Bondi Beach : Albanese accepte finalement d’établir une commission d’enquête nationale
Le Premier ministre avait initialement estimé qu’une commission royale de niveau régional, menée dans l’État de Nouvelle-Galles du Sud suffirait

L’Australie va finalement établir une « commission royale d’enquête fédérale » disposant de larges pouvoirs pour enquêter sur la tuerie antisémite de la plage de Bondi, à Sydney, qui a fait quinze morts en décembre, a annoncé jeudi le Premier ministre, Anthony Albanese.
« J’ai répété à plusieurs reprises que la priorité de notre gouvernement est de promouvoir l’unité et la cohésion sociale. C’est ce dont l’Australie a besoin pour guérir », a-t-il déclaré aux journalistes.
Dimanche 14 décembre, deux terroristes, un père et son fils, Sajid et Naveed Akram, ont ouvert le feu à au moins 40 reprises pendant une dizaine de minutes sur une foule rassemblée pour célébrer la fête juive de Hanoukka.
Le père, de nationalité indienne, a été tué par la police. Son fils de 24 ans et né en Australie, dont il détient la nationalité, est aux mains des autorités.
La commission royale, comité d’enquête publique de premier plan en Australie, disposant de larges pouvoirs, devra mener des investigations dans plusieurs directions, notamment sur les dysfonctionnements des services de renseignement ou la flambée de l’antisémitisme dans le pays.
Jusqu’à présent, le Premier ministre Albanese n’avait pas répondu favorablement aux demandes d’une enquête fédérale, déclarant qu’une commission royale de niveau régional, dans l’État de Nouvelle-Galles du Sud, où l’attentat a eu lieu, suffirait.
« Ce que nous avons fait, c’est écouter, et nous avons conclu que nous étions parvenus aujourd’hui à la conclusion appropriée pour l’unité nationale », a déclaré Albanese.
En décembre, les familles des victimes avaient écrit une lettre au Premier ministre pour demander « des réponses » et une enquête fédérale.
La police avait indiqué que les terroristes avaient vraisemblablement agi seuls et ne faisaient pas partie d’une organisation terroriste.
Face au choc provoqué par la pire tuerie en Australie depuis plus de 30 ans, le gouvernement a également annoncé son intention de durcir la législation contre l’extrémisme et de lancer un programme de rachat des armes à feu en circulation.
Cette annonce a toutefois été critiquée par la communauté juive, certains estimant que leur cri d’alarme face à la montée de l’antisémitisme depuis le 7-Octobre n’avait pas été entendu.
La dernière commission royale fédérale en date remonte à 2022. Elle était chargée d’enquêter sur un vaste scandale de demandes de recouvrement de dettes frauduleuses. D’autres commissions avaient été créées pour enquêter sur des dysfonctionnements après des affaires de pédocriminalité ou de protection de l’environnement.
Suite à l’annonce par Albanese de la création d’une commission royale d’enquête, la principale organisation de la communauté juive australienne a salué cette décision.
Forte de 120 000 membres, la communauté juive australienne se plaint depuis longtemps qu’Albanese n’ait pas fait assez pour la protéger de la montée de l’antisémitisme, suite au pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, et que son opposition idéologique à Israël ait encouragé les militants anti-Israël à prendre pour cible les institutions juives. Les déclarations de soutien occasionnelles d’Albanese après les nombreuses attaques contre la communauté juive au cours des deux dernières années ont souvent été accueillies avec cynisme.
Cette fois-ci, l’Executive Council of Australian Jewry (ECAJ) a déclaré que le gouvernement avait pris « la bonne décision ».
« Au nom de la communauté juive australienne, nous saluons l’annonce du Premier ministre », a déclaré Daniel Aghion KC, président de l’ECAJ, dans un communiqué.
Il a ajouté que l’ECAJ avait l’intention de coopérer avec la commission, et qu’il espérait qu’elle procéderait à « un examen honnête des politiques gouvernementales, ainsi que de la conduite et des politiques des institutions et des personnalités clés dans les principaux secteurs de notre société », qui ont permis à l’antisémitisme de prospérer au cours des deux dernières années.







