à des années-lumière de la réalité. »

Jeudi également, un acte d’accusation a été déposé contre cinq résidents arabes israéliens de Lod, qui ont été inculpés d’une série d’infractions pénales pour leur participation présumée à de violentes émeutes dans toute la ville mixte pendant la guerre à Gaza en mai.

Les suspects sont soit des parents, soit des amis proches de Moussa Hassouna, qui a été tué, prétendument par des Juifs, pendant les premiers jours de la violence ethnique qui a déchiré le pays ce mois-là.

La police a arrêté quatre suspects juifs après la fusillade qui a tué Hassouna, mais ils ont fait valoir qu’ils avaient agi en état de légitime défense et que Hassouna faisait partie d’une foule qui les avait attaqués. Les quatre suspects juifs ont ensuite été libérés sous caution et n’ont pas encore été inculpés.

Des centaines d’inculpations ont été prononcées contre des Arabes pour la plupart, mais aussi contre des Juifs, à la suite de journées d’émeutes au cours desquelles des foules de chaque côté ont attaqué des membres de l’ethnie opposée, dans une flambée de violence comme on n’en avait pas vu depuis des décennies. Les tensions ont été partiellement alimentées par le conflit avec les terroristes de Gaza et les violentes manifestations pro-palestiniennes à Jérusalem.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...