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Chikli cherche à retarder la réunion de la Knesset sur son éviction du parti Yamina

Une lettre déposée par l'avocat du député rebelle affirme que l'audience du 25 avril "était prévue à la hâte", et accuse le Premier ministre de "désir de nuire"

Le député Amichai Chikli à la Knesset à Jérusalem, le 7 février 2022. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)
Le député Amichai Chikli à la Knesset à Jérusalem, le 7 février 2022. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)

Un député rebelle du parti Yamina du Premier ministre Naftali Bennett a décidé mercredi de retarder les efforts du Premier ministre pour le chasser du parti, suite au transfuge d’un autre député de la faction laissant le gouvernement sans majorité.

Chikli s’est présenté aux élections de l’année dernière aux cotés du parti Yamina mais a rapidement rompu avec le parti à cause de l’inclusion de la faction islamiste Raam dans la coalition. Chikli n’est plus député Yamina que sur le papier depuis juin dernier, date à laquelle il a refusé de soutenir l’investiture de la coalition en protestation de la présence du parti islamiste Raam. Il ne faisait pas partie des 61 membres de la coalition dénombrés jusqu’à mercredi – ils ne sont plus que 60 désormais – et a refusé de voter en faveur de lois importantes, dont le budget de l’État.

Malgré sa rébellion, le parti Yamina s’était jusqu’à présent gardé de qualifier Chikli de transfuge, dans l’espoir d’obtenir son soutien ponctuel sur certaines questions. Mais jeudi, il a été décidé de le faire après que la députée Yamina Idit Silman a quitté la coalition, ce qui a fait perdre au gouvernement sa faible majorité parlementaire.

Dans une lettre adressée mercredi à la commission de la Knesset, qui entendra la demande de Yamina visant à ce que Chikli soit qualifié de transfuge, son avocat a écrit que l’audience du 25 avril « était prévue à la hâte » et n’avait pas laissé suffisamment de temps au député pour se préparer.

La lettre dénonçait également la décision de convoquer la réunion comme « manquant de fondements juridiques et publics » et suggérait qu’elle n’était prévue qu’en raison de « l’influence illégale » de Bennett.

« Veuillez informer le demandeur que nous sommes toujours un pays démocratique, qu’il n’est pas un roi ou un sultan, et malgré sa volonté de nuire, cela n’abolit pas les droits fondamentaux », a écrit l’avocat Guy Bossi.

Le Premier ministre Naftali Bennett s’entretient avec le député Idit Silman à la Knesset à Jérusalem, le 5 janvier 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La lettre demandait que la réunion soit reportée au moins jusqu’au 25 mai, qui suivrait le retour de la Knesset de ses congés au début du mois.

On ne sait toujours pas s’il y aura un soutien suffisant pour l’éviction de Chikli. Le comité de la Chambre est dirigé par le député Yamina Nir Orbach, qui a lui-même présenté plusieurs revendications de droite pour rester au gouvernement et qui est l’un des nombreux députés du parti de Bennett considérés comme pouvant suivre Silman pour rompre avec la coalition.

Cette désignation porte un coup dur aux aspirations politiques de Chikli. En effet, les règles en vigueur à la Knesset l’empêchent de se présenter, lors des prochaines élections, au titre de l’une ou l’autre faction siégeant actuellement au parlement. Or, si le gouvernement tombait sans proposition alternative de l’opposition, des élections pourraient être convoquées très prochainement.

Chikli aurait toujours la possibilité de former une nouvelle faction politique, ce qu’il a récemment laissé entendre.

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