Si le virus nuit à l’économie, la Banque d’Israël interviendra
Rechercher

Si le virus nuit à l’économie, la Banque d’Israël interviendra

Au lendemain de la baisse des taux d'intérêt par la Fed, la banque centrale israélienne dit qu'elle "utilisera divers outils" pour stimuler les marchés si la crise persiste

Luke Tress est le vidéojournaliste et spécialiste des technologies du Times of Israël

Des personnes portant des masques faciaux en visite dans la Vieille Ville de Jérusalem, le vendredi 28 février 2020. (AP/Mahmoud Illean)
Des personnes portant des masques faciaux en visite dans la Vieille Ville de Jérusalem, le vendredi 28 février 2020. (AP/Mahmoud Illean)

La Banque d’Israël a déclaré mercredi que la nouvelle alerte au coronavirus n’a pas eu d’impact significatif sur l’économie israélienne, mais si les effets deviennent graves, la banque est prête à prendre des mesures pour limiter les retombées économiques négatives.

L’annonce a été faite un jour après la réduction des taux d’intérêt par la Réserve fédérale américaine, dans un geste spectaculaire destiné à soutenir les marchés après une baisse historique des actions américaines.

La banque n’a pas indiqué si Israël prévoyait de suivre les États-Unis pour l’instant.

Le taux d’intérêt actuel d’Israël est de 0,25 %. La banque devrait faire la prochaine annonce de taux le 1er juillet, mais pourrait le réduire avant cette date.

« En dépit des impacts spécifiques subis par les entreprises dans diverses industries, il n’y a aucune preuve d’un impact macroéconomique significatif sur l’économie israélienne », a commenté la banque dans un communiqué. « Si la crise persiste, et en particulier si les mesures préventives en Israël deviennent plus drastiques et persistantes, nous nous attendons à des conséquences économiques importantes ».

« Si les conditions économiques ou financières se détériorent de manière significative, la Commission utilisera les divers outils à sa disposition chaque fois que cela sera nécessaire », a assuré l’institution.

La dernière modification du taux de prêt de la Banque d’Israël remonte à novembre 2018, mais on sait qu’elle a suivi l’exemple de la Fed.

Mercredi, la Commission monétaire de la banque a débattu du virus sous la direction du gouverneur de la banque, Amir Yaron, afin d’examiner l’impact mondial du virus et les mesures prises par les banques centrales des autres pays.

La banque a prédit que si le virus est endigué dans les mois à venir, la reprise de l’économie mondiale serait rapide.

Des touristes américains portant des masques par crainte du coronavirus, visitent le mur Occidental dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 27 février 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)

L’économie israélienne reste résistante grâce à son faible taux d’endettement par rapport au PIB, son faible taux de chômage et son système financier solide, a déclaré la banque.

La banque continuera à surveiller l’évolution du virus et reste en contact étroit avec d’autres responsables gouvernementaux, en particulier le ministère des Finances.

Israël prend des mesures de grande envergure pour freiner la propagation du coronavirus, obligeant des milliers d’Israéliens à se mettre en auto-quarantaine, interdisant l’entrée des étrangers en provenance de pays durement touchés par le virus, interdisant les grands rassemblements et déconseillant les contacts physiques et les voyages à l’étranger.

Le ministère de la Santé a fait l’objet de critiques pour ses mesures extrêmes, certains affirmant qu’il panique inutilement la population et qu’il nuit économiquement et diplomatiquement au pays. Les responsables du ministère ont déclaré qu’ils préféraient adopter une ligne stricte plutôt que d’avoir à le regretter plus tard.

Les compagnies aériennes israéliennes ont été particulièrement touchées par l’épidémie. El Al, le principal transporteur israélien, a licencié des employés, réduit les salaires des cadres et interrompu les vols vers des pays d’Europe et d’Asie.

Des employés de l’hôpital Tel HaShomer attendent des Israéliens qui étaient en quarantaine pour cause de coronavirus sur le bateau de croisière Diamond Princess, au Japon, le 20 février 2020. (Avshalom Sassoni/Flash90)

La semaine dernière, la société a déclaré aux investisseurs qu’elle s’attendait à des  pertes de revenus de 50 à 70 millions de dollars entre janvier et avril. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a promis de soutenir la compagnie aérienne alors que son syndicat et sa direction ont plaidé pour une aide gouvernementale.

Mardi, la Réserve fédérale américaine a réduit les taux d’intérêt d’un demi-point de pourcentage, la plus importante réduction depuis la crise financière de 2008. Le nouveau taux d’intérêt de référence se situe dans une fourchette de 1 % à 1,25 %. Cette mesure n’a pas beaucoup influencé les marchés boursiers américains, qui ont fortement chuté ces dernières semaines, le S&P 500 ayant baissé de plus de 7 % au cours du mois dernier.

La Bourse de Tel-Aviv a également chuté, l’indice TA-35 ayant baissé de 8 % au cours du mois dernier.

Toujours mardi, le fameux G-7 regroupant les plus grandes puissances économiques, s’est engagé à utiliser conjointement « tous les outils appropriés » pour faire face aux retombées économiques du virus, mais n’a annoncé aucune action spécifique.

Le nouveau coronavirus est apparu en Chine à la fin de l’année dernière. Il a infecté plus de 93 000 personnes dans le monde et en a tué plus de 3 200, la grande majorité des infections et des décès ayant été enregistrée en Chine continentale.

Israël a recensé 15 infections confirmées et aucun décès.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...