Ces députés du Likud qui ne réintégreront probablement pas la prochaine Knesset
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Ces députés du Likud qui ne réintégreront probablement pas la prochaine Knesset

Oren Hazan, Yehuda Glick et Ayoub Kara, seul ministre et seul druze du Likud, font partie des élus figurant trop bas sur la liste du parti pour envisager une réélection

Le député du Likud Oren Hazan se prend en photo avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu, au centre et des confrères du Likud à l'issue du vote sur l'Etat-nation à la Knesset le 19 juillet 2018. (Crédit : AP/Olivier Fitoussi)
Le député du Likud Oren Hazan se prend en photo avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu, au centre et des confrères du Likud à l'issue du vote sur l'Etat-nation à la Knesset le 19 juillet 2018. (Crédit : AP/Olivier Fitoussi)

Alors que les résultats des primaires du Likud ont été publiés mercredi, il est devenu clair que certains députés qui font actuellement partie de la formation politique au pouvoir devront renoncer à leur siège à la Knesset, parce qu’ils ne figurent pas assez haut sur la liste du parti pour les élections d’avril.

Il s’agit notamment du seul député druze du Likud et du provocateur Oren Hazan, dont les scandales n’ont pas contribué à sa popularité au sein du Likud.

La plupart des élus qui risquent de ne pas pouvoir intégrer la prochaine Knesset n’ont été députés que pour un mandat, voire moins.

Voici un résumé de leur activité législative au sein du Parlement israélien.

Ayoub Kara

Le ministre des Communications Ayoub Kara lors d’une conférence de presse à Jérusalem, le 6 août 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le seul ministre et élu qui n’est pas un débutant, et qui risque de ne pas réintégrer la Knesset est le ministre des Communications Ayoub Kara, seul parlementaire druze du parti au pouvoir.

Il est entré à la Knesset en 1999, et a marqué des pauses entre 2006 et 2009 et en 2013 et 2015. En 2015, Netanyahu l’a nommé ministre sans portefeuille au bureau du Premier ministre, avant de lui accorder celui des Communications.

Kara, qui aura 64 ans le mois prochain, est connu pour ses positions relativement dures sur la sécurité et le conflit israélo-palestinien. Il s’était fermement opposé au retrait israélien de la bande de Gaza en 2005 et au gel de la construction d’implantations en 2009-2010.

Au fil des ans, Kara s’est distingué dans son militantisme interreligieux et dans l’amélioration des relations diplomatiques entre Israël et de nombreux pays, notamment la Turquie et l’Autriche, ainsi que la communauté druze au Liban et en Syrie.

Fervent fidèle de Netanyahu, il a néanmoins perdu le soutien du Premier ministre avant les primaires de mardi, pour des raisons qui restent peu claires.

Dans une publication Facebook publiée mercredi, Kara a déclaré qu’il était déçu, et a fait remarquer qu’il « semble que le produit de la fidélité et de la crédibilité ne soit plus en vogue. »

Oren Hazan

Donald Trump et Oren Hazan, le 22 mai 2017 (Crédit : Twitter/Oren Hazan)

Hazan, qui est entré à la Knesset lors des élections de 2015, est connu pour être l’enfant (vraiment) terrible du Parlement israélien. Il a notamment pris un selfie avec le président américain Donald Trump à son arrivée sur le tarmac de Ben Gurion, alors qu’il était accueilli en grande pompe en mai 2017. Son geste a eu pour conséquence une révision du protocole gouvernemental.

Un autre selfie célèbre pris par Hazan est celui réunissant Netanuyahu et d’autres élus du Likud à l’issue de l’adoption du texte très controversé sur l’Etat-nation l’an dernier. Fait marquant, la plupart des députés y figurant ne seront pas députés lors de la prochaine Knesset, dont Kara, Yaron Mazuz, Anat Berko, Nurit Koren et Hazan. David Bitan, qui est au premier plan sur la droite, est tombé de la 13e à la 25e place sur la liste du Likud à l’issue des primaires.

Peu après son entrée en politique, Hadashot avait diffusé un portait sur ses activités antérieures, notamment la gestion d’un casino, ou drogues et prostitution étaient autorisés. Il avait lancé des poursuites contre le journaliste Amit Segal pour diffamation, mais la cour avec rejeté les poursuites.

Depuis, Hazan a été exclu de la Knesset a plusieurs reprises. L’an dernier, le comité d’Éthique de la Knesset a interdit Hazan de toute activité parlementaire pour six mois – la durée maximale, et jusque-là jamais infligée dans l’histoire de la Knesset – suite à une série d’incidents, notamment des insultes à l’intention de confrères.

Il s’était publiquement moqué d’un député handicapé, déclaré à une élue qu’elle était trop laide pour être une prostituée, et qualifié un autre député en chaise roulante de « demi-humain ».

En décembre, il a qualifié Avraham Neguise, un élu du Likud d’origine éthiopienne un « immigrant de compagnie« , durant une réunion d’une commission de la Knesset.

Yehiel Hazan, le père de Hazan, a perdu son siège à la Knesset en 2003 quand il a été attrapé en train de voter deux fois lors d’une assemblée plénière. Il a ensuite tenté de retirer le vote informatique de la chambre de stockage de la Knesset pour cacher les preuves de son méfait.

Anat Berko

Anat Berko, députée du Likud, pendant une session de la commission des Affaires étrangères et de la Défense à la Knesset, le 19 novembre 2015. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Egalement perçue comme une provocatrice par certains, Berko n’est pas parvenue à se hisser suffisamment sur la liste du Likud pour s’assurer un siège à la prochaine Knesset.

En 2015, elle est devenue députée après que Netanyahu a lui-même choisi Berko pour occuper une place sur la liste du Likud réservée au candidat de son choix.

Berko, titulaire d’un doctorat en criminologie, a étudié le terrorisme palestinien. Elle a tenu plusieurs propos anti-palestinien, proposé une interdiction de brandir le drapeau et a été active dans la législation anti-BDS.

Yehuda Glick

Yehudah Glick, député Likud, à la Knesset, 29 mai 2017. (Yonatan Sindel/Flash90)

Glick a intégré la Knesset en 2016 après que le ministre de la Défense Moshe Yaalon a démissionné du parlement et du Likud.

Avant cela, il était un militant des droits des Juifs sur le mont du Temple. Il avait été arrêté à de nombreuses reprises, a été menacé de mort, et en 2014, il failli être tué en 2014 quand un terroriste palestinien lui a tiré à trois reprises après une conférence à Jérusalem, le blessant grièvement.

En tant que député, Glick s’est battu contre la prévalence du tabagisme en Israël, et l’an dernier, il a mené une grève de la faim pour exiger une hausse des taxes sur le tabac pour que le prix de celui-ci s’aligne sur le prix des cigarettes.

Il s’est remarié récemment, un an après le décès de son épouse Yaffa Glick.

Il a déclaré aux journalistes mercredi qu’en dépit de son échec, il ne regrette rien de son temps à la Knesset.

Sharren Haskel

La deputée Sharren Haskel (Likud) lors d’une réunion du groupe parlementaire à la Knesset, le 30 mai 2016. (Crédit photo: Miriam Alster / Flash90)

Haskel est la plus jeune députée du Likud, à 34 ans. Elle est entrée à la Knesset en 2015, et a vivement défendu les libertés personnelles et le libre-échange.

Elle a obtenu des bons scores au « Liberty Index » annuel, et a lutté contre des institutions qui, selon elles, contrevenaient aux droits de la personne, notamment l’Israel Dairy Board, et a participé à la dépénalisation de l’usage récréatif du cannabis. Elle a également dirigé un caucus LGBT et milite pour les droits des LGBT.

Née au Canada, elle a vécu six ans en Australie. Haskel défend également Israël dans les instances internationales.

Après les primaires, Haskel est arrivée en 40e place sur la liste de la Knesset, ce qui est trop bas pour être réélu, selon les sondages actuels, qui accordent une trentaine de sièges au Likud.

Cependant, le statut de Haskel n’est pas finalisé. Une autre interprétation de l’allocation des sièges réservés aux candidats issus des minorités et des régions, qui occupent les places 25 à 40, pourrait permettre à Haskel de grimper à la 29e place. Les tribunaux des partis devraient statuer sur cette question dans les prochains jours.

Nurit Koren

La députée duLikud Nurit Koren à la Knesset, le 2 janvier 2016. (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)

Koren, élue en 2015, après plusieurs tentatives malheureuses, milite pour une représentation plus diversifiée à la Cour suprême, en tant que membre de la commission de sélection judiciaire, soutenant les efforts déployés par la ministre de la Justice Ayelet Shaked.

Elle préside une commission spéciale sur la disparition des enfants des immigrants yéménites dans les années 50, une affaire qui a pris de l’ampleur ces dernières années.

Elle préside également des lobby pour personnes handicapées et pour l’aide aux olim de France.

Nava Boker

Nava Boker, députée du Likud, le 14 juin 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Boker a également participé à l’exposition détails sur l’affaire des enfants yéménites durant son mandat à la Knesset. (Boker et Koren ont toutes deux des origines yéménites.)

Elle est vice-présidente de la Knesset depuis 2016.

En 2010, l’époux de Boker est décédé dans l’incendie du mont Carmel.

Yaron Mazuz

Le député du Likud Yaron Mazuz le 27 mars 2017. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Peu après les élections de 2015, Mazuz a été nommé vice-ministre de l’Intérieur. L’année suivante, il est devenu vice-ministre au bureau du Premier ministre, où il a présidé une commission chargée d’une initiative éducative « Un ordinateur pour chaque enfant ».

En 2016, Mazuz a été nommé vice-ministre de la Protection de l’environnement, et a oeuvré pour faire baisser le niveau de pollution de la baie de Haïfa, et a été chargé de la lutte pour vider un réservoir d’ammoniaque dans la ville.

Il a récemment fait les gros titres pour avoir sollicité Elor Azaria – l’ancien soldat israélien condamné pour homicide d’un terroriste palestinien neutralisé – dans sa campagne de réélection.

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