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Classes surchargées, enseignants mal payés : Israël, mauvais élève de l’OCDE

Israël compte 26,3 élèves par classe, contre 21,1 dans les autres pays développés ; la pandémie a entraîné la fermeture prolongée des collèges et lycées israéliens

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Des enfants israéliens entrant en première année, le jour de la rentrée scolaire, à l'école Pola de Jérusalem, le 1er septembre 2021. (Yossi Zamir/Flash90)
Des enfants israéliens entrant en première année, le jour de la rentrée scolaire, à l'école Pola de Jérusalem, le 1er septembre 2021. (Yossi Zamir/Flash90)

Les classes israéliennes sont parmi les plus surchargées des pays de l’OCDE, et les enseignants du pays sont moins bien payés que la moyenne, selon un examen annuel de l’éducation dans les pays membres de l’organisation économique.

Toutefois, les écoliers israéliens bénéficient d’un plus grand nombre d’heures de soutien scolaire et le pays est l’un des rares où plus de la moitié de la population suit une forme d’enseignement post-secondaire.

Le rapport Regards sur l’éducation 2021, publié jeudi en anglais (et disponible le 30 septembre en français), a révélé que les écoles israéliennes comptaient en moyenne 26,3 élèves par classe, contre 21,1 pour la moyenne de l’OCDE.

Les écoles élémentaires d’Israël comptaient 26,8 élèves, la moyenne de l’OCDE étant de 21,1, ce qui place le pays à la 35e place sur les 38 pays classés. Dans les collèges, les classes israéliennes comptaient 28,1 élèves, contre 23,3 dans l’OCDE.

Le ratio enseignants/élèves dans les écoles élémentaires et les collèges en Israël était respectivement de 15,1 et 12,9, proche des moyennes de l’OCDE de 14,5 et 13,1.

« Les classes plus petites sont souvent considérées comme bénéfiques car elles permettent aux enseignants de se concentrer davantage sur les besoins de chaque élève et de réduire le temps nécessaire pour gérer les perturbations », note l’OCDE dans le rapport.

Cependant, selon l’OCDE, Israël a réussi à réduire le nombre d’élèves dans les classes au fil du temps, alors même que la population étudiante a augmenté. L’augmentation démographique d’Israël est parmi les plus importantes de tous les pays de l’OCDE.

Entre 2010 et 2019, le nombre d’enfants âgés de 6 à 17 ans en Israël a augmenté de 20,1 %, contre une moyenne de seulement 0,5 % pour l’OCDE. De 2018 à 2021, le nombre d’élèves en Israël a augmenté de 1,9 % alors que la moyenne de l’OCDE a augmenté de près de 0 %.

Un enseignant de jardin d’enfants vu au « jardin d’enfants Kobi » à Moshav Yashresh, le 8 février 2021. (Yossi Aloni/Flash90)

Les enseignants des écoles primaires et secondaires israéliennes gagnent moins que leurs collègues, si l’on compare leurs salaires en utilisant une échelle de pouvoir d’achat qui convertit les revenus de tous les pays en dollars américains.

Les enseignants du primaire gagnent 41 952 dollars par an en Israël, contre 45 687 dollars pour la moyenne de l’OCDE. Les enseignants du collège gagnent 44 754 dollars contre 47 988 dollars, tandis que les enseignants du lycée gagnent 47 706 dollars contre 51 749 dollars. Les enseignants de maternelle s’en sortent mieux que la moyenne de l’OCDE, avec un salaire de 50 605 dollars contre 40 707 dollars.

En revanche, les directeurs d’école en Israël gagnent plus que la moyenne de l’OCDE. Les enseignants du primaire et du secondaire gagnent respectivement 73 483 dollars et 83 049 dollars, contre une moyenne de 68 794 dollars et 79 033 dollars dans l’OCDE. Cependant, les directeurs de collèges gagnent moins, avec 71 852 dollars contre une moyenne de 74 419 dollars dans l’OCDE.

Les salaires des enseignants « influencent les décisions de s’inscrire dans une formation d’enseignant, de devenir enseignant après l’obtention du diplôme, de reprendre la profession d’enseignant après une interruption de carrière et de rester enseignant ou non », indique l’OCDE.

Le nombre d’élèves par classe était d’une importance particulière lors de l’épidémie de coronavirus, lorsque chaque élève infecté envoyait tous ses camarades en quarantaine.

L’épidémie de coronavirus a frappé Israël de plein fouet, les écoles secondaires ayant été fermées en moyenne 76 jours en 2020, contre 70 en moyenne dans le reste de l’OCDE, selon le rapport. Dans les collèges, on a enregistré une moyenne de 93 jours de fermeture contre seulement 65 pour les autres pays. Les écoles élémentaires israéliennes ont été fermées pendant 52 jours, contre une moyenne de 58 pour l’OCDE, tandis que les écoles maternelles ont été fermées pendant 36 jours, contre 43 pour le reste de l’OCDE.

Illustration : L’entrée de l’école Paula Rehavia à Jérusalem, après sa fermeture en raison d’infections à coronavirus, le 31 mai 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)

Du côté positif, Israël consacre proportionnellement plus de son PIB à l’éducation que les autres pays. En 2018, le pays y consacrait 6,1 % de son PIB, soit la troisième place sur la liste de l’OCDE, derrière la Norvège et l’Islande.

En moyenne, les élèves de l’école élémentaire sont scolarisés 214 jours par an contre une moyenne de 186 pour l’OCDE, les collégiens 205 jours contre 184 pour l’OCDE, et les lycées 194 jours d’études contre 182 pour l’OCDE.

Israël a l’une des moyennes d’heures d’enseignement les plus élevées dans les écoles primaires, avec 938 heures par an contre 807 pour les autres pays. Dans les collèges, les élèves étudient 989 heures, contre 923 pour le reste de l’OCDE.

L’enseignement post-secondaire en Israël est l’un des plus répandus parmi les pays de l’OCDE. En 2020, 50,1 % des Israéliens avaient suivi une forme d’enseignement supérieur, contre 38,6 % pour la moyenne de l’OCDE. Cela plaçait Israël parmi les six seuls pays de l’OCDE dans lesquels plus de la moitié de la population a une formation post-secondaire, les autres étant le Canada, les États-Unis, le Luxembourg, la Corée du Sud et le Japon.

Israël présentait également l’un des écarts les plus élevés entre les hommes et les femmes ayant atteint l’enseignement supérieur. Cette année-là, il y avait 20,9 % de femmes de plus que d’hommes ayant étudié après le secondaire, soit le quatrième écart le plus important de l’OCDE.

Dans l’ensemble, les chiffres étaient similaires à ceux du dernier rapport de l’OCDE sur l’éducation publié en 2020, qui révélait également que les classes étaient surchargées et que les enseignants gagnaient moins que leurs homologues de l’OCDE.

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