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Biden : Pour survivre, Israël doit saisir l’occasion de la paix et de la sécurité avec les Palestiniens

A la télévision, Biden s’en est pris à Ben Gvir, disant que ce « gouvernement incroyablement conservateur » priverait Israël de ses soutiens

Le président américain Joe Biden discute avec Seth Meyers pendant un enregistrement de l'émission "Late Night with Seth Meyers" à New York, le 26 février 2024. (Crédit : AP/Evan Vucci)
Le président américain Joe Biden discute avec Seth Meyers pendant un enregistrement de l'émission "Late Night with Seth Meyers" à New York, le 26 février 2024. (Crédit : AP/Evan Vucci)

Le président américain Joe Biden a déclaré lundi soir qu’Israël devait, pour survivre, faire la paix avec les Palestiniens, avertissant que son « gouvernement incroyablement conservateur » finirait par lui coûter ses soutiens internationaux.

Sur le plateau de l’émission « Late Night with Seth Meyers », sur NBC, Biden a par ailleurs évoqué la perspective – maintenant proche – d’un cessez-le-feu temporaire à Gaza, expliquant qu’Israël accepterait de suspendre son offensive pendant le mois du Ramadan si un accord était conclu pour libérer certains otages du Hamas.

Le président américain, qui a rappelé ses convictions sionistes, a affirmé que « ma seule façon pour Israël de survivre en fin de compte… Voici, ils doivent aussi… profiter de l’occasion de faire la paix et d’obtenir la sécurité pour les Israéliens et les Palestiniens, dont le Hamas a fait ses pions. »

Un cessez-le-feu temporaire « donnera le temps de commencer à s’engager dans une voie que beaucoup de pays arabes sont prêts à emprunter » en termes de normalisation des relations avec Israël, a-t-il prédit.

« Par exemple, l’Arabie saoudite est prête à reconnaître Israël », a-t-il déclaré, faisant référence au désir de Ryad d’entretenir des relations diplomatiques avec Israël sous réserve de mesures concrètes vers une solution à deux États.

« Je pense que si nous obtenons un cessez-le-feu temporaire, nous pourrons alors aller dans une autre direction et changer la dynamique », a-t-il ajouté.

Sur fond de tensions croissantes avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu, Biden a déclaré à Meyers que si Israël continuait avec son « gouvernement incroyablement conservateur et [le ministre de la Sécurité intérieure d’extrême droite Itamar] Ben Gvir et d’autres… ils finiraient par perdre le soutien du monde entier. Ce qui n’est résolument pas dans l’intérêt d’Israël. »

Ce n’est pas la première fois que Biden évoque les difficultés diplomatiques induites par la présence de partis ultranationalistes au sein du gouvernement israélien.

Netanyahu a répondu mardi soir dans une vidéo en hébreu dans laquelle il affirme que le gouvernement israélien bénéficie d’un large soutien aux États-Unis.

« Depuis le début de la guerre, je mène une campagne diplomatique dont l’objectif est de contrecarrer les pressions visant à mettre fin prématurément à la guerre et, dans le même temps, de gagner le soutien d’Israël », a déclaré Netanyahu.

« Nous avons obtenu des succès significatifs dans ce domaine », a poursuivi M. Netanyahu, soulignant qu’un sondage Harvard Harris publié lundi montrait que 82 % des Américains soutenaient Israël dans sa guerre contre le Hamas.

« Cela nous donne une autre source de force pour poursuivre notre guerre contre le Hamas jusqu’à la victoire totale », a conclu Netanyahu.

Mardi, Israël et le Hamas ont tous deux tempéré l’enthousiasme né de la rumeur de l’imminence d’un accord sur Gaza suite aux propos de Biden faisant état de son optimisme quant à la possibilité d’un accord « d’ici la fin du week-end ».

Des représentants de l’Égypte, du Qatar, des États-Unis, de la France et d’autres ont servi d’intermédiaires entre Israël et le Hamas pour tenter de dégager une solution sur le sort des otages israéliens de Gaza et de mettre un terme aux combats.

Biden a donné plus de détails sur ce à quoi pourrait ressembler un accord lorsqu’il s’est exprimé sur la question, lundi soir.

« Il y a une voie à suivre, mais elle est difficile », a-t-il déclaré à Meyers lorsqu’on lui a demandé comment mettre fin au conflit.

Les médiateurs espèrent parvenir à un accord avant le début du mois du Ramadan, soit dans environ deux semaines.

« Le Ramadan approche et les Israéliens ont convenu qu’ils ne feraient rien pendant le Ramadan, afin de nous donner le temps de faire libérer les otages », a déclaré Biden.

Ce n’est pas la première fois que Biden évoque la perspective d’un cessez-le-feu de six semaines.

Des Palestiniens inspectent les bâtiments détruits après un bombardement israélien nocturne, dans le camp de réfugiés de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 27 février 2024. (Crédit : Said Khatib/AFP)

Biden continue de soutenir fermement Israël en dépit d’un bilan humain chaque jour plus lourd, dans le cadre d’une offensive à Gaza causée par l’attaque meurtrière du Hamas contre les communautés du sud israélien le 7 octobre dernier. Il soutient notamment l’objectif d’Israël d’obtenir la libération de ses otages et de s’assurer que le Hamas ne puisse plus jamais attaquer Israël. Il a malgré tout accru la pression sur Netanyahu pour qu’il fasse en sorte de limiter les pertes civiles, en particulier dans l’offensive prévue par Israël à Rafah.

Israël s’est « engagé » à évacuer des parties importantes de Rafah avant « d’éliminer tout ce qu’il reste du Hamas », a ajouté M. Biden, tout en admettant que l’armée avait récemment ralenti ses attaques.

Peu de temps avant l’interview de Biden, son conseiller à la sécurité nationale, Jake Sullivan, avait déclaré dimanche que des représentants de plusieurs partis – mais pas du Hamas, au pouvoir à Gaza – s’étaient vus à Paris au cours du week-end et étaient parvenus à un accord sur les « contours fondamentaux » d’un cessez-le-feu temporaire.

Washington débloque 53 millions de dollars d’aide pour Gaza

Les Etats-Unis ont annoncé mardi une nouvelle aide humanitaire de 53 millions de dollars pour les Palestiniens, une haute responsable américaine appelant à protéger les travailleurs humanitaires dans la bande de Gaza ravagée par la guerre.

L’Agence américaine pour le développement international (USAID) a indiqué que l’aide transiterait par le Programme alimentaire mondial et des ONG, alors qu’Israël et les puissances occidentales se détournent de l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa).

Annonçant l’aide dans une vidéo diffusée depuis la Jordanie, Samantha Power, administratrice de l’USAID, a déclaré que cette nouvelle assistance « doit parvenir aux personnes dans le besoin ».

« Les travailleurs humanitaires qui, sur le terrain à Gaza, risquent leur vie pour apporter de la nourriture à des personnes qui en ont désespérément besoin doivent être protégés », a-t-elle déclaré.

« Ils doivent savoir qu’ils peuvent faire leur travail sans se faire tirer dessus et tuer », a-t-elle ajouté, sans nommer ni Israël ni le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza.

Cette aide porte à 180 millions de dollars le montant total de l’aide d’urgence accordée par les Etats-Unis aux Palestiniens depuis l’attaque lancée le 7 octobre par le Hamas contre Israël, qui a riposté en lançant une campagne militaire sans relâche à Gaza.

Selon l’ONU, 2,2 millions de personnes, soit l’immense majorité de la population, sont menacées de famine dans la bande de Gaza assiégée par Israël.

L’Unrwa emploie quelque 30.000 personnes dans les territoires occupés palestiniens, au Liban, en Jordanie et en Syrie.

Mais l’agence, dont le financement par les Etats-Unis et d’autres pays a été suspendu, est au centre d’une controverse depuis qu’Israël a accusé 12 de ses employés d’avoir été impliqués dans l’attaque du 7 octobre.

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