Bennett revient sur sa rencontre avec le président égyptien Sissi
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Bennett revient sur sa rencontre avec le président égyptien Sissi

"Nous avons posé les fondations de relations profondes", a dit le Premier ministre ; le leader égyptien a demandé que le calme entre Israël et les Palestiniens soit préservé

Le Premier ministre Naftali Bennett, à gauche, et  le président  Abdel-Fattah el-Sissi se rencontrent à Sharm el-Sheikh, le 13 septembre 2021. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)
Le Premier ministre Naftali Bennett, à gauche, et le président Abdel-Fattah el-Sissi se rencontrent à Sharm el-Sheikh, le 13 septembre 2021. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

Le Premier ministre Naftali Bennett a indiqué, lundi, qu’il avait eu « une très bonne et très importante rencontre » avec le président égyptien Abdel Fattah el-Sissi à Sharm el-Sheikh. Lors de leur entretien, les deux leaders ont « posé les fondations nécessaires pour établir et maintenir des relations profondes » entre les deux nations. Cette réunion entre les deux hauts-responsables a été la première depuis une décennie et Sissi a accueilli le nouveau Premier ministre israélien en public, de façon très chaleureuse.

Bennett a remercié Sissi pour « le rôle important » tenu par l’Égypte dans la région, notant qu’après plus de quarante ans, l’accord de paix entre l’État juif et l’Égypte « continue d’être un pilier de la sécurité et de la stabilité au Moyen-Orient », selon un compte-rendu qui a été diffusé par son bureau.

Bennett a aussi souligné le « rôle significatif » joué par l’Égypte dans le « maintien de la stabilité sécuritaire dans la bande de Gaza », ainsi que l’aide apportée par les Égyptiens dans les tentatives visant à faire libérer deux civils israéliens actuellement détenus dans la bande de Gaza, et à rapatrier les dépouilles de deux soldats de Tsahal tombés au combat en 2014 qui se trouvent entre les mains du Hamas, au sein de l’enclave côtière.

Ces derniers mois, l’Égypte s’est efforcée d’assumer plus publiquement son rôle d’intermédiaire responsable et efficace entre Israël et le Hamas. Le Caire a tenu un rôle déterminant dans la négociation du cessez-le-feu qui a permis de mettre un terme au conflit qui a opposé Israël aux groupes terroristes de la bande pendant onze jours.

Après cette guerre, l’Égypte a aussi cherché à tenir un rôle dans la reconstruction de Gaza, facilitant les pourparlers indirects entre les parties en lice concernant un cessez-le-feu à long-terme.

« Le président a aussi évoqué l’importance du soutien de la communauté internationale aux efforts livrés par l’Égypte pour reconstruire les Territoires palestiniens, en plus de la nécessité de maintenir le calme entre les Israéliens et les Palestiniens en particulier, avec les initiatives prises de manière continue de la part de l’Égypte pour apaiser les tensions entre les deux parties en Cisjordanie et dans la bande de Gaza », a noté le bureau de Sissi.

Dans des déclarations, Sissi a fait savoir qu’il avait souligné le soutien apporté par l’Égypte à la solution à deux États au conflit israélo-palestinien, ainsi que l’importance de faire revivre le processus de paix.

Sissi était accompagné par le chef des Renseignements égyptiens, Abbas Kamel, et le ministre des Affaires étrangères, Sameh Shoukry. Du côté israélien, Bennett était venu aux côtés du chef du Conseil de sécurité national, Eyal Hulata, de sa conseillère politique Shimrit Meir et de plusieurs autres hauts-responsables.

Selon un officiel du gouvernement israélien, les deux leaders ont discuté des moyens de prévenir un réarmement de la part du Hamas – notamment du renforcement des contrôles au poste-frontière de Rafah – et des moyens d’empêcher une escalade au sein de l’enclave côtière. Ils ont aussi parlé de la négociation d’un accord d’échange de prisonniers.

Le programme nucléaire iranien et le soutien apporté par la république islamique aux milices armées ont été également au centre de l’entretien, selon ce responsable du gouvernement israélien qui s’est exprimé auprès des journalistes à l’issue de la rencontre.

Le Premier ministre Naftali Bennett et le président égyptien Abdel-Fattah el-Sissi se rencontrent à Sharm el-Sheikh, le 13 septembre 2021. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

Le responsable israélien a ajouté que les deux hommes avaient aussi évoqué d’autres défis importants au niveau régional et notamment le rôle tenu par la Turquie dans la guerre civile en Libye, les tensions entre l’Égypte et l’Éthiopie en raison du projet du Barrage de la renaissance, sur le Nil bleu, et la menace représentée par les groupes terroristes jihadistes.

Bennett et Sissi ont aussi parlé de la relation entre l’État juif et l’Égypte, discutant des moyens qui permettraient d’augmenter de manière significative le commerce bilatéral et le tourisme.

Cette visite a été rare – c’est la première visite diplomatique à avoir lieu entre les deux pays depuis une décennie – et des vidéos de la rencontre ont montré les deux leaders, tout sourire, échanger des plaisanteries. Un drapeau israélien avait été installé derrière Bennett lorsqu’il s’est assis face à Sissi pour une séance photo.

Cette rencontre de lundi est donc la première visite publique d’un Premier ministre israélien en Égypte depuis plus de 10 ans. L’ancien chef du gouvernement israélien, Benjamin Netanyahu, avait rencontré pour la dernière fois le président égyptien de l’époque, Hosni Moubarak, en 2011.

Netanyahu ne s’était jamais rendu officiellement en Égypte depuis cette date, même si les deux parties devaient se rencontrer pour des « réunions de travail » tenues secrètes au fil des années.

Israël et l’Égypte ont renforcé leurs liens diplomatiques, ces dernières années. Les deux gouvernements ont des intérêts sécuritaires communs dans la bande de Gaza – l’Égypte, comme Israël, considère comme une menace grave les dirigeants du Hamas au sein de l’enclave côtière – ainsi que dans le Sinaï et à l’Est de la Méditerranée.

Le Premier ministre Naftali Bennett, à gauche, et le président égyptien Abdel-Fattah el-Sissi se rencontrent à Sharm el-Sheikh, le 13 septembre 2021. (Crédit : Présidence égyptienne)

La réalité régionale a aussi été bouleversée, l’année dernière, par la signature des Accords d’Abraham. Quatre États arabes ont ainsi convenu d’établir des liens diplomatiques à des niveaux variés avec l’État juif dans le cadre de ces accords, levant un certain tabou qui était placé sur la normalisation, a confié l’ancien envoyé israélien au Caire, Yitzhak Levanon, dans la journée de lundi, au Times of Israel.

L’Égypte considère également Israël comme un important allié stratégique – particulièrement dans la mesure où la nouvelle administration américaine du président Joe Biden s’est engagée à réprimer les régimes qui commettent des violations des droits de l’Homme. Selon les observateurs indépendants, l’Égypte reste l’un des pays les moins libres de la région.

« Il y a des critiques croissantes, à Washington, des violations faites aux droits de l’Homme en Égypte – et particulièrement avec la nouvelle administration Biden. Israël semble être un moyen de s’attirer les bonnes grâces des États-Unis – il semble que pour accéder à Washington, il faille passer par Jérusalem », commente Ofir Winter, experts des relations israélo-égyptiennes au sein de l’Institut d’études de sécurité nationale à Tel Aviv.

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