Coronavirus : la Histadrout menace d’une grève générale
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Coronavirus : la Histadrout menace d’une grève générale

Le syndicat exige que les employés en quarantaine touchent leurs indemnités de congé maladie dès le 1er jour plutôt que le 3e ; Netanyahu promet d'aider les entreprises touchées

Le chef de la Histadrut Avi Nissenkorn à la cour nationale du travail à Jérusalem, le 5 décembre 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le chef de la Histadrut Avi Nissenkorn à la cour nationale du travail à Jérusalem, le 5 décembre 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le syndicat de la Histadrout a menacé jeudi de déclencher une grève générale si le gouvernement ne fournit pas une aide économique aux travailleurs en quarantaine et aux entreprises touchées par la propagation du coronavirus.

Selon la Treizième chaîne, le syndicat exige que les employés contraints de se confiner chez eux reçoivent leurs indemnités de congé maladie dès le premier jour de leur isolement, plutôt que le troisième.

Le docteur Boaz Lev, qui dirige l’unité de traitement des épidémies du ministère de la Santé, a estimé, dans une interview accordée à la Douzième chaîne, qu’entre 50 000 et 80 000 Israéliens sont actuellement en quarantaine à leur domicile après leur retour de pays où le COVID-19 s’est répandu.

Il a ajouté que ces personnes doivent « agir comme des citoyens modèles », suggérant que le ministère comptait sur leur coopération pour endiguer l’épidémie.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a tenu une réunion d’urgence jeudi sur les répercussions économiques de la propagation du virus.

Il a annoncé que le gouvernement allait créer un « fonds d’urgence » pour aider les entreprises vitales pour l’économie israélienne qui ont été touchées par la crise sanitaire qui s’est aggravée.

« La première étape que j’annonce aujourd’hui est que d’ici dimanche, le ministre des Finances créera un fonds d’urgence pour aider les entreprises qui sont vitales à l’économie », a promis Netanyahu. « La prochaine étape consistera à verser, au fur et à mesure que la crise se développe, des fonds aux entreprises qui sont en détresse à cause de la crise, de la part du ministère des Finances, en coordination avec la Banque d’Israël. »

« Je pense que nous faisons face à cette crise, tant en termes de santé que d’économie, de la meilleure façon possible. Mais cela ne veut pas dire que nous ne sommes pas confrontés à de grands défis », a-t-il ajouté.

Les compagnies aériennes israéliennes ont été particulièrement touchées par l’épidémie. El Al, le principal transporteur israélien, a licencié des employés, réduit les salaires des cadres et interrompu les vols vers des pays d’Europe et d’Asie.

El Al a licencié quelque 600 employés permanents mercredi et des centaines de travailleurs temporaires, employés depuis moins de cinq ans. Le personnel licencié comprend des équipages de vol, des agents de bord, du personnel au sol et d’autres.

Les salles de départ vides de l’aéroport Ben Gurion. Les gens annulent leurs voyages par crainte du coronavirus. Le 4 mars 2020. (Yossi Zamir/Flash90)

L’entreprise semble être l’une des plus durement touchées en Israël par le virus. Mercredi, la Banque d’Israël a déclaré que l’économie du pays résisterait à la crise, mais qu’elle était prête à intervenir pour aider si nécessaire.

« En dépit des impacts spécifiques subis par les entreprises dans diverses industries, il n’y a aucune preuve d’un impact macroéconomique significatif sur l’économie israélienne », a commenté la banque dans un communiqué. « Si la crise persiste, et en particulier si les mesures préventives en Israël deviennent plus drastiques et persistantes, nous nous attendons à des conséquences économiques importantes ».

« Si les conditions économiques ou financières se détériorent de manière significative, la Commission utilisera les divers outils à sa disposition chaque fois que cela sera nécessaire », a assuré l’institution.

Mercredi, la Commission monétaire de la banque a débattu du virus sous l’égide du gouverneur de la banque, Amir Yaron, afin d’examiner l’impact mondial du virus et les mesures prises par les banques centrales des autres pays.

La banque a prédit que si le virus est endigué dans les mois à venir, la reprise de l’économie mondiale serait rapide.

L’économie israélienne reste résistante grâce à son faible taux d’endettement par rapport au PIB, son faible taux de chômage et son système financier solide, a tenté de rassurer la banque.

La banque continuera à surveiller l’évolution du virus et reste en contact étroit avec d’autres responsables gouvernementaux, en particulier le ministère des Finances.

Israël prend des mesures de grande envergure pour freiner la propagation du coronavirus, obligeant des milliers d’Israéliens à se mettre en quarantaine, interdisant l’entrée des étrangers en provenance de pays durement touchés, interdisant les grands rassemblements et déconseillant les contacts physiques et les voyages à l’étranger.

Le ministère de la Santé a fait l’objet de critiques pour ses mesures extrêmes, certains affirmant qu’il panique inutilement la population et qu’il nuit économiquement et diplomatiquement au pays. Les responsables du ministère ont déclaré qu’ils préféraient adopter une ligne stricte plutôt que d’avoir à le regretter plus tard.

Le nouveau coronavirus est apparu en Chine à la fin de l’année dernière. Il a infecté plus de 93 000 personnes dans le monde et en a tué plus de 3 200, la grande majorité des infections et des décès ayant été enregistrée en Chine continentale.

Israël a recensé 16 infections confirmées et aucun décès.

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