Corbyn en 2011 : La BBC est « partiale » sur le « droit d’Israël à exister »
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Corbyn en 2011 : La BBC est « partiale » sur le « droit d’Israël à exister »

Dans une interview accordée à la chaîne iranienne Press TV, le chef du Labour accuse le gouvernement israélien de "pressions" excessives sur la chaîne

Jeremy Corbyn, leader du Parti travailliste, se promène le long du pont de Westminster dans le centre de Londres, le 23 mars 2017 (AFP Photo / Daniel Leal-Olivas)
Jeremy Corbyn, leader du Parti travailliste, se promène le long du pont de Westminster dans le centre de Londres, le 23 mars 2017 (AFP Photo / Daniel Leal-Olivas)

Le chef du Labour britannique Jeremy Corbyn, accusé par la communauté juive de tolérer l’antisémitisme dans ses rangs, avait déclaré à une chaîne iranienne d’Etat que la BBC « affiche de la partialité lorsqu’il s’agit d’évoquer… le droit à l’existence d’Israël ».

Dans l’interview qu’il avait accordée en 2011 à la chaîne iranienne Press TV, postée sur Twitter par le blogueur politique The Golem, Corbyn explique : « Il y a des pressions sur la BBC de la part de – probablement – [le directeur-général d’alors] Mark Thompson, qui semble avoir un ordre du jour à ce sujet. Il semble y avoir beaucoup de pressions exercées sur la BBC par le gouvernement israélien, par l’ambassade israélienne, et ils se montrent très péremptoires envers la BBC elle-même. Ils mettent en doute le moindre petit élément en permanence ».

Cette pression israélienne et la partialité affichée par Thompson et d’autres comme lui, continue alors Corbyn, signifie que la chaîne penche en faveur de l’existence de l’Etat juif.

« Je pense qu’il y a également une partialité qui mène à dire qu’Israël est une démocratie au Moyen-Orient, qu’Israël a le droit d’exister, qu’Israël a des préoccupations sécuritaires », ajoute-t-il dans le clip de 36 secondes.

The Golem a noté dans un tweet de suivi que les déclarations faites par Corbyn pourraient bien contrevenir au code de conduite établi par le Labour lui-même sur l’antisémitisme qui spécifie, selon lui, que « le parti établit clairement que les Juifs jouissent du même droit à l’auto-détermination que les autres populations. Le nier revient à traiter les Juifs de manière inéquitable et est donc une forme d’antisémitisme ».

Ces propos ne sont que le dernier acte d’une crise au long-cours qui s’est déclenchée au sein du parti, avec un flot constant de membre et de responsables éminents qui ont été exclus ou réprimandés pour avoir fait des commentaires anti-israéliens virulents et antisémites. Ce scandale a suscité l’indignation des rabbins, notamment du grand rabbins de Grande-Bretagne, ainsi que de certains députés travaillistes qui ont accusé le parti d’être incapable ou peu désireux d’éradiquer l’antisémitisme dans ses rangs.

Une réponse d’un porte-parole de la formation publiée par Jewish News, partenaire du Times of Israel, a semblé doubler la mise.

“Jeremy affirmait que malgré l’occupation des territoires palestiniens et l’absence d’un état palestinien, les inquiétudes et les perspectives d’Israël ont plus de chances d’apparaître de manière importante dans les reportages d’information que cela n’est le cas pour les Palestiniens », a répondu le porte-parole. « Jeremy est déterminé à trouver un accord global au Moyen-Orient sur la base d’une solution à deux Etats – Israël en sécurité aux côté d’un état sûr et viable pour les Palestiniens ».

Des membres de la communauté juive manifestent contre le chef du parti travailliste britannique, Jeremy Corbyn, et contre l’antisémitisme au sein du parti travailliste, devant les chambres du Parlement britannique dans le centre de Londres, le 26 mars 2018. (AFP / Tolga Akmen)

« En même temps, le gouvernement israélien est bien connu pour mener une opération médiatique hautement professionnelle et efficace », a ajouté le porte-parole.

Les leaders juifs ont rapidement répondu à ces nouveaux propos de Corbyn.

Jennifer Gerber, chef du groupe des amis d’Israël au sein du Labour, a déploré ces « propos lamentables » disant que « non seulement Jeremy Corbyn utilise une autre apparition sur la télévision d’Etat iranienne pour livrer encore davantage de théories du complot sur Israël, mais il met également en doute le droit d’Israël à exister. Est-il si difficile d’imaginer pourquoi il a tellement résisté à l’adoption de la définition de l’antisémitisme de l’IHRA ? », s’est-elle interrogée.

Après la réponse du Labour, Gerber a ajouté sur Twitter : « Le parti travailliste défend maintenant Jeremy Corbyn colportant des théories conspirationnistes et interrogeant le droit à l’existence d’Israël à la télévision d’Etat iranienne. Soyons clairs : Pour un parti qui aspire à être au gouvernement, ce n’est pas un comportement normal ».

Simon Johnson, chef du Jewish Leadership Council, a tweeté : « Désolé, M. Corbyn. Vous pensez donc qu’Israël n’est PAS une démocratie, n’a PAS le droit d’exister et n’a PAS d’inquiétudes sécuritaires ? Et qu’une organisation est partiale si pour sa part elle estime que ces éléments sont vrais ? Wow. Voilà qui semble différer quelque peu de la politique du parti dont vous êtes à la tête ».

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