Cisjordanie: Un Palestinien blessé à un barrage après avoir refusé de s’arrêter
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Cisjordanie: Un Palestinien blessé à un barrage après avoir refusé de s’arrêter

Selon la police, l'homme, modérément blessé, marchait sur la route au passage de Qalandiya, ignorant les appels à l'arrêt ; l'incident survient après de violents heurts à proximité

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Un homme palestinien est allongé sur le sol après avoir été touché par balle pour avoir refusé d'obéir aux gardes de sécurité du poste de contrôle de Qalandiya et les avoir approchés de manière suspecte, le 7 décembre 2020. (Autorisation)
Un homme palestinien est allongé sur le sol après avoir été touché par balle pour avoir refusé d'obéir aux gardes de sécurité du poste de contrôle de Qalandiya et les avoir approchés de manière suspecte, le 7 décembre 2020. (Autorisation)

Un homme palestinien a été blessé par balle après avoir refusé de répondre aux injonctions des agents de sécurité au poste de contrôle de Qalandiya lundi après-midi, a déclaré la police.

Selon la police, l’homme marchait dans une section du poste de contrôle réservée aux véhicules.

« D’après une première enquête, il semble que les gardiens lui aient demandé de s’arrêter à plusieurs reprises et lorsqu’il n’a pas répondu à leurs appels, ils ont procédé à un protocole d’arrestation dans lequel ils ont tiré sur le bas de son corps », a déclaré la police.

L’homme était apparemment dans un état modéré. Des médecins ont été appelés sur les lieux et l’ont emmené dans un hôpital de Jérusalem pour le soigner.

« Les circonstances de cette affaire font l’objet d’une enquête », a déclaré la police.

Les vidéos de la scène montrent l’homme – apparemment désarmé – marchant dans la zone entourée de voitures alors que des agents de sécurité s’approchent de lui, en lui disant de s’arrêter. Les agents ouvrent alors le feu, blessant l’homme à la jambe. Il se lève alors et saute sur un pied vers les agents, qui lui tirent de nouveau dessus.

Le point de contrôle a été fermé dans les deux sens après l’incident.

Le point de contrôle a connu plusieurs incidents similaires ces dernières années, notamment en août, lorsqu’un Palestinien souffrant de problèmes auditifs n’a pas entendu les appels des gardes lui demandant de s’arrêter. Les officiers ont ouvert le feu sur ses jambes, le blessant.

La fusillade a eu lieu dans un contexte de tensions accrues dans la région, notamment de violents affrontements dans un camp de réfugiés voisin entre les résidents palestiniens et les troupes israéliennes plus tôt dans la matinée, qui ont fait des blessés des deux côtés.

Six membres de la police des frontières israélienne ont été blessés lorsque des résidents du camp de réfugiés de Qalandiya se sont révoltés et ont lancé des parpaings et d’autres objets lourds sur les officiers depuis les toits lors d’un raid d’arrestation tôt le matin, a déclaré la police des frontières.

Tous les six ont été légèrement blessés. Certains ont été hospitalisés. Les soldats ont craint pour leur vie et ont ouvert le feu sur les manifestants, a déclaré la police des frontières.

Le ministère de la Santé de l’Autorité palestinienne a déclaré qu’au moins quatre Palestiniens ont été blessés, trois gravement et un modérément, tous par des tirs réels. Le ministère a déclaré que les trois patients graves étaient en train d’être opérés, deux d’entre eux après avoir reçu des balles dans la poitrine et un autre ayant été touché à l’artère fémorale.

Les gendarmes de la police des frontières étaient entrés dans le camp, qui se trouve au-delà de la barrière de sécurité mais dans les limites de la municipalité de Jérusalem, afin d’arrêter trois personnes recherchées pour suspicion de vol de voiture. Des soldats de l’armée israélienne sont finalement entrés et ont arrêté deux d’entre elles, et toutes les forces israéliennes ont ensuite quitté la zone, a déclaré la police des frontières.

La police des frontières n’a pas dit quel type de tirs a été utilisé lors de l’incident, qui a également inclus le recours à d’autres mesures anti-émeutes.

Des proches portent le corps d’Ali Abu Aliya, 13 ans, qui aurait été tué par des militaires israéliens pendant des affrontements avec des Palestiniens qui jetaient des pierres, au cours de ses funérailles dans le village d’al-Mughayyir, au près de Ramallah, en Cisjordanie, le 5 décembre 2020. (Crédit : AP Photo/Majdi Mohammed)

L’incident est survenu quelques jours après la mort d’un adolescent palestinien qui aurait été abattu par les troupes israéliennes lors d’une émeute vendredi. Selon les sources palestiniennes, Ali Abu Aliya, 13 ans, a reçu une balle dans l’estomac lors d’une violente manifestation à Kafr Malik, dans le centre de la Cisjordanie, contre la création d’un nouvel avant-poste d’une implantation.

Tsahal a annoncé une enquête sur l’incident dimanche. L’armée a d’abord nié avoir utilisé des balles réelles pour disperser la manifestation, disant qu’elle n’avait utilisé que des armes de dispersion d’émeutes moins mortelles comme des balles à pointe de caoutchouc, mais a ensuite admis que les soldats avaient en fait utilisé des balles Ruger de calibre 22. Ces balles, plus petites que les balles normales, sont souvent utilisées comme armes de dispersion des émeutes car elles sont généralement considérées comme moins létales, bien qu’elles puissent tuer, surtout si elles sont mal utilisées.

Abu Aliya a été enterré samedi dans son village natal d’al-Mughayyir. Des affrontements ont éclaté entre les forces de sécurité israéliennes et les Palestiniens pendant ses funérailles.

L’équipe du Times of Israel et Aaron Boxerman ont contribué à cet article.

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